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Jérôme Desmettre : « Mieux faire connaître le savoir-faire de l’interprofession fruits et légumes aux décideurs d'Île-de-France »

Jérôme Desmettre, nouveau président du Comité Interfel Ile-de-France entend mieux faire connaître le savoir-faire de l’interprofession aux décisionnaires régionaux. Il prévoit de les réunir pour réfléchir à l'avenir.

Jérôme Desmesttre
© Philippe Gautier - FLD (photo d'archives)

FLD : Vous venez d’arriver à la présidence du Comité Interfel Ile-de-France. Quelle dynamique entendez-vous imprimer ?

Jérôme Desmettre :  Il existe une très grande méconnaissance par les pouvoirs publics et les collectivités de ce qu’est Interfel, une interprofession qui rassemble toutes les familles de la filière et même au-delà, et de ce qu’elle représente. C’est une vraie lacune de leur part. Mon objectif à la présidence du Comité sera de mieux faire connaître les vertus d’organisation de l’interprofession fruits et légumes aux décideurs régionaux. Notre filière dispose d’un savoir-faire utile à mieux faire connaître, à mieux communiquer au niveau régional.

Une conférence début 2021

FLD : Pouvez-vous nous brosser le tableau de la production en Ile-de-France ?

Jérôme Desmettre : En ce qui concerne l’Ile-de-France, on sait que le citadin désire plus de local, plus de proximité, analyse Jerôme Desmettre, Pour notre région, c’est un véritable grand écart entre cette volonté et la situation de la production, en retrait depuis de nombreuses années. Les élus essaient d’engager des politiques de relocalisation des productions mais le contexte francilien rend les choses difficiles à accomplir.

C’est pourquoi le comité régional Ile-de-France entend initier une conférence, avec le soutien d’Interfel et du CTIFL, qui pourrait se tenir début 2021 : le thème en sera des conditions d’un relance de la production fruits et légumes en Ile-de-France. Elle réunira les décisionnaires politiques de la Région Ile-de-France, l'Agence des espaces vert, la Chambre d’agriculture...  Il sera question de montrer que la production requiert une forte expertise, à un moment où le renouvellement des générations est un vrai problème et obère l’avenir ».

FLD : Vous êtes aussi président du syndicat des grossistes fruits et légumes de Rungis. Comment ceux-ci traversent-ils la situation actuelle ?

Jérôme Desmettre : Tout a dépendu du type de clientèle. L’activité des grossistes sur carreau a été plutôt soutenue, voire bonne pendant les deux confinements. Leur clientèle ,essentiellement des primeurs, des commerçants non sédentaires et la distribution de proximité, a été bien là. Le rythme a baissé en ce mois de novembre, sans que l’on sache vraiment pourquoi . En revanche, les grossistes à clientèle RHD majoritaire sont dans une passe extrêmement difficile. Les restaurants n’ouvriront pas avant janvier, ce qui est un crève-cœur, le tourisme est en berne et on annonce un PIB en baisse :  pour nos métiers, cela se traduit par de nombreux impayés qui fragilisent grandement la santé des entreprises.

Pas de gastronomie sans Rungis

FLD : La lutte contre le gaspillage alimentaire est aujourd’hui un enjeu national. Quelle est l’action des grossistes fruits et légumes de Rungis sur ce thème ?

Jérôme Desmettre : Le don aux associations caritatives a toujours existé chez les grossistes, qui sont commerçants mais aussi altruistes, en fournissant de bons fruits et légumes. De plus, il faut aussi reconnaitre qu’une structure comme Andes (groupe SOS), présente sur le marché, qui flèche les dons vers les associations permet d’éviter saisies et destructions. A l’occasion de la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire, le syndicat des grossistes f&l de Rungis a signé une convention qui engagent l’ensemble des professionnels. C’était juste attester de ce qui se fait depuis longtemps mais cela offre plus de lisibilité à nos actions. C’est pourquoi j’ai désiré lier l’interprofession à cette convention, l’ensemble des professionnels étant concernés.     

FLD : Quelle est votre conception d’un marché de gros comme Rungis ?

Jérôme Desmettre : « Service public, le marché de Rungis a été créé il y a plus de 50 ans, avec comme mission de regrouper en un même lieu les fournisseurs du commerce de détail et de la restauration. Pour mieux contrôler les flux de marchandises et la sécurité alimentaire, bien entendu, mais ce regroupement a entrainé une dynamique incomparable de l’offre, née de la concurrence entre les opérateurs. L’unicité du site a aussi permis cela.  Aujourd’hui, les 130 grossistes F&l du marché sont une force d’approvisionnement différencié inégalée. Car il n’y aurait pas de gastronomie sans Rungis.» 

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