Sécheresse 2026 : la récolte de maïs français attendue au plus bas depuis 1980, selon Agreste
L’office de statistiques prévoit une récolte de maïs grain et semences de 9 millions de tonnes en France, soit la plus basse depuis près de 50 ans. Certains acteurs du marché anticipent une production qui pourrait passer sous les 7 millions de tonnes sous l’effet des canicules et de la sécheresse.
L’office de statistiques prévoit une récolte de maïs grain et semences de 9 millions de tonnes en France, soit la plus basse depuis près de 50 ans. Certains acteurs du marché anticipent une production qui pourrait passer sous les 7 millions de tonnes sous l’effet des canicules et de la sécheresse.
Dans sa prévision publiée le 7 août, Agreste confirme la catastrophe annoncée pour le maïs français. « La récolte française de maïs grain y compris semences est estimée à 9,0 millions de tonnes (Mt) », indique l’office de la statistique publique, précisant « qu’il pourrait s’agir du niveau de production le plus bas depuis 1980 ». Cela correspondrait à un recul de la récolte de 35 % sur un an, « sous l’effet cumulé de la baisse de la sole et de celle du rendement moyen, évalué à seulement 70,3 q/ha en raison des effets de la sécheresse et des températures caniculaires ». Les surfaces en maïs se sont en effet contractées de 20 % cette année, victimes de la hausse du prix des engrais azotés. En 2025, la production avait atteint 13,7 Mt, proche de la moyenne quinquennale.
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Seul un tiers des surfaces avec un maïs jugé bon à très bon
Selon l'observatoire Céré'Obs de FranceAgriMer, seul un tiers des surfaces de maïs présentaient un état des cultures jugé "bon à très bon" au 3 août, un score très inférieur à celui de 63 % noté l'an dernier à même époque. En 2022, année marquée par une forte chute des rendements (75 q/ha), le ratio était début août à plus de 50 %.
Des analystes encore plus pessimistes sur le niveau de la récolte de maïs 2026
Le tableau pourrait être encore plus sombre. « Les chiffres avancés par les opérateurs de marché tournent autour de 8 Mt, et certains analystes évoquent un franchissement de la barre des 7 Mt », affirme Damien Jouen, directeur adjoint du Pôle Marchés et cotations de Réussir. Signe des difficultés à venir, « les infrastructures portuaires se préparent à accueillir des importations de céréales, et notamment de maïs, alors qu’habituellement c’est l’époque où elles se préparent à l’export », explique le spécialiste. Des importations de maïs sont déjà annoncées dans les ports français.
Quelles estimations de production de maïs par région ?
D’après Agreste, la Bourgogne paierait le plus lourd tribut, avec un effondrement de moitié des rendements par rapport à la moyenne quinquennale. La chute de rendement sera également vertigineuse dans le Nord-Pas-de-Calais, en Auvergne et dans les Pays-de-la-Loire (autour de -37 %). Elle serait à peine moins marquée dans le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Picardie (baisse d’un tiers). L’impact conjugué des surfaces et des rendements pourrait diviser par deux la production en Bourgogne, dans les Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et en Auvergne. Dans les Landes, la chambre d’agriculture annonçait début août une dégringolade des rendements du maïs en sec de 50 à 70 % et des pertes comprises entre 20 et 35 % sur le maïs irrigué.
Estimations pour la production de maïs grain 2026 et évolution par rapport à la moyenne 2021-2025
| 2026 (source : Agreste - Estimations précoces de productions au 1er août 2026) | Evolution 2026 / moyenne 2021-2025 | |||||
| Superficie (1000 ha) | Rendement (q/ha) | Production (1000 t) | Superficie (%) | Rendement (%) | Production (%) | |
| France | 1 281,2 | 70,3 | 9 003,7 | -14,9% | -22,5% | -34,1% |
| Alsace | 110,4 | 103,5 | 1 142,5 | 0,5% | -11,8% | -11,4% |
| Aquitaine | 234,7 | 72,0 | 1 690,8 | -12,6% | -19,8% | -29,9% |
| Auvergne | 30,6 | 55,2 | 168,6 | -21,5% | -36,9% | -50,5% |
| Basse-Normandie | 22,6 | 79,1 | 178,5 | -28,1% | -10,8% | -35,9% |
| Bourgogne | 43,9 | 44,1 | 193,5 | -3,6% | -50,1% | -51,9% |
| Bretagne | 134,4 | 81,9 | 1 101,4 | -9,1% | -10,0% | -18,1% |
| Centre | 107,1 | 85,7 | 917,7 | -14,9% | -10,4% | -23,7% |
| Champagne-Ardenne | 38,7 | 68,7 | 266,2 | -7,8% | -23,8% | -29,7% |
| Franche-Comté | 23,8 | 32,8 | 78,2 | 2,8% | -62,5% | -61,5% |
| Haute-Normandie | 9,8 | 77,9 | 76,1 | -13,9% | -10,1% | -22,7% |
| Ile-de-France | 48,5 | 66,8 | 324,1 | -4,0% | -33,2% | -35,9% |
| Languedoc-Roussillon | 2,7 | 30,7 | 8,4 | -25,2% | -31,6% | -48,8% |
| Limousin | 5,8 | 47,3 | 27,2 | -25,6% | -29,2% | -47,3% |
| Lorraine | 23,6 | 58,0 | 136,9 | 18,9% | -28,3% | -14,7% |
| Midi-Pyrénées | 106,3 | 58,5 | 621,6 | -25,1% | -31,5% | -48,7% |
| Nord-Pas-de-Calais | 25,8 | 64,0 | 164,9 | -7,9% | -35,9% | -40,9% |
| Pays-de-la-Loire | 93,7 | 52,7 | 493,9 | -31,6% | -37,0% | -56,9% |
| Picardie | 49,1 | 63,3 | 310,7 | 1,5% | -31,4% | -30,3% |
| Poitou-Charentes | 93,1 | 60,2 | 560,4 | -30,7% | -23,2% | -46,8% |
| Provence-Alpes-Côte-d'Azur | 2,4 | 82,5 | 19,6 | -13,9% | 5,9% | -8,8% |
| Rhône-Alpes | 73,9 | 70,2 | 519,2 | -14,8% | -25,3% | -36,3% |
Une production de tournesol qui pourraît être stable malgré des rendements au plus bas
Pour le tournesol, Agreste table sur une récolte qui resterait relativement stable pour la troisième année consécutive, à 1,4 Mt. C’est en revanche bien en dessous de la période 2021-2023, qui avait enregistré chaque année une production de plus de 1,8 Mt. Cette stabilité de la récolte sur un an masque une chute du rendement prévue à 13 % par Agreste. Attendu à 18,1 q/ha, il serait au plus bas depuis 1980. Ce phénomène serait compensé par une surface en hausse de 13 % sur un an.
La production de pommes de terre de conservation marquerait un fort recul, à 6,5 Mt, bien en deçà des années records de 2024 (7,5 Mt) et 2025 (8,3 Mt). « En première estimation, à l’issue d’une campagne qui s’annonce précoce, le rendement moyen pourrait être un peu inférieur à 40 t/ha, l’un des plus faibles depuis 1996 », précise Agreste.