Interview « Ma priorité c’est d’aller chercher du revenu agricole », affiche Jocelyn Dubost, nouveau président des Jeunes agriculteurs
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Jocelyn Dubost : Effectivement il y a eu un petit un petit « bad buzz » sur le sujet. 20 secondes de questions lors du congrès ont été surinterprétées. La position qui a été votée, par 648 congressistes sur 650, c'est bien de dire que Jeunes agriculteurs est favorable à une entrée de l'Ukraine en Union européenne, mais sous conditions notamment de mise à niveau des normes environnementales, sanitaires ou encore de bien-être animal. On ne souhaiterait pas que l'Ukraine entre dans l'Union européenne rapidement et qu’elle reçoive des financements publics comme la politique agricole commune, sans respecter ces conditions.
Nous sommes favorables à l'entrée de l'Ukraine, mais avec des conditions assez strictes
Nous sommes favorables à l'entrée de l'Ukraine, mais avec des conditions assez strictes pour pas que l’on n’ait pas des distorsions réglementaires au sein de l'Union européenne, encore plus grandes que celles que l’on a déjà aujourd’hui.
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Jocelyn Dubost : Il n’a été question que d’une des 70 propositions que contient notre rapport d'orientation, même si on n’a pas de problème à l’assumer. Parmi les 69 autres, il y en a trois que j’aurais aimé que l’on retienne plus. Tout d’abord c’est l’idée de sortir l'alimentation des traités de libre-échange. Il faut arrêter d’échanger des voitures contre de la viande. Dans les traités de libre-échange, il faut négocier l’alimentation contre l’alimentation pour ne pas pénaliser les agriculteurs européens. Autre mesure de notre rapport : exiger la réciprocité sur les produits importés. La troisième mesure consiste à s’affranchir de l'OMC parce qu’il n’y a plus que l'Europe qui l’applique. Cette organisation ne fonctionne plus du tout.
Jocelyn Dubost : Sur les plans d'avenir, nous avions proposé un amendement pour les financer. Si les plans d’avenir convainquent plutôt tout le monde aujourd’hui la vraie question est de savoir comment on les finance pour les mettre en place le plus rapidement possible.
Si les plans d’avenir convainquent plutôt tout le monde aujourd’hui la vraie question est de savoir comment on les finance
Nous proposons de les financer en mettant une taxe sur la restauration hors foyer. Cela n’a pas été repris en commission des affaires économiques du Sénat. Nous allons refaire du lobbying pour que la mesure passe. Si on n'a pas de budget, on ne pourra pas faire des miracles.
Jocelyn Dubost : On doit rencontrer assez rapidement le ministère sur le sujet pour avoir des détails. On ne veut pas que les agriculteurs aient à financer ces plans.
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Jocelyn Dubost : Il y a quelques avancées sur le foncier mais il faudra une réforme de la loi foncière plus large car il s’agit d’un des sujets de base de notre métier. Nous allons nous pencher sur ce sujet dans le cadre de notre livre de demandes aux candidats à la Présidentielle. Aujourd’hui on voit que l’on a de nouveaux profils d’agriculteurs qui ne portent pas le foncier. Nous avions proposé en 2025 la promotion d’un portage temporaire pour que l’exploitant devienne propriétaire via la location-vente progressive ou encore d’un GFA mutuel. Car nous avons une crainte c’est que des groupes privés voient un nouveau business dans le portage du foncier à des prix qui ne seraient pas très avantageux pour les jeunes installés.
Nous avons une crainte c’est que des groupes privés voient un nouveau business dans le portage du foncier à des prix qui ne seraient pas très avantageux pour les jeunes installés
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Parce qu'on voit bien qu'il y a un changement de mœurs, dans le foncier. Auparavant on avait une génération qui gardait son foncier comme patrimoine. Aujourd'hui on a souvent des héritiers qui récupèrent le foncier de leurs aînés, et le vendent. Cela peut mettre en péril les exploitations. Des gens, qui louaient 20 à 30 hectares à un propriétaire, se retrouvent quand il décède avec un achat de foncier en perspective qui n’est pas dans le prévisionnel économique de l’exploitation. Ça représente vite des sommes considérables que l'agriculteur ne peut pas toujours sortir. Or laisser partir ce foncier peut mettre en péril économiquement la ferme.
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Jocelyn Dubost : Je ne suis pas dans la tête de Pierrick (rires). Pour ma part comme je l’ai dit dans mon discours de clôture du congrès, ma position est que l’on travaillera ensemble mais pas à n'importe quel prix. Ce qui signifie que l’on sera parfois d’accord et on poussera dans le même sens. Parfois nous aurons des idées différentes, des divergences, il faudra être capables de se le dire et chacun défendra ses idées de son côté. En résumé l’idée c’est de faire front commun quand c'est possible et quand ce n’est pas possible que chacun puisse porter ses idées de son côté.
Jocelyn Dubost : Non parce qu’il y a un travail d’échange qui est fait en amont, un travail de coconstruction pour savoir quelles idées on portera en commun travail d'échange. Parfois cela conduit à des arbitrages et des votes. Mais c'est aussi ça la démocratie. C’est important de pouvoir confronter ses idées et décidé quelle est la meilleure.
Jocelyn Dubost : Sur la taille de l'exploitation je n’ai pas forcément d'avis tranché sur ce qu’est une grande ou une petite exploitation. La vision à Jeunes agriculteurs c'est de se dire que la ferme doit dégager du revenu et permettre si l’on en a envie d’avoir une vie à côté. C’est le plus important, si on a des fermes qui coûtent un peu cher à la reprise, elles doivent rapidement dégager un revenu pour permettre de payer la reprise de l'exploitation.
La question essentielle c’est la rentabilité du capital investi par les jeunes
La question essentielle c’est la rentabilité du capital investi par les jeunes. Et ça on se rend compte que ça peut arriver sur des fermes de 500 hectares comme sur des fermes de 10 hectares. Donc c'est toujours un peu complexe de se positionner sur la taille moyenne. Après l’important aussi c’est de conserver ce côté français où ceux qui détiennent les capitaux de l’exploitation sont ceux qui travaillent sur l’exploitation.
Jocelyn Dubost : Ma priorité c’est vraiment le revenu. Il faut qu’on ailler chercher du revenu, pour toutes les filières et tous les territoires. La deuxième c’est de refaire du terrain. Au niveau national nous ne sommes que le dernier morceau du porte-voix qui part des structures locales. Je veux qu’avec le bureau nous allions sur le terrain, dans les structures locales, pour entendre notre réseau et leurs propositions de terrain mais aussi visiter des fermes.
On demande qu’il y ait un budget de 10% de la PAC lié au renouvellement des générations
Et puis la troisième priorité est de militer pour une politique agricole commune qui nous permette de produire mieux, plus et sur tous les territoires (plaine et montagne), en production animale ou végétale. Produire, c’est loin d'être un gros mot, c'est notre métier. On demande qu’il y ait un budget de 10% de la PAC lié au renouvellement des générations et puis nous demandons une forme de dégressivité pour favoriser l’installation plutôt que l’agrandissement.
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