La fraise française veut prévenir une crise conjoncturelle
L’AOPn Fraises Framboises de France se mobilise pour éviter un décalage entre l’offre et la demande de fraises françaises. Tout en comptant sur la grande distribution, elle dégaine aussi des moyens en communication et innove avec une présence en télé.
L’AOPn Fraises Framboises de France se mobilise pour éviter un décalage entre l’offre et la demande de fraises françaises. Tout en comptant sur la grande distribution, elle dégaine aussi des moyens en communication et innove avec une présence en télé.
« On essaye de prévenir plutôt que de devoir guérir, lance Émeline Vanespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France. Quand il n’y a pas de demande en face de l’offre, ça fait des dégâts. Un marché planté est très dur à relancer ». Après une semaine 13 marquée par un afflux de fraises espagnoles à prix très bas (moins de 1,50 euro/kg), l’association d’organisations de producteurs de fraises s’inquiète pour la période d’après Pâques, à commencer par l’actuelle semaine 15.
Cette année, elle concentre des volumes dus à la remontée des températures, alors qu’un pic de fraises espagnoles est toujours observé. « On va dépasser les 1 000 tonnes de gariguettes après Pâques, prévient la directrice. Les commerciaux ont fait le boulot du mieux possible, il y a les vacances, il fait beau… on espère que le dynamisme sera présent ». Il y a le risque évidemment que la hausse du carburant compresse le budget dévolu aux produits plaisir dont la fraise fait clairement partie.
La grande distribution appelée à défendre la fraise tricolore
L’AOP en appelle donc à la grande distribution. « La GMS a un rôle déterminant à jouer et doit se mobiliser pleinement pour valoriser l’origine France sur ses étals », encourage l’AOPn dans un communiqué. Une opération est déjà en cours avec l’enseigne Auchan.
« On voit des forts différentiels de prix avec des gariguettes en fond de rayon à 4 euros la barquette de 250 g et des promotions à 2,49 euros, observe la directrice. On n’encourage pas les achats hors promotion quand les fraises sont trop chères. Il faut que tout le monde gagne sa vie mais il y a un entre deux ».
Elle relève que le prix promo était déjà de 2,49 euros l’an dernier à la même époque. Elle constate également que le RNM indique des prix à 9,80 euros/kg à l’expédition, le mardi 7 avril, mais que les fraises se trouvent encore à 16 euros/kg en moyenne au détail. « On espère que ça va se réguler pour que la fraise française soit accessible pour le consommateur. Nous allons sur des semaines 18/19 où il va y avoir énormément de volume de fraises françaises, les premières fraises rondes arrivent en force, elles s’ajoutent au pic de production des gariguettes », résume Émeline Vanespen.
Un budget de communication renforcé pour soutenir la demande
Pour soutenir l’origine France, l’AOPn a même déclenché un levier inédit, en plus des spots radios et d’actions sur les réseaux sociaux : une présence en télé. Elle a saisi l’opportunité de parrainer la météo du 20 heures de France 2. Au total, un budget d’un million d’euros est consacré à la fraise de France pour encourager la demande.
« Si nous évitons la crise conjoncturelle, une grosse partie de la campagne sera réalisée et se sera bien passée, table la directrice. La rémunération est pour l’instant en phase avec les réalités ». Une situation à défendre.
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