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Filière protéagineuse
Une fonction stratégique et durable selon Michel Barnier

Le ministre est optimiste pour l’avenir du pois

INTERROGÉ par Pierre Cuypers, président de l’Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a rappelé l’intérêt des protéagineux et a assuré que ces cultures sont « au coeur du modèle agricole qu’il défend. » Alors qu’elle présente de nombreux atouts, la culture des protéagineux, pois et féveroles est de plus en plus délaissée par les producteurs qui n’y trouvent plus d’intérêt.

Une culture pleine d’atouts

Pour Michel Barnier, la chute du niveau de la production française observée ces dernières années « est d’abord une crise de l’offre », remarquant que « les débouchés existent, tant en alimentation animale qu’en alimentation humaine, avec notamment le développement intéréssant de nouveaux marchés à l’exportation pour la féverole. » Le ministre souligne également dans son entretien la possibilité de limiter la dépendance française et européenne en termes de protéines et « l’enjeu important » que représente le redressement de la production. Michel Barnier n’oublie pas l’intérêt environnemental de cette culture, qui « s’inscrit pleinement dans la logique d’une agriculture à haute performance environnementale », et qui « doit devenir la signature de l’agriculture européenne », ajoute le ministre.

Ce dernier reste optimiste pour l’avenir des protéagineux malgré un désengagement important. La perception d’une rentabilité moindre de la culture de protéagineux par rapport à d’autres productions de grandes cultures serait à l’origine de son déclin, selon Michel Barnier. « Cette perception s’est nourrie de différents éléments, pour l'essentiel conjoncturels : succession de plusieurs années défavorables aux protéagineux sur le plan climatique, difficultés techniques, hausse des cours des principales céréales. »Cependant, « la présence de protéagineux dans une rotation est économiquement profitable (fertilisation et structure des sols). Cela devrait favoriser une remontée significative des surfaces au cours des prochaines années », estime le ministre.

La Pac propose également certains leviers pour encourager la culture de protéagineux.

« Nous nous sommes battus pour que le découplage de l’aide spécifique aux protéagineux de 55,57 euros par hectare soit repoussé à 2012. » D’autre part, la « boite à outils » peut être utilisée pour renforcer le soutien spécifique aux protéagineux, a expliqué le ministre.

Enfin, Michel Barnier a insisté sur le rôle de la recherche. « Un plan sur les cinq prochaines années est en train d’être finalisé pour consolider les progrès accomplis et fournir aux agriculteurs des variétés plus performantes en termes de tolérance et de rendements. (...) La réduction de notre dépendance en protéines est un enjeu stratégique pour notre agriculture », a-t-il conclu.

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