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Le chèque alimentaire sera-t-il pérenne ?

Le gouvernement a annoncé le versement d'un chèque alimentaire pour les plus modestes dès cet été. Un collectif composé de la FNSEA (avec Solaal) et de La Coopération Agricole, rejoints par JA et la MSA, planche sur ce dispositif.

chèque alimentaire
Les fruits et légumes arrivent en première position des produits que souhaiteraient acheter les plus précaires.
© J.C. Gutner

Aujourd’hui la France compte près de 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ainsi qu’au moins 5,5 millions de précaires alimentaires et la situation risque malheureusement de s’aggraver étant donné le contexte inflationniste causé par la sortie de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

Au cours d’une conférence de presse relative à la mise en place de ce chèque alimentaire dont on parle depuis déjà longtemps, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a martelé : « Jamais les prix alimentaires n’ont été aussi bas et jamais il n’y a autant eu de précaires alimentaires en France. Donc la politique des prix toujours tirés vers la bas est un échec cuisant. Il faut stopper la destruction de la valeur des filières agricole et agroalimentaire tout en mettant en place un chèque ou une carte alimentaire qui viendra en complément de l’action des associations caritatives et de la politique de dons. Nous avons  pensé à ce dispositif il y a déjà quatre ou cinq ans ».

La Coopération Agricole abonde dans le sens de la FNSEA : « Il s’agit d’un sujet sur lequel nous sommes mobilisés de longue date, la solidarité fait partie de notre ADN » a déclaré Dominique Chargé, son président avant de faire remarquer : « La part du budget des ménages est passée de 30 à 12 % pour l’alimentation. Mais nous sommes arrivés à un moment où la baisse des prix n’est plus possible. Donc nous travaillons en lien avec le gouvernement pour accompagner les précaires alimentaires. Nous aurions juste aimé que ce sujet soit traité au  niveau européen ».

Pérenne, simple, accessible pour tous les produits alimentaires

Les membres du collectif estiment que ce chèque alimentaire doit répondre à plusieurs exigences. Il doit être pérenne, c'est-à-dire non conditionné à une durée précise ou une situation économique donnée. Il doit être simple, de manière à ce que les ayant-droit ne rencontrent aucune difficulté à y avoir accès et à l'utiliser. Il doit être accessible, en permettant aux bénéficiaires de l'utiliser dans tous les canaux de distribution sans restriction afin de couvrir toutes les habitudes de consommation et tous les territoires. Il doit concerner tous les produits alimentaires, bruts ou transformés, d'origine animale ou végétale, et inciter à consommer local, avec des garanties solides sur l'origine. C’est sur ce dernier point que la mise en place semble plus problématique car comment s’assurer que le chèque sera utilisé pour acheter des produits alimentaires et qui plus est français ?

Christiane Lambert explique : « Nous avons regardé du côté des Etats-Unis qui ont mis en place les Food Stamps qui privilégient les produits américains. Je pense que l’Etat qui mettra beaucoup d’argent sur la table va cadrer les choses, notamment pour privilégier les produits français ». Les associations caritatives estiment que les produits alimentaires demandés par leurs bénéficiaires se répartissent ainsi : 22 % pour les fruits et légumes, 22 % pour la viande, les poissons et les œufs et 22 % pour les féculents.

Le montant de cette aide reste à définir. La FNSEA table sur un chèque alimentaire d’un montant annuel de 150 euros pour 5 à 5,5 millions d’ayant-droit, « un coût qui va établir un socle pour la pérennisation de la mesure »selon Christiane Lambert.

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