Aller au contenu principal

Nutrition animale : comment éviter les surcoûts liés à la contamination aux salmonelles dans les silos portuaires ?

Quelque 64 centimes d’euro par tonne de tourteau de soja : c'est le coût de la maîtrise des contaminations en entérobactéries, notamment les salmonelles, dans les installations de stockage portuaire grâce à l’installation d’une flore de barrière limitant les recontaminations.

De gauche à droite, Christophe Michaut, market manager acidifiant et aquaculture de Vitalac Biotech, et Jean-Baptiste Leménager, responsable d’exploitation de Sea Invest à Montoir-de-Bretagne.
De gauche à droite, Christophe Michaut, market manager acidifiant et aquaculture de Vitalac Biotech, et Jean-Baptiste Leménager, responsable d’exploitation de Sea Invest à Montoir-de-Bretagne.
© Yanne Boloh

La France importe plus de 3 Mt de tourteaux de soja chaque année. Les contrôles révèlent parfois des contaminations à salmonelles. Même rares, elles impactent fortement les importateurs.

La contamination de lots par les salmonelles coûte cher aux importateurs

Ainsi, pour un lot de tourteau de soja de 3,6 M€ (soit 9 000 t, correspondant à une case d’un stockage portuaire, à 400 €/t), la destruction totale du lot représenterait une perte totale de 8,5 M€. L’importateur doit en effet trouver un volume de substitution pour honorer ses contrats au prix spot (forcément plus cher). Il perd donc les 3,6 M€ de marchandise, plus le surcoût du nouveau lot. 

Il doit aussi assurer la destruction du lot contaminé (transport spécifique sous surveillance sanitaire et incinération autour de 500 €/t). Quand cette dernière est possible soit dans des installations fixes (ports néerlandais ou Barcelone) soit dans des installations mobiles (SalmoTruck en France), la décontamination pèse moins : aux environs de 20 % de cette perte, ce qui comprend le coût direct de la décontamination (120 à 150 €/t de traitement par acidification comme dans le système mobile SalmoTruck), le surcoût de la substitution en urgence par un lot acheté en spot et le coût financier de l’immobilisation du lot.

La sécurisation des silos portuaires s'impose pour éviter toute recontamination

Ces importants surcoûts démontrent tout l’intérêt de réduire les risques sanitaires en sécurisant les bâtiments de stockage. « C’est la question des recontaminations possibles durant le stockage dans nos bâtiments qui nous a incité en tant qu’opérateur portuaire de manutention et de stockage de vracs secs, à tester un nouveau protocole », confirme Jean-Baptiste Leménager, responsable d’exploitation de Sea Invest à Montoir-de-Bretagne.  

Il suffit de deux pulvérisations complémentaires pour supprimer le risque lié aux entérobactéries.

Pour valider cette prévention, il a conduit en 2024 un test en grandeur nature avec Vitalac Biotech (fournisseur d’acidifiants et de flore de barrière) sans perturber l’exploitation normale d’un bâtiment.  Une case de 1 500 m2 au sol et 1000 m2 de parois verticales, d’une capacité de 9 000 t de tourteau de soja, a donc, durant 5 rotations, bénéficié d’un protocole complétant ses opérations habituelles de dépoussiérage (raclage, soufflage, balayage puis aspiration) puis de désinfection (avec une solution hydroalcoolique) par deux nouvelles opérations. Il s'agit de la pulvérisation d’un mélange d’acides organiques aux effets connus contre les entérobactéries (mélange d’acides formique, propionique, acétique et de tensio-actifs), suivie d'une deuxième pulvérisation assurant la colonisation des surfaces (et des recoins) par une flore de barrière composée de lactobacilles. « Cette flore est issue de l’industrie fromagère et donc sans aucun danger pour la chaîne alimentaire. Elle va s’installer là où d’éventuelles salmonelles auraient trouvé de bonnes conditions de vie et les empêche donc de recontaminer les lieux et les matières premières qui y seront stockées ensuite », explique Christophe Michaut, market manager acidifiant et aquaculture de Vitalac Biotech, qui a conduit le test pour sa société.

Quel que soit le nombre d’entérobactéries dans les prélèvements avant traitement, ce dernier abaisse cette valeur sous les seuils de détection du laboratoire. Quant aux deux apparitions de salmonelles (salmonella poona et salmonella Rissen) identifiées avant traitement durant ces 5 rotations, elles sont réglées par le traitement. Son coût de revient s’établit à 0,64 €/t dans les conditions du test. « La seule limite technique à la généralisation de ce protocole est son automatisation car l’équipe impliquée dans le test a tout réalisé manuellement. Se pose aussi la question de l’acceptation de ce surcoût, modique, par la profession », conclut Jean-Baptiste Leménager.

Lire aussi : Alimentation animale : étrange suspicion de salmonelle dans des tourteaux de tournesol en provenance d'Argentine et de Roumanie

Les plus lus

Collecteurs et utilisateurs sont deux maillons de la chaîne qui ne se connaissent pas, en raison de l’existence d’intermédiaires, les exportateurs en l'occurence.
Commercialisation des céréales : embellie pour les exportations françaises sur la campagne 2025-2026

Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer a jugé que la dynamique des exportations…

<em class="placeholder">Coupe de luzerne dans la Marne.</em>
Luzerne déshydratée : la culture retrouve une dynamique positive en 2025-2026
Après une campagne 2024-2025 difficile, la filière luzerne déshydratée dresse un premier bilan favorable de la campagne 2025-2026…
<em class="placeholder">Production nationale d&#039;aliments composés (en tonnes)</em>
Alimentation animale : comment évoluent les fabrications en France entre mars 2025 et mars 2026 ?

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France a progressé en mars 2026 par rapport à février 2026 et mars…

<em class="placeholder">La Bourse aux grains de Sète, qui s&#039;est tenue sur le môle Saint-Louis, a accueilli environ 400 personnes pour son édition 2026. </em>
Marché français des céréales : une fin de campagne commerciale chamboulée par la géopolitique et des interrogations sur celle qui arrive

Lors de la Bourse aux grains de Sète, le 22 mai 2026, les professionnels des métiers du grain constatent des échanges…

Graphique prix blé maïs orge France au 15 mai 2026
Marché des céréales du 15 mai 2026 –  Des prix du blé et du maïs en chute libre malgré la hausse du prix du pétrole

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit…

Graphique prix blé maïs orge France au 19 mai 2026
Marché des céréales du 19 mai 2026 –  Nouvelle hausse des prix du blé et du maïs sur Euronext

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 18 et le 19 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne