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À Melle, la filière caprine d’aujourd’hui rencontre celle de demain

La traditionnelle journée #éleveurcaprindemain dédiée à l’installation était organisée le 2 décembre par le Brilac, l’Anicap et leurs partenaires. L’occasion pour cédants et porteurs de projet de se rencontrer, et pour la filière de faire son état des lieux.

Près de 130 apprenants, porteurs de projet et cédants remplissaient les bancs de l’auditorium du lycée agricole Jacques Bujault de Melle (Deux-Sèvres), le 2 décembre. La journée #éleveurcaprindemain organisée par le Brilac, l’Anicap et leurs partenairesvivait sa reprise post-Covid avec la ferme intention de valoriser le dynamisme de la filière, et ses opportunités d’installation, d’emploi salarié et de rémunération.

Ces messages, martelés dès la plénière du matin, sont venus coïncider avec les résultats d’une enquête dévoilée par quatre étudiantes en BTS Productions animales. Réalisée auprès de 136 élèves de centres de formation agricole des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Haute-Vienne, elle révèle une attractivité de l’activité caprine auprès de 55 % des répondants : 44 étudiants déclarent vouloir s’installer en caprins et 15 de plus si l’occasion se présente, soit 59 au total. Une dizaine envisage le salariat. Au centre de leurs préoccupations : l’accompagnement technique, le bien-être animal ou encore la rémunération qu’ils estiment en moyenne autour de 1 750 euros par mois. Le métier est, par ailleurs, perçu comme technique, mais avec une pénibilité moindre que d’autres productions.

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Invités à réagir, les représentants de laiteries et des producteurs fromagers n’ont pas été étonnés des constats de l’enquête. Ils ont appuyé le fait que des structures trop petites peuvent mettre en péril la durabilité. Filière qui installe beaucoup, la production caprine connaît des arrêts précoces. « Ce n’est pas la taille du cheptel qui fait la différence, mais le nombre d’UMO (unité de main-d’œuvre, NDLR) pour que cela fonctionne », a évoqué Jean-Frédéric Granger, administrateur aux Chevriers Nouvelle-Aquitaine & Vendée, avant de rappeler l’importance de ne pas travailler seul, de penser son confort de vie et de travail pour ne pas s’épuiser. Président du métier chèvre à Agrial, Mickaël Lamy a, quant à lui, invité les jeunes à être plus ambitieux en matière de revenus : « Ne jouez pas petit bras ! La filière tourne, le standard doit être de deux Smic/UMO. »

Ateliers immersifs

« Lisez les descriptifs de systèmes et choisissez le vôtre ! » Voilà comment, plus tard dans la matinée, Nicole Bossis de l’Idele a invité les jeunes à participer à son atelier « Repères pour mon projet », animé avec les chambres d’agriculture. Et chacun de se projeter ensuite dans le litrage de lait ou l’organisation du travail cible pour être rentable. « La bonne nouvelle, c’est que tous les modèles caprins dégagent du revenu. Il y a juste des équilibres UMO/litrage/revenu à trouver pour durer ».

Autre atelier, autre ambiance, sur le stand salariat : « N’hésitez pas à nous contacter, nous vous trouvons ensuite des missions à la carte selon votre zone géographique et vos compétences, indique le service de remplacement. Les exploitants cotisent à Ocapiat, dont le catalogue propose des formations pour les salariés. C’est un moyen à saisir pour renforcer ses savoir-faire ». Quatre visites de fermes, l’après-midi, ont conclu ce temps fort pour l’avenir de la filière.

Coralie et Flavien Pousson

« On est venus pour y voir plus clair dans notre projet »

Frère et sœur, Coralie et Flavien Pousson, ont participé à la journée sur le conseil de l’ancien maître d’apprentissage de Flavien. Salarié en bovins et porcs depuis sept ans dans l’Indre, le jeune homme a fait ses études au lycée de Melle (Deux-Sèvres) et a toujours eu en tête de s’installer un jour, idéalement en chèvres et vaches allaitantes. Ce projet pourrait voir le jour avec sa sœur Coralie, ancienne soignante en reconversion, qui travaille en salariat caprin dans les Deux-Sèvres. « Tout ce qu’on a vu aujourd’hui nous montre la diversité des systèmes. Les témoignages nous aident à y voir plus clair. »

Famille Benoist-Guérin

« Recruter un associé et non un salarié »

Un des ateliers de la journée était consacré à la rencontre entre cédants et candidats à l’installation ou au salariat. Stéphane Benoist s’y est rendu avec ses parents, Alain Benoist et Dominique Guérin. Ayant repris la partie céréales de la ferme, il cherche un associé pour la partie caprine (400 chèvres, livraison de lait) afin de prendre la suite de ses parents qui arrivent à la retraite. « Un salarié, on en a déjà, mais il nous faut un associé, autonome et polyvalent. » La famille repart avec un à deux profils sérieux à recontacter prochainement.

Des souhaits d’installation variés

Lors d’une enquête menée auprès de 136 élèves de centres de formation agricole, 59 d’entre eux sont prêts à s’installer en caprin. Parmi eux, 35 imaginent un troupeau entre 100 et 500 chèvres. Côté débouchés, dix-huit envisagent la vente en laiterie uniquement, vingt-et-un souhaitent être fromagers, et vingt mixtes (livraison et transformation). Trente-huit projets s’orienteraient vers une conduite avec pâturage. Côté distribution, 52 % souhaitent l’automatiser, contre 30 % manuellement. Enfin, 63 % privilégieraient un quai de traite et 15 % un roto.

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