Dans le Loir-et-Cher : « J’estime que mon couvert végétal restitue 60 à 70 % de son azote à mes cultures d’été »
Patrice Morand est producteur de grandes cultures bio à Villerbon (41). En interculture longue, il implante un couvert constitué de féverole et phacélie pour restituer un maximum d'azote à la culture suivante.
Patrice Morand est producteur de grandes cultures bio à Villerbon (41). En interculture longue, il implante un couvert constitué de féverole et phacélie pour restituer un maximum d'azote à la culture suivante.
« Avant mes cultures de printemps, je sème un couvert constitué de féverole et de phacélie dont je produis les semences. La féverole capte et restitue beaucoup d’azote et la phacélie a un fort pouvoir couvrant et structurant. J’adapte la proportion de chaque plante à la culture qui suit. Avant une culture exigeante comme du maïs et dans une moindre mesure du tournesol, je sème un mélange constitué de 180 kg de féverole et 3 kg de phacélie.
Avant un soja, je me contente de 100 kg de féverole avec 5 kg de phacélie, et quand j’ai des semences disponibles, je rajoute du triticale ou du seigle à raison de 50 kg. Cela permet de limiter la restitution d’azote avant un soja, peu exigeant sur ce point, tout en améliorant la structure du sol grâce au système racinaire fasciculé de la céréale.
Je sème mon couvert tardivement, fin octobre – début novembre, pour éviter que la féverole ne soit touchée par les maladies hivernales, ce qui est fréquent avec des semis de fin septembre. Le couvert est détruit généralement fin avril, pour avoir le plus de biomasse et restituer le maximum d’azote. Je fais un passage d’outils à disques, suivi soit d’un labour la semaine suivante, soit d’un second passage d’outils à disques ou à dents avant le semis de la culture.
Avec des hivers de plus en plus doux, j’arrive à produire 3 à 5 tonnes de matière sèche à l’hectare, soit environ 100 à 150 unités d’azote contenues dans le couvert avant sa destruction. À partir de ces valeurs, j’estime que pour des cultures d’été irriguées (donc des conditions humides), 60 % de l’azote va être restitué à la culture en sols argilo-calcaires (soit 60 à 100 unités), et jusqu’à 70 % en sols sableux.
J’adapte la fertilisation en conséquence : en maïs, je fais un apport de fientes de volaille avant semis à raison de 4 t/ha au lieu de 7-8 t/ha sans couvert, et en tournesol, aucun apport. Pour la prochaine campagne, je vais intégrer dans mon mélange de la vesce, pour sa capacité à produire encore plus d’azote que la féverole et leur complémentarité en termes d’occupation de l’espace. »