Sécheresse 2026 : « Notre surface de maïs a déjà été réduite cette année et va encore diminuer l’an prochain sur notre exploitation dans le Tarn-et-Garonne »
Roelof De Boer, agriculteur à Lavit-de-Lomagne, dans le Tarn-et-Garonne, est confrontée à la sécheresse. Il estime ses pertes en maïs grain à 40 % et compte réduire sa surface l’an prochain face à une culture qu’il juge de plus en plus risquée.
Roelof De Boer, agriculteur à Lavit-de-Lomagne, dans le Tarn-et-Garonne, est confrontée à la sécheresse. Il estime ses pertes en maïs grain à 40 % et compte réduire sa surface l’an prochain face à une culture qu’il juge de plus en plus risquée.
« En 2026, nous avons cultivé 50 hectares de maïs dont 30 sont irrigués grâce à deux retenues collinaires. Les semis se sont déroulés dans de bonnes conditions et le maïs était très beau jusqu’à fin mai-début juin. Puis la situation s’est dégradée avec l’arrivée de fortes chaleurs et l’enchaînement des canicules avec des températures dépassant les 40 °C durant plusieurs jours.
40 % de perte en maïs grain
En moyenne, j’estime mes pertes à 40 %. En irrigué, dans les bonnes parcelles, j’espère faire entre 70 et 80 quintaux par hectare (q/ha) contre 120 q/ha habituellement. En non-irrigué, c’est catastrophique, il y a très peu d’épis et peu de grains sur chacun d’eux. Le rendement pourrait se limiter à 15 ou 20 q/ha. J’ai souscrit une assurance récolte, je dois donc attendre le passage de l’expert avant de récolter.
En tournesol aussi la culture a beaucoup souffert. En revanche, le soja s’en sort nettement mieux. Je l’ai semé début mai et il n’avait pas encore atteint la floraison au moment des canicules. D’autres agriculteurs du secteur ont semé plus tôt en avril et le timing a été moins bon.
Une réduction de la SAU pour se débarasser de terres peu rentables
L’an prochain, nous comptons faire un maximum de surfaces en blé. Nous utilisons nos propres semences et les prix 2027 s’annoncent plutôt bons. Nous avons déjà vendu 50 t de la récolte 2027 à 228 €/t, départ juillet. La surface de maïs a été réduite cette année et va encore diminuer l’an prochain de moitié au profit du soja qui va passer de 25 à 45 ha.
Nous avons choisi l’an dernier de réduire la surface agricole utile de l'exploitation en rendant 63 hectares de fermage aux propriétaires, faute d'une rentabilité suffisante sur ces terres. Pour un autre fermage, nous avons négocié à l’amiable une baisse de tarif à hauteur de la taxe foncière, le temps que la tempête passe. Nous sommes aussi engagés dans une MAEC grandes cultures zones intermédiaires pour 2026 à 2028. À plus long terme, nous réfléchissons aussi à la création d’un atelier ovin viande.