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Maïs grain : une récolte 2025 qui s'annonce correcte mais hétérogène

La récolte de maïs 2025 s’annonce globalement correcte, avec de très bons rendements attendus en irrigué mais de fortes disparités en pluvial selon les régions et les types de sols. Une campagne qui rappelle à nouveau l’importance de la disponibilité en eau pour la filière.

<em class="placeholder">Parcelle de maïs dans le Sud-Ouest.</em>
L'irrigation a permis de répondre au fort besoin en eau des maïs lors des fortes chaleurs de juin dans certains secteurs du Sud.
© MC. Bidault

Les récoltes de maïs grains ont démarré dans certaines régions avec des cultures qui sont très en avance dans leurs stades de développement. Le rendement moyen (maïs sec et irrigué) est estimé à 90 q/ha, un peu en dessous de la moyenne pluriannuelle, à prendre toutefois avec précaution, car il y a énormément d’écart cette année, énonce Aude Carrera, animatrice filière maïs chez Arvalis. L’hétérogénéité est grande au sein d’une même région, selon les périodes de pluies du printemps et de l’été, les dates de semis, les sols et leurs réserves utiles.

De bons rendements en maïs irrigué

Les maïs grains irrigués devraient obtenir de bons rendements, estime Aude Carrera. « Les semis se sont bien passés, il y a eu moins de restriction d’eau que d’habitude, le rayonnement a été satisfaisant y compris en zone septentrionale. » L’irrigation a permis de faire face à la canicule de juin, qui a provoqué dans certains secteurs de fortes demandes en eau, avec des ETP (évapotranspiration potentielle) très élevées jusqu’à 9 mm par jour. Sur les semis précoces des zones méridionales qui ont subi de fortes températures, la sensibilité au stress hydrique à la floraison a été importante et l’irrigation a été déclenchée précocement pour répondre au besoin des plantes.

« Un maïs qui a de l’eau au pied peut affronter des températures très élevées, jusqu’au-delà des 40 degrés », explique Franck Laborde, président de l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs). Par contre, une situation de stress thermique autour de la floraison, cumulée à un stress hydrique, peut avoir des conséquences importantes en termes de fécondation. Les effets de la canicule du mois d’août sont assez faibles sur les situations de maïs irrigués, sauf dans les secteurs où il y a eu des restrictions, avec un impact possible sur le remplissage des grains.

De gros écarts attendus en maïs pluvial

La situation est différente en maïs grains pluvial car certaines régions n’ont pas eu beaucoup d’eau, comme le Poitou-Charentes, les Pays de la Loire, le Berry, ou encore la Bourgogne, indique Aude Carrera. « Les plantes ont adapté leur gabarit avec de plus petites tailles, de petits épis et la différence s’est faite sur la réserve utile du sol. » Ces propos sont confirmés par Céline Drillaud, ingénieure Arvalis Poitou-Charentes, pour qui il va y avoir une grande variabilité de rendement selon les types de sol et les dates de semis. Dans certaines situations, la floraison est tombée au moment des pluies, alors que dans d’autres, la plante a cumulé stress thermique et stress hydrique au stade critique. Les fortes températures ont eu pour effet de griller des soies, de rendre le pollen infertile, d’où de gros problèmes de fécondation.

En descendant dans le Sud-Ouest, où il y a eu de l’eau régulièrement au printemps, mais très peu pendant l’été, les pertes de rendements peuvent être conséquentes, indique Aude Carrera. C’est aussi le cas à l’Est, dans la Vallée du Rhône notamment, où la canicule du mois d’août a duré une dizaine de jours dans certains secteurs avec des températures très élevées. Dans ces conditions, la plante non irriguée s’est arrêtée de fonctionner, avec une interruption précoce du remplissage des grains et en conséquence de petits PMG (poids de mille grains) à la récolte.

De bonnes surprises sur les maïs du nord de la France

Dans les autres régions, les maïs conduits en sec ont souvent eu la chance d’atteindre le stade floraison au bon moment, à des périodes moins chaudes. Le mois de juillet s’est situé dans la normale et le mois d’août a vu le retour des pluies, à un moment où le maïs était encore en phase de remplissage, ce qui a été bénéfique pour les potentiels. Anne-Sophie Colard, ingénieur Arvalis région Nord, indique que dans son secteur, les maïs, tous conduits en sec, sont très en avance avec des récoltes qui vont démarrer dès cette semaine en Picardie. « Nous avons eu un temps très sec en mai et juin, mais heureusement les pluies sont revenues à partir de la mi-juillet avec une baisse des températures. Nous sommes agréablement surpris par les potentiels de rendement, que nous pressentons très bons autour de 95 à 100 q/ha. »

Des prix du maïs qui restent bas

Le président de l’AGPM estime que la campagne 2025 est plutôt positive avec des pluies qui sont arrivées au bon moment, et une canicule du mois d’août qui a eu relativement peu d’impact sauf dans certains secteurs du Sud. Se pose désormais la question des prix : « En irrigués, nous nous attendons à de très belles performances partout en France, les marges seront positives. Mais si les prix n’atteignent pas les 200 €/t, nous serons en dessous des coûts de production complets et nous n’entrevoyons pas d’embellie. » Les résultats économiques seront donc ponctuellement très mauvais sur certains maïs conduits en sec. Face à des cours qui restent bas, Anne-Sophie Colard se félicite pour sa part d’une récolte 2025 qui démarre tôt avec des maïs très secs, se rappelant les coûts élevés de la récolte 2024 liés au séchage.

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