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Le Sial de Paris se prépare à accueillir 7400 exposant du 18 au 22 octobre 2020

Le Sial de Paris, salon de l'agroalimentaire, se tiendra bien du 18 au 22 octobre 2020. L'organisation œuvre pour mettre en place le protocole sanitaire, suite à la crise du coronavirus. Des interrogations demeurent cependant sur les restrictions appliquées aux visiteurs internationaux. Les autres éditions du Sial dans le monde sont, elles, reportées à l'automne. Explications de Nicolas Trentesaux, directeur général Sial Monde, à quatre mois de l’inauguration du Sial à Paris.  

Nicolas Trentesaux, directeur général Sial Monde  : "je pense que le port du masque sera généralisé".
© DR

Le Sial Paris se tiendra-t-il bien aux dates annoncées ?

Le Sial est bien prévu du 18 au 22 octobre à Paris Nord Villepinte, sous réserve des décisions qui pourraient être prises au niveau du gouvernement. Ce qui bien évidemment n’est pas de notre ressort, en particulier l’ouverture des frontières et donc l’accessibilité au salon. Nous restons très attentifs à l’entière mobilisation de nos exposants et visiteurs et de notre côté, tout est mis en œuvre pour que le salon se déroule de façon optimale. La situation évolue favorablement en France, avec un déconfinement qui s’accélère et l’ouverture des frontières intra-européennes.

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Que prévoyez-vous comme mesures particulières ?

Je pense que le port du masque sera généralisé, ce qui est une mesure de bon sens et qui est bien comprise par les acteurs de l’agroalimentaire très au fait des enjeux sanitaires dans leur univers. Nous travaillons aussi, avec les autres organisateurs d’événements, à un moyen de contrôler les flux de visiteurs afin de garder 1 mètre de distance entre chacun et 3 m2 par personne. Et nous garantirons bien entendu une désinfection renforcée des sites d’exposition. Par ailleurs, nous travaillons à l’amélioration de la desserte de Villepinte par les transports en commun, et aussi en proposant des services de navettes privées qui permettront d’acheminer les visiteurs de Paris ou de Roissy.

 

Des solutions sont-elles proposées en particulier aux exposants ?

Nous allons proposer, en option, aux exposants qui le souhaiteront de mettre en place des écrans en plexiglass permettant d’assurer une protection renforcée. Ou de réaliser des rendez-vous "on line" avec des clients qui ne se déplaceraient pas sur place. Nous sommes en train de mettre au point un catalogue de dispositions que nous pourrons leur proposer pour que leur venue se déroule au mieux.

 

Qui sont les exposants et les visiteurs de Sial Paris 2020 ?

La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont plus nombreux qu’en 2018. Nous attendons 7 400 exposants, qui viennent de 130 pays. Nous avons ouvert les réservations de stands dès la fin de l’édition précédente, et nous avons un taux de remplissage de 95 % depuis longtemps. Le Sial s’agrandit aussi avec un nouveau bâtiment éphémère entre les halls 6 et 5B, ce qui adjoint 15 000 m2 supplémentaires. Les exposants, qui représentent entre 30 000 à 40 000 personnes, viennent en premier de France, quasi-ex aequo avec l’Italie, suivis de l’Espagne, de la Turquie et de la Chine. Quant aux visiteurs, soit 300 000 personnes lors des éditions précédentes, ils sont pour un quart Français, et pour ce qui concerne les étrangers, aux deux tiers européens.

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Comment avez-vous vécu ces derniers mois secoués par la crise du Covid-19, en tant qu’organisateur de salon à l’échelle mondiale ?

Nous avons été concernés dès janvier lorsque la pandémie a commencé à se propager en Chine alors que nous avions le Sial prévu à Shanghaï en mai. Nous sommes présents dans le pays avec une équipe de 50 collaborateurs qui se sont immédiatement mobilisés pour que cet événement important et de taille mondiale avec 4 000 exposants venant de 70 pays différents puisse se tenir dans de bonnes conditions. Mais la situation sanitaire nous a obligés à décaler l’événement à septembre.

 

Comment se représente la situation en Chine ?

Les salons redémarrent. Le pays se rouvre progressivement comme avec la Corée, et sans doute bientôt avec le Japon. Il est important que les visiteurs et exposants étrangers puissent venir, au moins des pays asiatiques. Mais pour l’instant les visiteurs d’Amérique du Nord ou d’Europe ne peuvent pas faire le voyage. Nous devons rester attentifs à l’évolution de la situation.

 

D’autres salons ont été concernés par des décalages de dates ?

Oui, les salons ont été décalés, même parfois deux fois, comme au Canada, afin de s’adapter à une situation sanitaire très évolutive, sachant que nous sommes tributaires des autorités locales qui nous donnent le feu vert pour tenir ou pas une manifestation dans ce contexte particulier de la crise sanitaire. Pour le Sial Canada à Montréal, fin septembre, nous sommes plutôt optimistes car toutes les parties sont mobilisées pour que les affaires redémarrent après le confinement. Djazagro, prévu à Alger en septembre, dépend aussi de l’ouverture des frontières. Quant à Abu Dhabi, nous l’avons décalé de septembre à novembre, avec une durée réduite à une journée. Le tourisme est un secteur important au Moyen-Orient, et la réouverture des restaurants et des voyages internationaux est un point déterminant. Il valait mieux attendre que ce secteur redémarre.

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Avec autant de salons prévus entre septembre et décembre, comment allez-vous gérer cette situation ?

Ce n’est pas une situation idéale, certes, mais nous sommes en mesure d’assurer toutes ces manifestations grâce à des équipes locales et une organisation adaptée. Chaque salon ne mobilise pas forcément les mêmes entreprises et ne concerne pas les mêmes régions du monde. Gourmet Sélection, en septembre à Paris, diffère du Sial en octobre par sa taille, sa cible et son rayonnement. Mais ce salon, le premier à se tenir cette année pour Sial Network, va nous permettre de tester des dispositifs inédits.

Il y aura peut-être des arbitrages qui seront faits du côté des visiteurs qui enverront des équipes moins étoffées si les salons sont proches en dates. Toutefois, je suis persuadé qu’il y aura une prime au leader en faveur du Sial Paris, qui est le premier salon agroalimentaire mondial. C’est l’opportunité d’avoir sur un même lieu le plus grand nombre d’acteurs du secteur. Les visiteurs gagnent un temps fou, et en ce moment c’est important pour les entreprises.

 

Comment le thème de cette année – Own The Change – va-t-il se traduire tout au long du salon et de ses animations ?

Nous avions déterminé le thème de cette édition 2020 du Sial Paris bien avant les changements induits par la situation sanitaire liée au Covid-19. Et la nouvelle donne vient confirmer ce que nous constations depuis ces dernières années. Le monde de l’agroalimentaire change, et l’enjeu que représentent les solutions pour nourrir la planète de façon durable à l’horizon 2050 est de plus en plus d’actualité. Nous avons prévu de nombreux lieux d’échange et de partage des bonnes pratiques initiées par les acteurs du monde de l’alimentation comme les Sial Talks ou l’espace Alternative Foods qui mettra en lumière les nouvelles façons de s’alimenter ou encore l’espace dédié aux start-up. Nous présenterons aussi, comme lors des éditions précédentes, notre tour du monde des 2500 innovations, dont les meilleures recevront l’un de nos prix.

Nouveauté en 2020 : une consultation de vaste ampleur menée avec Make.org auprès de l’ensemble de l’écosystème Sial. Nous avons interrogé les consommateurs, les visiteurs et les exposants du Sial Paris pour connaître leur vision du secteur autour d’une question : comment assurer une alimentation saine et respectueuse de l’environnement à une population mondiale en forte croissance ? Les résultats de cette consultation seront présentés à l’occasion du Sial Paris.

 

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