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Organisation des producteurs de grains
Un essor controversé

Les biocarburants soulèvent bien des questions

LE CINQUIÈME congrès de l’Organisation des producteurs de grains (OPG) qui s’est déroulé le 12 janvier dernier a permis à son président, Nicolas Jacquet de soulever certaines problématiques découlant des évolutions récentes enregistrées dans le secteur céréalier et des oléoprotéagineux. Derrière ces changements se camouflent d’épineux aspects non exhaustivement pris en considération, comme par exemple sur l’essor des biocarburants . En parallèle, l’augmentation de la demande alimentaire des pays comme la Chine, les accidents climatiques déterminant plus ou moins régulièrement le niveau des productions montrent à quel point le caractère de l’équilibre mondial est incertain. Pour Nicolas Jacquet, « il est donc important, au niveau de l’UE comme au niveau mondial, de remettre en place des politiques agricoles pour répondre à ces nouveaux besoins, tout en sécurisant notre approvisionnement dans un monde en pleine évolution. »

L’OPG s’inquiète des tensions futures

La grande crainte se situe surtout au niveau des disponibilités des matières premières, jugées insatisfaisantes si l’on veut répondre aux objectifs. En d’autres termes, face à la hausse accrue de la demande énergétique et en parallèle aux limites de l’offre, il faudrait « de toute urgence », pour mieux gérer les marchés agricoles, décréter « l’exception agriculturelle à l’OMC, pour développer de vraies politiques agricoles afin de relancer la production dans tous les pays déficitaires. » Car le constat est clair : le besoin s’avère énorme en terres agricoles et les limites seront vite atteintes, même en utilisant les jachères. L’exemple des États-Unis est très parlant, la demande énergétique ne faiblissant pas. S’ils consacraient toutes leurs surfaces en maïs à l’éthanol, cela ne leur permettrait de produire que 16 % de leurs besoins en carburants. Et en Europe, pour assurer 10 % d’incorporation de biocarburants dans les produits pétroliers en 2020, il faudra consacrer au moins 20 % de la SAU, « chose impensable vis-à-vis de notre sécurité alimentaire », maintient Nicolas Jacquet. Si les biocarburants permettent de diversifier les sources d’énergie et les zones d’approvisionnement, ils ne constituent aucunement une solution sans faille sur le long terme.

Une autre grande crainte, pour l’OPG, concerne l’avenir des pays en voie de développement, qui risquent encore davantage d’être laissés pour compte, surtout si le niveau de leur production céréalière ne s’accroît pas. En effet, les excédents (européens en particulier) risquant d’être résorbés le jour où il n’y aura plus rien à vendre sur le marché mondial, ces pays n’auront très certainement pas les moyens « de mettre le prix pour s’arracher les derniers lots. » À d’autres aspects incertains se posent d’autres questions. Il ne faut pas oublier que la production de biocarburants est liée à celle du pétrole. On peut se demander ce qu’il adviendra lorsque dans une quinzaine d’années, les approvisionnements en pétrole seront beaucoup plus incertains encore. Dans un contexte d’extrême tension, il est fort à parier que les prix des biocarburants seront nettement moins compétitifs qu’à l’heure actuelle.

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