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L’Amazonie est déjà devenue un réservoir à broutards pour l’Afrique

L’État brésilien du Pará apporte à lui seul les deux tiers des exportations de vif du Brésil qui sont en pleine expansion. L’Uruguay, pionnier sur le créneau, n’est pas en reste avec 347 000 têtes embarquées l’an dernier. Et l’Argentine vient d’encourager par voie réglementaire une activité là-bas jusqu’ici inexistante.

Le 26 février dernier, le gouvernement argentin a abrogé une vieille loi de 1973 qui restreignait l’exportation de bovins engraissés. Dans les faits, aucun opérateur ne s’y est mis, le négoce du bœuf étant bien plus lucratif pour l’instant. La nouvelle réglementation ouvre cependant la voie au pays sud-américain à un négoce très prometteur au vu des récentes performances du Brésil et de l’Uruguay sur ce créneau-là.

Lire aussi : Où ont été exportés les broutards français en 2024 ?

En effet, le Brésil a expédié un million de têtes de bétail en 2024 (1,01 million, selon l’institut de statistiques brésilien, IBGE), un record, et pourrait en exporter 1,5 million cette année, selon le bureau d’études brésilien Scot. Pour prendre la mesure de cette hausse, rappelons que le record précédent datait de 2018 avec 784 500 têtes exportées. Depuis le début de cette année 2025, 64,8 % du bétail brésilien exporté provient de l’État du Pará, situé en région amazonienne. Les cargaisons de vif partent vers l’Irak, la Turquie et l’Égypte, et ponctuellement vers le Liban, à l’Arabie saoudite et l’Algérie.

Ainsi, le bassin amazonien fraîchement défriché – mis en prairie puis en cultures soja-maïs qui vont de pair avec l’élevage – joue déjà le rôle d’usine à broutards pour l’Afrique. La région amazonienne possède en outre ce formidable atout logistique qu’est son réseau de transport fluvio-maritime.

L’export assure un prix plancher pour le maigre léger

En Uruguay, aussi, les exportations de vif explosent. L’Uruguay en a exporté 347 000 têtes l’an dernier, selon l’Institut national des viandes de l’Uruguay (Inac). Cette année, le chiffre devrait dépasser les 400 000 têtes. Une belle prouesse pour ce petit pays doté d’un cheptel de 11,3 millions de têtes ! Selon l’Inac, la moyenne annuelle des exportations uruguayennes de vif, ces dix dernières années, a été de 240 000 têtes.

« La tendance est à la hausse tant au niveau des volumes qu’au niveau des prix », assure l’expert argentin Miguel Gorelik. L’Algérie et Israël ont autorisé l’importation de bétail uruguayen en début d’année, tandis que la Turquie a réaffirmé son intérêt pour du lourd entier, et l’Iran, l’Irak, l’Égypte prennent du bétail jeune et léger », dit-il. « Pour les naisseurs de l’Uruguay, ce nouveau débouché, vite devenu important, leur assure un prix plancher des catégories légères », renseigne un autre expert argentin, Ignacio Iriarte. Dans 8 cas sur 10, les bateaux chargés de broutards en partance de Montevideo ont pour destination la Turquie, et 1 fois sur 10, le Maroc.

L’Amérique du Sud, qui prenait part de façon erratique au commerce mondial de vif, apporterait cette année près de la moitié de l’offre mondiale en cumulant les exportations du Brésil, de l’Uruguay et de la Colombie. La tendance à la hausse ne se dément pas en 2025 au Brésil avec 300 600 bovins exportés entre janvier et avril dernier, selon l’IBGE. L’an dernier – année record –, « seulement » 145 500 têtes avaient été exportées au bout du premier trimestre.

Des prix en hausse pour les broutards uruguayens

Le prix de vente moyen des broutards exportés vif depuis l’Uruguay a été de 3,01 US$ le kilo au premier trimestre 2025, selon l’Inac. Ce prix était plutôt autour de 2,50 en 2023 et de 2,60 en 2024. Le nombre d’animaux partis du port de Montevideo de janvier à mai dernier est en hausse de 19 % comparé à celui recensé l’an dernier sur cet intervalle. Ces ventes de début 2025 ont porté sur 116 864 bovins d’un poids moyen de 343 kg. Ce sont de jeunes mâles de races à viande (Angus et hereford) voués à être finis sur place.

 

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