Origine France du lait : éleveurs, coopératives et distributeurs annoncent un logo
Face aux blocages du collège des entreprises laitières privées au sein de l’interprofession, les éleveurs laitiers, les coopératives laitières et les distributeurs annoncent le lancement d’un logo "Lait de France" destiné à identifier sur les emballages les produits laitiers élaborés à partir de lait collecté et transformé en France.
Face aux blocages du collège des entreprises laitières privées au sein de l’interprofession, les éleveurs laitiers, les coopératives laitières et les distributeurs annoncent le lancement d’un logo "Lait de France" destiné à identifier sur les emballages les produits laitiers élaborés à partir de lait collecté et transformé en France.
Ils n’auront pas réussi à embarquer les industriels laitiers privés au sein de l’interprofession laitière. Des travaux étaient pourtant menés depuis plusieurs mois au sein du Cniel sur la création d’un logo origine France pour les produits laitiers. Un cahier des charges avait été élaboré.
Alors, faute d’accord au sein du conseil d’administration de l’interprofession, la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait, FNSEA), la Coopération laitière ainsi que la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) annoncent, dans un communiqué publié le 2 septembre, lancer « un logo commun pour valoriser l’origine française ». Il sera destiné à identifier sur les emballages, les produits laitiers élaborés à partir de lait collecté et transformé en France.
Visuel et cahier des charges en cours
Son visuel n’a pas encore été dévoilé, le dépôt officiel du logo n’étant pas finalisé. Le cahier des charges sera également présenté ultérieurement. Conformément au droit français et européen, l’apposition de ce logo ne pourra être que facultative.
« L’objectif est double : permettre aux consommateurs de repérer facilement les produits laitiers issus de lait produit, collecté et transformé en France et valoriser l’engagement quotidien des producteurs, des coopératives laitières et des distributeurs en faveur de la production nationale. Cette garantie de transparence est un outil essentiel pour soutenir la ferme France », expliquent les parties prenantes.
Elles appellent l’ensemble des opérateurs de la filière à rejoindre cette démarche et assurent que, bien qu’ils ne prennent pas part à sa création, « la démarche sera néanmoins ouverte à tous les transformateurs qui souhaiteraient s’engager ».
Déjà assez de logos selon les industriels
La Fnil, qui représente les laiteries privées et a bloqué l'adoption d'un logo interprofessionnel, justifie sa position : « Il existe déjà une offre pléthorique de logos d’entreprises ou de syndicats comme le logo "lait collecté et conditionné en France" porté par Syndilait et également de nombreux labels de qualité », indique l’organisation à Réussir Lait.
Elle estime ne pas voir de valeur ajoutée à avoir un nouveau logo sans test préalable auprès des consommateurs. Pour elle, « il ne s'agit pas d’un manque de transparence de la part des industriels » comme « 98 % des produits laitiers fabriqués en France le sont à partir de lait français ».
Un point a particulièrement cristallisé sa position : les industriels souhaitaient en contrepartie de ce nouveau logo, la garantie que les négociations commerciales, pour les produits l’arborant, se déroulent en France et non au sein des centrales d’achat européennes. « La FCD s'y est opposée », regrette la Fnil.
Le saviez-vous ?
Il existe déjà un logo « Lait collecté et transformé en France » pour le lait liquide, porté par Syndilait (fabricants de lait de consommation), à l’image de ceux utilisés dans les filières viandes (« Volaille française », « Le Porc français », etc.).