La pression du ToBRFV ne doit pas faire oublier la menace d’autres pathogènes comme le PepMV ou virus de la mosaïque du Pepino, pour lequel la vaccination a fait ses preuves.
La vaccination contre le virus de la mosaïque du Pepino ou PepMV est une pratique bien ancrée depuis une dizaine d’années dans les serres de tomate. Mais certains producteurs s'interrogent, comme le constate Arjuna Ravindirane, conseiller en protection des cultures au Comité départemental de développement maraîcher (CDDM). Il souligne qu'il est important de ne pas lever le pied sur la vaccination PepMV même si l’on choisit des variétés résistantes au ToBRFV. Même constat pour Kaat Hermans, Business Development Manager de DCM. « Suite à l’attention récente portée au ToBRFV, plusieurs producteurs nous ont demandé si la vaccination contre le PepMV restait encore pertinente. Nos travaux sur le ToBRFV et son interaction avec le PepMV montrent que la présence ou l’émergence du ToBRFV ne réduit en rien l’intérêt de la vaccination contre le PepMV », développe-t-elle.
Poursuivre des pratiques bien rodées
Ne pas déroger à la stratégie de protection contre le PepMV est la ligne de conduite suivie par le Groupe Olivier, en région nantaise. Dans ses 13 hectares de serres de tomates, les habitudes de vaccination, désormais bien rodées, se maintiennent parallèlement à l’implantation de variétés résistantes au ToBRFV parmi les mesures visant à sécuriser la production. Dès le début de son adoption, la vaccination a concerné toutes les serres de tomate de l’entreprise.
En une dizaine d’années de pratique, la principale évolution concerne le prélèvement d’échantillons avant vaccination pour vérifier que le matériel végétal est indemne du virus PepMV. Il se fait désormais chez le producteur de plants qui les envoie à DCM, le fournisseur du vaccin PMV-01 choisi par le Groupe Olivier. L’application est réalisée rapidement après l’arrivée des plants. Pour Cécile Sarcher, associée et responsable qualité du Groupe Olivier, le vaccin est « facile à appliquer », ne nécessitant pas de matériel ou expertise spécifiques.
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Un contrôle de la température de la bouillie est assuré au cours de l’application. « Le maintien de la température est essentiel pour préserver l’efficacité du vaccin », rappelle Arjuna Ravindirane. « Le temps de passer toute la bouillie, il faut veiller au maintien de sa température », confirme Cécile Sarcher. L’équipe prévoit des petites cuves ou introduit des glaçons à la moitié de la surface pour refroidir la bouillie. Une fois l’application réalisée, un délai de quatre à six semaines doit s’écouler avant que le fournisseur (DCM) vienne prélever des échantillons post-vaccination afin de vérifier le bon niveau de concentration vaccinale. Des photos sont envoyées si une plante paraît adopter un aspect anormal.
Pour optimiser la stratégie de protection, Cécile Sarcher y intègre aussi une discussion avec le fournisseur DCM sur le planning de culture, les surfaces engagées et le choix des variétés en septembre ou octobre. « Les variétés peuvent présenter une réaction plus ou moins marquée au vaccin au niveau des têtes des plantes », souligne la responsable qualité. Cette réunion sert également à définir la commande de vaccin.
Dans ses serres, les variétés résistantes au ToBRFV se sont généralisées. Aujourd’hui, il n’y a guère qu’en tomate côtelée jaune que l’équipe n’a pas encore trouvé la variété résistante au ToBRFV répondant à ses attentes.