Loi d’urgence agricole : en betterave, le texte ouvre la voie à la flupyradifurone en enrobage de semences mais pas à l'acétamipride
Le projet de loi d’urgence agricole adopté dans la nuit du 20 au 21 juillet ouvre la voie à une utilisation dérogatoire de la flupyradifurone en enrobage de semences de betteraves. Le dispositif doit encore être finalisé avant de pouvoir être concrètement mis en œuvre.
Le projet de loi d’urgence agricole adopté dans la nuit du 20 au 21 juillet ouvre la voie à une utilisation dérogatoire de la flupyradifurone en enrobage de semences de betteraves. Le dispositif doit encore être finalisé avant de pouvoir être concrètement mis en œuvre.
La flupyradifurone pourrait faire son retour dans la protection des betteraves à sucre alors que la matière active était interdite d’usage en France depuis le 1er septembre 2018 (mais autorisée dans l’Union européenne). Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adopté par l’Assemblée nationale prévoit de rouvrir la possibilité de dérogations pour cette substance active. La même décision a été prise pour l’acétamipride, mais elle ne concernera que la filière noisette.
Le texte ne vaut donc pas autorisation immédiate : la flupyradifurone ne pourra être utilisée que de manière temporaire, et avec l’accord de l’Anses.
Un insecticide systémique appliqué sur la semence de betterave
La flupyradifurone est un insecticide systémique, qui appartient à la famille des buténolides, qui agissent sur le système nerveux des insectes. Elle n’est pas un néonicotinoïde au sens strict même si son mode d’action est proche de celui de cette famille. L’objectif principal est de lutter contre les pucerons, notamment ceux qui transmettent les virus responsables de la jaunisse.
Dans le cas de la betterave, l’intérêt recherché est son utilisation en traitement de semences. La plante bénéficie ainsi d’une protection systémique au début de son développement, évitant une contamination précoce qui peut avoir des conséquences importantes sur le rendement. Pour les betteraviers, l’intérêt est de disposer d’une protection initiale, sans attendre l’apparition des pucerons et le déclenchement d’un traitement insecticide en foliaire.
Une utilisation encore hypothétique de la flupyradifurone pour les prochains semis de betterave
Le dispositif retenu par le Parlement repose sur un régime de dérogation, et non sur une réautorisation générale et définitive de la matière active en France. La possibilité de déroger à l’interdiction est encadrée dans le temps et concerne uniquement certaines filières confrontées à des impasses techniques, comme la betterave sucrière. Le compromis parlementaire prévoit également l’intervention de l’Anses dans le processus.
Le vote de la loi ne signifie donc pas que les betteraviers peuvent dès maintenant commander et semer des graines enrobées de flupyradifurone. Il crée le cadre législatif permettant d’envisager des dérogations, sous réserve du respect des conditions prévues par le texte et des décisions réglementaires qui devront suivre. Elles concerneront les modalités précises des éventuelles dérogations, les usages concernés, les conditions d’emploi et le calendrier de mise à disposition des semences. La filière devra également attendre de savoir si les conditions fixées permettront une utilisation suffisamment en amont des prochains semis de betteraves.