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Alimentation solidaire et durable
Paniers solidaires, épiceries sociales, ateliers de cuisine, monnaie locale alimentaire : les expérimentations portées par la MSA se développent en France

Lors d’une table ronde organisée le 25 février 2026 au Salon de l’agriculture 2026, la Msa, la Caisse nationale d’allocation familiales (Cnaf) et leur partenaire Agrica ont fait un bilan d’étape du projet « Expérimentation Alimentation solidaire et durable » lancé en 2025. L’occasion de présenter différents projets lauréats mis en place sur le territoire. 

Table ronde organisée au Salon de l'Agriculture 2026 autour du projet "Alimentation solidaire et durable" porté par Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) en partenariat avec le groupe Agrica.
Les expérimentations du projet « Alimentation solidaire et durable » lancées à l’automne 2025 sont de différentes formes selon les besoins territoriaux et ciblent différents publics : étudiants, familles, personnes retraitées isolées.
© Lola Broyer Benoit

« Nous voulons proposer une aide complémentaire aux expériences de sécurité alimentaire. » Un an après l’annonce du projet « Alimentation solidaire et durable », l’heure est au point d’étape pour les organisateurs et les lauréats des expérimentations au Salon de l’agriculture le 25 février 2026. Rassemblés autour d’une ambition commune : améliorer l’accès à une alimentation locale et durable pour tous, tout en sécurisant les revenus agricoles.

Le projet est copiloté par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) en partenariat avec le groupe Agrica. Après un appel à projet, 12 lauréats répartis sur 12 départements ont lancé leur expérimentation en septembre 2025 pour une durée de deux ans. 

Lire aussi : Un pas de plus vers la Sécurité sociale alimentaire

Comment fonctionne l’Expérimentation alimentation solidaire et durable ? 

Le modèle fonctionne sans subvention, selon une logique d’avance de trésorerie et de préachat auprès d’agriculteurs locaux conventionnés avec les CAF et MSA. Un dispositif proche de celui des Amap.

« L’idée est de travailler conjointement avec les agriculteurs pour les soutenir durablement », explique Isabelle Doual, directrice du CafLab de la Cnaf. Et Rodolphe Dumoulin, directeur du développement sanitaire et social de la CCMSA, d’ajouter : « l’intérêt des producteurs ne doit pas être opposé à celui des consommateurs ». En garantissant un revenu stable et sécurisé, le prix des produits réduit mécaniquement pour les bénéficiaires. Les expérimentations lancées à l’automne 2025 sont de différentes formes selon les réalités territoriales et ciblent différents publics : étudiants, familles, personnes retraitées isolées.

Relire : Toulouse teste une « carte vitale alimentaire »

Douze lauréats en expérimentation répartis sur le territoire 

En Haute-Vienne, un partenariat avec la banque alimentaire

Dans le Limousin, en Haute-Vienne, la CAF et la MSA se sont associées à la banque alimentaire. Cette dernière a rejoint le projet suite à la fermeture d’un centre d’approvisionnement. « L’objectif est de valoriser des produits bruts de saison à prix coûtants », explique Aurélie Père, responsable des travailleurs sociaux à la MSA. 

L’objectif est de valoriser des produits bruts de saison à prix coûtants 

« Nous cherchons aussi à consolider les partenariats avec les agriculteurs locaux sur le long terme » renchérit Marion Desbordes, chargée de développement territorial à la MSA Limousin. Il s’agit aussi d’accompagner les familles dans l’acculturation à la consommation de produits bruts et non transformés à travers des ateliers de cuisine

Relire : Banques alimentaires : comment les agriculteurs ont contribué à l’aide alimentaire en 2024

En Isère, une caisse commune alimentaire et une épicerie mobile

En Isère, deux projets ont vu le jour. La Caf départemantale et la MSA Alpes du Nord développent une caisse commune alimentaire portée par une communauté de communes. Cette caisse gérée par les citoyens et des producteurs bio du territoire est le résultat d’un engagement avec un ancrage politique fort. « Au moment de la pandémie de Covid, des paniers solidaires ont été mis en place, et cette dynamique ne s’est pas essoufflée », s’exclame Florence Devynck, directrice de la Caf Isère. 

Sur une zone plus montagneuse, une épicerie sociale itinérante se fournissant chez des producteurs locaux sillonne les routes plus reculées. « La problématique de l’accessibilité de l’alimentation a été clairement identifiée pour ces territoires isolés », précise la directrice. 

Un projet bien établi porté par la MSA Alpes du Nord et la CAF de Savoie

Si les projets n’ont débuté qu’à la fin de l’année, depuis juin 2025, la MSA Alpes du Nord et la CAF de Savoie testent un autre modèle d’alimentation solidaire et durable dénommé Ssalsa. Le principe : 90 € par mois versés en monnaie locale alimentaire à dépenser chez de producteurs et distributeurs partenaires. Les adhérents participent financièrement en fonction de leur quotient familial

C’est plus de 300 000 euros qui ont été réinjectés dans les marchés et les magasins locaux

Avec 480 adhérents depuis le lancement, « c’est plus de 300 000 euros qui ont été réinjectés dans les marchés et les magasins locaux » se félicite Vincent Clerc, directeur de la Caf de Savoie. Au-delà de l’aspect économique, les habitants bénéficiaires évoquent la dimension santé du projet et l’impact positif sur leur vie familiale. « La relation de confiance entre producteurs et familles ressort dans les retours des adhérents. Certains parlent d’avoir « un agriculteur de famille » au même titre qu’un médecin de famille », conclut le directeur. 

Les premiers résultats d’évaluation attendus pour 2027 

Pour évaluer les expérimentations sur le modèle de préachat, les organisateurs font appel au groupe Agrica. L’objectif est d’identifier les besoins et les populations ciblées ainsi que de mesurer les impacts sociaux, économiques et écologiques des projets. « Le fait qu’un tiers travaille sur l’évaluation garantit des résultats objectifs et crédibles, c’est important, car notre ambition est de faire émerger une politique publique sur le sujet », explique Isabelle Doual. Les premiers résultats d’évaluations sont attendus pour début 2027. 

Lire aussi : « L’alimentation est un droit humain pour tous » : que contient une initiative citoyenne européenne en quête d'1 million de signatures ?

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