Photovoltaïque : « Avec un tarif d’achat de l'électricité garanti, j’ai sécurisé le financement de mes deux hangars »
Dans les Deux-Sèvres, Cédric Malicot construit deux hangars agricoles équipés de panneaux photovoltaïques. Tarif d’achat garanti, dimensionnement de la centrale et accompagnement technique ont permis de fiabiliser le remboursement de l’investissement.
Dans les Deux-Sèvres, Cédric Malicot construit deux hangars agricoles équipés de panneaux photovoltaïques. Tarif d’achat garanti, dimensionnement de la centrale et accompagnement technique ont permis de fiabiliser le remboursement de l’investissement.
Les panneaux photovoltaïques qui vont être posés sur les toitures des bâtiments de Cédric Malicot, producteur de grandes cultures dans les Deux-Sèvres, produiront une puissance électrique de 250 kWc (kilowatt-crête). « J’ai signé un contrat en vente totale en janvier 2025 avec Gérédis Deux-Sèvres, le gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité, à un tarif d’achat garanti de 10,82 centimes d’euro le kWh. »
Le contrat a été signé lorsque le soutien public pour les projets de taille intermédiaire (100 à 500 kWc) passait encore par un tarif d’achat automatique (de 2022 à 2025). Aujourd’hui ce n’est plus le cas, et les porteurs de projets doivent répondre à un appel d’offres simplifié (moins de projets retenus).
La puissance installée couvre les frais des bâtiments
Les 1 500 m² de toitures (sur deux hangars neufs et un existant) accueilleront 648 panneaux de 455 Wc, soit une puissance installée de 294,84 kWc. La puissance injectée sur le réseau est toutefois limitée à 250 kWc, correspondant à la capacité du transformateur. « L’énergéticien installe généralement un peu plus de panneaux que la puissance de raccordement afin d’optimiser la production annuelle de l’installation. La puissance recherchée, qui détermine le nombre de capteurs et donc la surface de toitures, est calculée de manière à couvrir les frais de construction des bâtiments. »
Le premier hangar (900 m²), déjà construit, comprend une partie stockage de matériel et une partie stockage de grain à plat. Le second bâtiment (360 m²) servira lui d’atelier. Le coût total de 500 000 euros TTC se décompose de la façon suivante : 168 000 euros pour la structure des deux bâtiments (100 000 et 68 000 euros), 45 000 euros de béton, 37 000 euros de murs, 192 000 euros de panneaux (Auger), et 32 000 euros pour le poste et raccordement (Gérédis).
Les frais de raccordement restent limités puisque le transformateur est situé à 120 mètres du poste source, ce qui est proche, un point favorable pour la faisabilité du projet. Les onduleurs ont été installés à 5 et 6 mètres des bâtiments, à l’extérieur pour limiter le risque d’incendie et Cédric Malicot a souscrit une assurance bâtiment qui intègre les risques spécifiques liés au photovoltaïque.
Cédric Malicot a souscrit un prêt sur quinze ans, correspondant au temps d’amortissement des deux bâtiments. La garantie d’un prix fixe pour l’électricité produite permet de sécuriser le remboursement de l’investissement. « Je ne gagnerai pas d’argent pendant quinze ans. Mais sans les revenus de la production d’énergie, je n’aurais pas pu financer ces deux bâtiments. »
Le montage du dossier par la chambre d'agriculture a facilité les choses
Le montage du projet a nécessité une étude (2 500 € TTC) réalisée par le conseiller bâtiment et énergie de la chambre d’agriculture Charente-Maritime Deux-Sèvres. « Christophe Bealu a tout réalisé de A à Z. Il est venu sur site, a fait les plans des deux bâtiments, contacté l’architecte, l’énergéticien et rédigé le dossier de permis de construire que j’ai déposé. »
La mairie n’a posé qu’une condition : l’implantation d’une haie le long du chemin qui mène au site. « Gérédis Deux-Sèvres a donné son accord assez rapidement, trois à quatre mois après la demande de raccordement. Tout serait allé assez vite si la construction des hangars n’avait pas pris six mois de retard. J’ai choisi un constructeur moins cher, mais dont le carnet de commandes est plein. »
Aujourd’hui, le premier hangar est construit, et le second devrait l’être avant l’été. Les panneaux ont déjà été livrés. Ils seront posés par l’entreprise Auger dans la foulée de la deuxième construction, et la production d’énergie devrait démarrer en fin d’année. « Je n’aurai les premiers paiements que quelques mois après, car cela se fait au semestre. Le premier versement d’argent arrivera dans un an environ. Il y a toujours un différé de 18 mois maximum après le déblocage du prêt. Entre le temps où l’on commence à payer et les premières entrées d’argent, c’est long, il faut avoir de la trésorerie. »
Créer une SAS pour un projet photovoltaïque
Cédric Malicot a créé une SAS (société par actions simplifiée) pour vendre l’électricité produite par les panneaux de ses bâtiments. « La SAS va louer les bâtiments à l’EARL et moi, je reste propriétaire à titre personnel des terrains. Mais généralement, le terrain est vendu à la SAS qui est propriétaire du bâtiment et de l’énergie. »
La création d’une SAS est un montage très fréquent en cas d’installation de panneaux photovoltaïques sur une toiture agricole. Cette structure permet de séparer juridiquement l’activité agricole de la production d’électricité, qui relève d’une activité commerciale. Les revenus issus de la vente d’électricité ne sont ainsi pas intégrés directement dans le résultat de l’exploitation. Ce montage présente aussi un intérêt fiscal et financier. En logeant l’investissement dans une société distincte soumise à l’impôt sur les sociétés, l’exploitant évite que l’activité énergétique ne pèse sur le régime fiscal ou social de la ferme.
La SAS facilite également le financement bancaire, car elle porte l’investissement et la dette liés à la centrale photovoltaïque. Enfin, cette structure permet de limiter les risques pour l’exploitation agricole et offre une souplesse pour accueillir d’éventuels partenaires dans le projet.