L’assemblée générale de la Fnec met en lumière l’élevage caprin de Paca
L’assemblée générale de la Fnec qui s’est tenu le 9 avril à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à permis de mettre en lumière la production caprine en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
L’assemblée générale de la Fnec qui s’est tenu le 9 avril à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à permis de mettre en lumière la production caprine en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Sur les six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 300 éleveurs caprins fromagers et une vingtaine de livreurs de lait élèvent plus de 44 000 chèvres et produisent 10 à 12 millions de litres annuellement. « Avec une moyenne de 75 chèvres en système fromager fermier, on est sur des tailles de troupeau relativement petites », explique Eric Bourguignon, animateur de la filière caprine régionale à la Maison régionale de l’élevage (MRE). Dans la première région pastorale de France, « les chèvres permettent de valoriser des surfaces peu productives, évitant ainsi la fermeture des paysages », souligne Laurent Despieds, président de la chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence. « Nous travaillons avec les pompiers pour débroussailler les chemins forestiers », illustre par exemple Laurence Chaulier, éleveuse de chèvres du Rove dans les Bouches-du-Rhône. Avec ces systèmes pâturant et pastoraux, la productivité laitière moyenne tourne autour de 400 à 450 litres par chèvre chez les fromagers fermiers et de 800 à 900 litres de lait pour les laitiers.
Structuration régionale
Éric Lions, président de la MRE Paca, décrit une bonne dynamique d’installation en caprin, avec « une installation sur huit dans les Hautes-Alpes », mais il regrette un turn-over important. « Nous avons souvent des hors-cadres familiaux dont les enfants ne reprennent pas forcément l’exploitation ». Pour se défendre et se développer, la filière caprine de Paca peut compter sur un syndicat de producteur par département et sur le centre fromager Actalia de Carmejane. « Chaque département dispose de conseillers spécialisés », apprécient Laurent Chabanon et Lorraine Prunet, co-présidents de la section caprine de la Maison régionale de l’élevage
Banons et brousses du Rove
Lors de l’assemblée générale de la Fnec, la visite de la ferme du Petit Jabron et la dégustation des fromages banons et brousses du Rove ont complété le panorama régional caprin. L’appellation d’origine protégée (AOP) banon existe depuis 2003 et compte 14 producteurs fermiers, 9 laitiers et deux artisans. Le fromage est fabriqué à partir d’un caillé doux au lait cru et affiné dans un emballage savant de feuilles de châtaignier. Les 70 à 80 tonnes de banons produits chaque année sont issus du lait des chèvres de races Rove, commune provençale ou alpine qui ont pâturé au moins 210 jours dans l’année.
Laurence Chaullier, nouvelle trésorière de la Fnec et éleveuse dans les Bouches-du-Rhône, a présenté la brousse du rove, parfois appelée « le caviar blanc de Provence ». Les huit éleveurs de l’AOP produisent chaque année 350 000 de ces petits fromages frais présentés en moules coniques tronqués. Le cahier des charges est exigeant (chèvre du Rove uniquement, pâturage pendant au moins 261 jours par an, limitation des concentrés et de la production…) mais la valorisation autour des huit euros du litre est bien au-dessus d’une valorisation moyenne régionale déjà haute à 2,85 euros du litre.
Les chevreaux sur les bras
La valorisation des chevreaux est aussi un problème en région Paca. « Il y a deux ans, nous avons été confrontés à une situation critique avec l’arrêt brutal de notre engraisseur historique », explique Laurent Chabanon, éleveur dans le Vaucluse et membre du bureau de la Fnec. Les professionnels de la région ont mobilisé rapidement les réseaux et un éleveur du Vaucluse s’est dit prêt à se lancer dans l’engraissement des chevreaux. « Il a démarré en catastrophe en décembre 2024 mais cela a permis de sauver de nombreux producteurs qui ne savaient plus quoi faire de leurs chevreaux. » Certains éleveurs de la région se sont aussi lancés dans l’engraissement à la ferme et des points de collecte ont été mis en place. La filière reste cependant fragile avec toujours un seul engraisseur sur la région. En mars dernier, celui-ci a par ailleurs fait l’objet d’une dénonciation par l’association animaliste Futur, basé sur des vidéos trompeuses concernant le bien-être animal. « Nous avons heureusement réagi rapidement en alertant la préfecture mais ces attaques restent une menace pour la filière », conclut Laurent Chabanon.