Aller au contenu principal

« Nos prairies évoluent vers des mélanges complexes »  

Dans le Morbihan, l’EARL de la vallée privilégie désormais les mélanges complexes au RGA-TB. Ils les trouvent plus rapides à s’installer et plus adaptés à leur contexte.

Tiphaine Chatal. « Échanger en groupes sur les espèces et les variétés que chacun a testées nous aide à faire évoluer nos choix. » © DR
Tiphaine Chatal. « Échanger en groupes sur les espèces et les variétés que chacun a testées nous aide à faire évoluer nos choix. »
© DR

« Quand je me suis installée il y a six ans, nous avons repris du foncier et la surface accessible aux 80 laitières est passée de 15 à 30 hectares », décrit Tiphaine Chatal. Les éleveurs ont découpé les prairies temporaires en paddocks de 1,5 à 2 hectares, et réfléchi aux espèces à implanter sur les 15 hectares repris. « Nous connaissions les limites des prairies en RGA-TB que nous semions traditionnellement et nous avons cherché des mélanges plus diversifiés et plus couvrants, adaptés au pâturage et pérennes. »

Pâturer la fétuque élevée à un stade jeune

Le secteur est très vallonné, avec certaines zones très séchantes et d’autres, au contraire, très humides dans le bas des vallées. Sur les buttes, les éleveurs ont d’abord semé en 2014 un premier mélange suisse à base de fétuque élevée (47 %), fléole (31 %), RGA (9 %) et trèfle d’Alexandrie (13 %). « La fétuque élevée est rustique et ultra-résistante au sec. C’est impressionnant, même en juillet-août, dans des conditions difficiles, les parcelles restent vertes ! Par contre, elle se révèle assez agressive par rapport au trèfle et durcit vite, ce qui la rend peu appétente pour les vaches. Il faut vraiment la faire pâturer à un stade jeune, insiste Tiphaine. Avec les vaches, il faut y revenir tous les dix jours. Sinon, on gère en multipliant les passages de tondeuse de prairie pour maintenir l’appétence. C’est plus compliqué à gérer que du dactyle ! » Le second mélange (14 % dactyle, 8 % fétuque rouge, 8 % fléole, 28 % pâturin des prés, 28 % RGA, 11 % TB, 6 % TV) s’est très bien implanté et le trèfle blanc est aujourd’hui encore bien en place. « Ce mélange dure dans le temps, même s’il a tendance à mieux se développer dans le bas des parcelles, moins sec. Le pâturin est encore présent ; le trèfle violet a duré deux ans comme la fléole. » Dans les paddocks humides, les éleveurs sont satisfaits du mélange suisse semé (16 % fétuque rouge, 9 % fléole, 31 % paturin, 32 % RGA, 9 % TB, 3 % TV). « Ce mélange est top pour ce type de parcelle. La fétuque rouge est rustique et plus appétente que la fétuque élevée. »

« Nous avons expérimenté les mélanges suisses »

Chaque automne, parmi les paddocks encore en RGA-TB, une prairie est resemée, mais avec des mélanges moins onéreux. Sur deux parcelles particulièrement séchantes, l’association du ray-grass anglais au ray-grass hybride, fétuque élevée, trèfle blanc et trèfle hybride donne de bons résultats. « Elle s’est montrée très rustique dès l’implantation. » Et pour les parcelles très humides, les éleveurs semblent avoir également avoir trouvé un mélange qui leur convient bien à base de fétuque des prés, RGA, TB, et fléole. « L’implantation est bonne et la prairie résiste bien au piétinement malgré des conditions de pâturage difficiles. Nous avons essayé sans la fléole, mais la couverture est moins intéressante et l’implantation prend plus de temps. »

« Avant, je me contentais de faire confiance aux vendeurs, témoigne l’éleveuse. Aujourd’hui, le fait de se former, d’échanger en groupes(1) sur ce que chacun a testé, de faire aussi des tours de prairies chez les uns et les autres pour comparer les contextes, nous aide à savoir dans quelle direction aller et faire de meilleurs choix d’espèces et variétés. »

(1) Au sein de Rés'agri (60 groupes dans le Morbihan).

Les plus lus

éleveurs  avec leur troupeau au pâturage
« Nous dégageons 74 000 € de revenu disponible à deux en bio avec 36 vaches laitières »
Au Gaec du Bourguet, dans l’Aveyron, Camille et Lénaïc Vabre ont fait le pari osé de s’installer à deux sur une petite structure…
Christophe Baudoin, 36 ans, et son frère Vincent, 40 ans, ne craignent pas d’essayer de nouvelles pratiques pour produire plus de lait et maîtriser les charges.
« Avec un seul robot, nous produisons 1 million de litres de lait »
Le Gaec des sapins, en Loire-Atlantique, produit 1 million de litres de lait avec 83 vaches et un seul robot tout en…
Jérôme Curt, éleveur à la ferme du trèfle.
Bâtiments pour bovins : « Notre stabulation se rapproche du plein air »

La Ferme du trèfle, dans l’Ain, a monté un bâtiment novateur axé sur le bien-être animal. Pad cooling, toiture en Bartic,…

Selon Cyril Bapelle, vétérinaire nutritionniste (à gauche), « il faut réfléchir la gestion des mycotoxines en particules ingérées par vache et par jour ».
Mycotoxines : « Nous avons perdu 4 litres de lait par vache »

Dans la Manche, Romain Boudet, installé en individuel, a vu ses résultats techniques chuter après l’ouverture du silo de maïs…

Sylvain Tola, éleveur dans la Loire, et ses vaches montbéliardes au pâturage en mars
Prairie : « Dans la Loire, mes 65 vaches pâturent tout l’été sur 22 hectares »

Le dactyle, la luzerne, le lotier et six autres espèces composent les prairies des vaches laitières de Sylvain Tola, dans la…

Robot de traite : quel gain de production laitière lors du passage de la salle de traite au robot ?

Le passage de la salle de traite au robot de traite s’accompagne d’un gain de production par vache laitière. À paramètres…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière