Sécheresse 2026 : face à la rareté du maïs, les opérateurs à la recherche d’alternatives
Face au risque de pénurie et de hausse des prix du maïs non-OGM, les acteurs de la filière étudient des solutions alternatives, notamment avec le recours au sorgho.
Face à la baisse vertigineuse des productions française et européenne de maïs et à un possible différentiel de prix important entre les qualités OGM et non-OGM, les acteurs français de maïs tentent de s’adapter à cette situation. Pour les fabricants d’aliments, principal poste de consommation du maïs devant l’éthanolerie et l’amidonnerie, la piste principale, déjà mise en œuvre depuis plusieurs mois, est de minimiser les incorporations de maïs. Les fabricants d’aliments pour les porcs ont la possibilité de ne plus incorporer de maïs dans les formules d’aliments pour les porcs charcutiers, mais cette décision dépend des habitudes et contraintes nutritionnelles de chacune des entreprises. Le maïs reste néanmoins indispensable pour les aliments truies.
En volailles, la dépendance au maïs est plus forte compte tenu du niveau énergétique des formules actuelles et des besoins en acide linoléique apportés par le maïs. En aliment pour pondeuses, il semble difficile de passer sous les 15 %. En aliment pour poulet, malgré l’habitude française d’incorporer du maïs, il est techniquement possible de produire sans maïs, comme le faisaient les Anglais. Reste à savoir si cette adaptation sera mise en œuvre compte tenu du coût des colorants de synthèse indispensables et des habitudes alimentaires.
Le sorgho, un bon candidat de substitution pour les aliments volailles
Parmi les matières premières candidates au remplacement du maïs, les formulateurs étudient actuellement l’intérêt nutritionnel du sorgho. Cet excellent substitut dans l’alimentation des volailles peut être incorporé a priori jusqu’à 40 % dans les aliments, selon les stades de croissance. Il apporte un niveau énergétique élevé dans la formule au même titre que le maïs, avec un niveau de protéines supérieur, et fournit un peu de tanin facilitant l’utilisation des protéines et de l’énergie.
Ces adaptations doivent permettre de minimiser le recours à l’importation de maïs, tant pour résoudre le déficit que pour modérer une éventuelle hausse des prix, quitte à envisager le recours à du sorgho d’importation.