Métaux lourds dans l’alimentation : l’Anses identifie un risque lié à l’exposition au cadmium
L’exposition alimentaire à différents métaux lourds de la population française reste « trop élevée », selon les résultats d’une étude de l’Anses publiée ce 12 février. L’agence identifie notamment un risque lié à l’exposition au cadmium, et souhaite comprendre l’origine de la contamination par le plomb des aliments et du vin.
L’exposition alimentaire à différents métaux lourds de la population française reste « trop élevée », selon les résultats d’une étude de l’Anses publiée ce 12 février. L’agence identifie notamment un risque lié à l’exposition au cadmium, et souhaite comprendre l’origine de la contamination par le plomb des aliments et du vin.
« Les expositions à l’acrylamide, au cadmium, au plomb, à l’aluminium et au méthylmercure restent trop élevées pour tout ou partie de la population », indique l’Anses dans un communiqué de ce 12 février. L’Agence de sécurité sanitaire s’appuie sur les premiers résultats de l’étude de l’alimentation totale 3 (EAT3) publiés ce jour, menés de 2014 à 2015 sur plus de 5800 français dont 2700 enfants. Si les résultats sont analogues à ceux de la précédente étude EAT2 d’il y a 15 ans, l’Anses observe toutefois des augmentations de la concentration de métaux lourds dans certains aliments. L’agence cite les produits à base de céréales tels le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries ou les pâtes. Plus globalement, l'étude identifie des risques liés à l’exposition de la population au cadmium, à l’aluminium, et au méthylmercure. Et les expositions à l’acrylamide, composé organique formé lors de la cuisson à haute température, et au plomb « suscitent une préoccupation sanitaire », soutient l’agence.
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Que recommande l’Anses pour l’exposition alimentaire au plomb et au cadmium ?
Pour le plomb, l’Anses dit vouloir conduire des travaux supplémentaires pour identifier l’origine de la contamination des aliments par cet élément trace métallique. Celle-ci peut être liée aux activités humaines ou à la préparation des aliments, selon l’agence, qui désigne notamment les « denrées à base de céréales et les boissons alcoolisées (en particulier le vin) ».
Concernant le cadmium, si l’Anses rappelle que l’élément est « naturellement présent » dans l’air, le sol et l’eau, elle souligne que sa présence peut être augmentée via les activités industrielles et agricoles. L’agence cite par exemple l’épandage d’engrais minéraux et d’effluents d’élevage. Les engrais minéraux phosphatés sont en particulier une « source majeure » d’apport en cadmium dans les sols agricoles français, qui est ensuite absorbé par les végétaux, précise l’Anses.
Sachant que l’alimentation est la principale source d’exposition au cadmium hors tabagisme, l’agence recommande dans ses conclusions de « poursuivre les efforts engagés » pour réduire la contamination des aliments. L’agence cite certaines actions à court et moyen termes, telles que « la réduction de l’apport en cadmium par les matières fertilisantes », « la promotion de l’évolution des pratiques agricoles », ou encore, « la surveillance continue des intrants agricoles ».
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Vers une évaluation des risques selon le mode de production agricole (bio ou conventionnel) ?
Une expertise qui détaillera l’exposition globale de la population au cadmium et les actions à mettre en place sera prochainement publiée, annonce l’Anses. L’EAT 3 a aussi été l’occasion pour l’agence de tenir compte de la part d’aliments issus de l’agriculture biologique dans la consommation pour estimer les expositions alimentaires. L’Anses précise toutefois qu’une évaluation des risques selon la part du mode de production (bio ou conventionnel) ne sera réalisable qu’une fois l’ensemble des résultats disponibles. Car des analyses sont en cours pour d’autres substances comme les résidus de pesticides ou les PFAS (composés per- et polyfluoroalkylés). Les résultats et leurs recommandations seront publiés « au fil des prochaines années », indique l’Anses.
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