Féverole : « des variétés de printemps semées à l’automne m’apportent un potentiel de rendement 10 à 20 % supérieur à celui d’une féverole d’hiver en Pays de Bray (Seine-Maritime) »

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Agriculteur à Fesques (Seine-Maritime), Mathieu Cocagne cultive depuis trois ans de la féverole de printemps en la semant fin novembre. Et les résultats sont positifs. La féverole a bien passé les hivers qui n'étaient pas trop rudes et les rendements ont été supérieurs ou à l'égal de ceux de féverole d'hiver.

« Selon les années, je cultive entre 40 et 50 hectares de féverole en contrat de multiplication de semences. L’itinéraire technique est identique à celui d’une féverole conventionnelle, en prenant un soin particulier au nettoyage des équipements (semoir, bennes, moissonneuse). Je cultive une variété d’hiver et une de printemps, respectivement Curlew et Callas. Les deux féveroles sont semées à la même période, durant la deuxième quinzaine de novembre. La variété de printemps ne doit pas être implantée trop tôt pour limiter le risque d’exposition au gel.

Le point sur | Semer des féveroles de printemps à l’automne est-il un pari gagnant ?

En 2026, j’ai obtenu un rendement de 55 quintaux par hectare (q/ha) avec Callas, supérieur à la féverole d’hiver Curlew (46 q/ha) avec une récolte le 25 juillet à 16-18 % d’humidité. L’année précédente, d’importantes pertes de pieds, dues à une forte humidité, se sont traduites par un rendement de 40 q/ha pour les deux variétés. En 2023-2024, j’ai semé pour la première fois une féverole de printemps à l’automne (25 novembre) avec la variété Allison. Elle a produit 74 q/ha, davantage que la variété d’hiver Nouméa cette année-là (63 q/ha).

La féverole de printemps semée à l’automne montre un potentiel un peu supérieur à celui d’une variété d’hiver. Avec cette stratégie, la période de floraison est avancée de 2 à 3 semaines : début mai au lieu de fin mai. Ce sont trois semaines gagnées pour éviter les fortes chaleurs. Malgré tout, en 2026, les chaleurs précoces de mai ont fait perdre des étages de gousses, alors que nous étions sur un potentiel de 75 q/ha.

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Des graines de féverole semées à 8 centimètres de profondeur

Pour les deux variétés, d’hiver et de printemps, la conduite technique est la même. Je réalise un semis direct sur un couvert d’interculture (avoine, moutarde, phacélie) installé après un blé avec des graines enfouies profondément, 8 centimètres. Le but est que la féverole mette du temps à lever (cinq semaines) pour avoir un développement limité en janvier et ainsi mieux résister au gel. Pour le reste de l’itinéraire technique, en 2025-2026, il y avait eu deux traitements herbicides, deux insecticides, deux fongicides (demi-doses) et une fertilisation PK (cendres végétales).

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La densité de semis tient compte des caractéristiques variétales. La variété Callas ramifie beaucoup moins que Curlew. Elle a été semée à 50 grains par m2 contre 25 à 30 grains par m2 pour Curlew. La féverole a été payée au prix moyen de la coopérative avec l’ajout de 50 €/t de prime semences pour une qualité répondant au cahier des charges. »

SCEA de Fesques et SCEA d’Equiqueville. Blé tendre, colza, betterave, lin fibre, féverole. Sols pour moitié limono-argileux et moitié argilo-calcaire. Rendement de 95 q/ha en moyenne en blé. Sans labour.

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