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La Chine en crise laitière baisse ses importations de produits laitiers

La production laitière chinoise continue de croître alors que la demande intérieure n'a pas retrouvé son niveau d'avant le Covid. Conséquences : les importations baissent pour plusieurs produits laitiers en 2023.

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La consommation chinoise pourrait rester morose, en raison de la situation économique du pays, et d'une baisse de la population depuis 2022.
© P. Bourgault - Archives

« Depuis fin 2022, la Chine vit une crise laitière », a souligné Jean-Marc Chaumet, du Cniel, lors de la journée Marchés mondiaux organisée par l'Institut de l'élevage. Le pays n'a pas connu d'inflation. « Les prix alimentaires ont même baissé. Les produits laitiers ne font pas exception. » Le Covid a longtemps pesé, jusque début 2023, sur la demande en produits laitiers, qui est encore peu dynamique et toujours en deçà de son niveau d'avant la crise sanitaire.

« Depuis, c'est la situation économique qui pèse sur la demande, avec une croissance de 5 % prévue pour 2024, un niveau bas pour le géant chinois, un chômage élevé notamment chez les jeunes, la bourse qui baisse. Tous les indicateurs de la consommation – fréquence d'achats, taux de pénétration – sont dans le rouge pour les produits laitiers », détaille Jean-Marc Chaumet.

Une production laitière en forte croissance

En parallèle, entre 2018 et 2023, la production laitière chinoise a bondi de 10 millions de tonnes, pour atteindre 41 à 42 millions de tonnes en 2023, selon les données officielles et les estimations de l'USDA. Un essor qui ne faiblit pas en 2023.  Le taux d'autosuffisance de la Chine est monté à 82 % en 2023 (après un point bas en 2021 à 74 %).

Malgré une offre inférieure à la demande, il est bien question d'« une crise de surproduction en Chine avec les conséquences que l'on connaît : prix du lait en baisse depuis 2022, du lait jeté et des abattages dans les exploitations de petite et moyenne taille ».

La raison ? Un problème d'adéquation entre l'offre des industriels laitiers chinois et la demande des consommateurs. Les transformateurs laitiers peinent encore à rassurer sur la qualité de leur lait de consommation pasteurisé. Ils ne fabriquent pas encore de la crème et pas suffisamment de fromages pour satisfaire la demande. « Les surplus de lait collecté ont été séchés et la poudre a été stockée. Fin 2023, le stock de poudre chinoise serait au plus haut depuis au moins six ans », indique l'économiste.

Des stocks record de poudres grasses

 

Graphique : Évolution des importations chinoises des laits liquides et des poudres grasses, maigres et de lactosérum.
Graphique : Évolution des importations chinoises des laits liquides et des poudres grasses, maigres et de lactosérum. © Source : Idele

Ce contexte pèse sur les importations chinoises, essentiellement de poudres grasses. Autres importations en fort recul depuis plusieurs années : le lait liquide du fait du développement de l'offre chinoise, ainsi que les laits infantiles en raison de la baisse de la natalité. Pour ces deux produits, l'eldorado chinois est bel et bien fini.

 

Graphique : Évolution des importations chinoises de laits infantiles, de fromages, de beurre et de crème.
Graphique : Évolution des importations chinoises de laits infantiles, de fromages, de beurre et de crème. © Source : Idele

Restent les fromages fondus et la crème, dont les importations sont toujours en hausse régulière. La demande en beurre s'est stabilisée depuis 2021.

La production chinoise se stabilisera-t-elle en 2024 ?

Pour 2024, l'USDA prédit une stabilité de la production laitière en Chine. En effet, les élevages ont subi une baisse du prix du lait tandis que les coûts de production sont restés élevés. « Les transformateurs laitiers ont profité de la surproduction pour arrêter leur contrat avec des fermes indépendantes, pour se concentrer sur les fermes qu'ils possèdent partiellement ou en totalité. Ces gigantesques entreprises laitières (plusieurs milliers de vaches élevées, production de fourrages et d'aliments, site de reproduction) ont beau être en déficit actuellement, elles sont soutenues financièrement par le gouvernement chinois. Et même si plusieurs projets de nouvelles grandes fermes ont été mis sur pause, les entreprises d'élevage intégrées aux transformateurs poursuivent leur développement. Il est donc possible que la production continue d'augmenter », suppose Jean-Marc Chaumet.

Mise en garde

En répercussion aux sanctions européennes sur les importations de véhicules électriques du fait de subventions jugées déloyales par l'UE, la Chine menace de mettre en place des contre-mesures sur le secteur agricole incluant les produits laitiers.

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