Aller au contenu principal

Grandes cultures 2026 : les surfaces de maïs grain plongent, celles du colza s’envolent

Les premières estimations d’Agreste sur la sole nationale de grandes cultures font état d’un fort recul du maïs grain qui perd 170 000 hectares sur un an. À l’inverse, les oléagineux, portés par un colza au plus haut depuis 5 ans, gagnent du terrain sur l’ensemble du territoire.

Parcelle de colza en fleur.
La sole de colza progresse de 9 % en un an et de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale.
© MC. Bidault

Agreste, le service statistique du ministre de l’Agriculture, dresse au 1er mai une première photographie de l’assolement 2026 en grandes cultures marqué par des bouleversements importants. Les surfaces de maïs grain sont en net recul, tout comme, dans une moindre mesure, celles de betteraves et de pommes de terre. A contrario, les oléagineux progressent fortement, tandis que les céréales à paille et les protéagineux restent, eux, globalement stables. ​​​​​​

Baisse historique de 11 % des surfaces de maïs grain

Avec 1,44 million d’hectares (Mha) pour cette campagne 2026, la sole nationale de maïs grain (y compris semences) recule de près de 11 % par rapport à 2025, et se retrouve 4 % sous la moyenne des cinq dernières années. Cette forte baisse s’inscrit dans une tendance de fond amorcée depuis le pic de 2013. 

Les raisons de ce décrochage sont multiples. Les mauvais rendements de 2025 dans plusieurs régions (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire) en l’absence d’irrigation ont incité les producteurs à se tourner vers d’autres cultures. Par ailleurs, la forte hausse des prix de l’azote et du GNR lié à la guerre au Moyen-Orient a contribué aussi à renforcer cette tendance. Une partie des surfaces a donc basculé vers le tournesol ou le soja, cultures moins gourmandes en intrants et en eau.

La chute est particulièrement marquée dans le grand Ouest : -30 % dans les Pays de la Loire, -16 % en Bretagne, -13 % en Midi-Pyrénées, -12 % en Poitou-Charentes. Les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes résistent mieux. Seul point positif, début mai les semis affichaient un niveau d’avancement supérieur au calendrier habituel, avec 86 % des surfaces emblavées contre 77 % à la même date en 2025.

Les surfaces dédiées au maïs semence diminueraient légèrement sur un an (- 2,5 %), restant nettement en retrait par rapport aux campagnes 2021 à 2023. Le maïs fourrage suit la même tendance, avec un léger recul sur un an à 1,18 Mha. Le sorgho grain, lui, limite la chute à -3,6 %, mais reste 9 % sous sa moyenne quinquennale.

155 000 ha d’oléagineux en plus

Les oléagineux sont les grands gagnants de cette campagne. Les surfaces totalisent 2,29 Mha, en progression de 7,3 % sur un an, dépassant de 4,2 % la sole moyenne 2021-2025. Le colza est le moteur de cette dynamique : il atteint 1,38 Mha, soit + 9 % sur un an et + 12 % par rapport à la moyenne quinquennale, une évolution qui confirme le regain d’intérêt des agriculteurs pour cette culture.

Le tournesol (0,72 Mha) et le soja (0,16 Mha) rebondissent plus modestement, avec respectivement + 4,7 % et + 4,0 % sur un an, leurs surfaces restant néanmoins en retrait par rapport à la moyenne 2021-2025. En régions, l’Aquitaine se distingue avec une très forte hausse des surfaces de tournesol (+ 24 % sur un an), suivie par la Bourgogne-Franche-Comté (+ 12 %) et dans le Nord-Ouest, où la production reste toutefois très limitée. A contrario, en Poitou-Charentes et dans le Centre, les surfaces sont stables, voire en légère baisse.

Betteraves et pommes de terre en repli

Les surfaces de betteraves sont estimées à 378 000 ha, en baisse de 5 % sur un an. Les pommes de terre de conservation et demi-saison reculent dans les mêmes proportions (-5,3 %), à 182 000 ha, même si elles restent (pour les pommes de terre de conservation), 10 % au-dessus de la moyenne 2021-2025. Les pommes de terre de féculerie continuent leur lente érosion, à 10 000 ha seulement.

Relative stabilité en céréales à paille et protéagineux

Le blé tendre progresse légèrement (+ 2,6 % sur un an, à 4,61 Mha), sans toutefois retrouver son niveau moyen 2021-2025 (-0,4 %). L'orge et escourgeon recule de 1,5 %, à 1,77 Mha. Le blé dur se stabilise à 222 000 ha (+ 0,3 % sur un an), mais reste largement sous sa moyenne quinquennale (-10,7 %).

Les surfaces de protéagineux (pois et fèverole) sont à un niveau quasiment stable sur un an à 272 Mha, mais en léger retrait (-1,6 %) par rapport à la période 2021-2025. Enfin, les jachères, sont pour l’instant estimées stables à 494 Mha, mais cela reste à confirmer.

En Europe aussi, le maïs recule au profit du colza

À l’échelle européenne, la tendance est similaire. La sole de maïs grain dans l’UE diminuerait de plus de 2 % sur un an, principalement du fait des réductions françaises et polonaises, malgré un fort rebond des semis en Bulgarie. À l’inverse, le colza et le tournesol européens progressent d’environ 3 % dans la quasi-totalité des grands pays producteurs.

Les plus lus

<em class="placeholder">Sébastien Legrand, agriculteur à Couvertpuis (Meuse)&quot;Avant le semis d’automne, il est très rare d’avoir recours au glyphosate. Je remplace cet herbicide par un ...</em>
Glyphosate : « Je remplace l’herbicide par des passages de vibroculteur avant semis sur mon exploitation dans la Meuse, avant tout pour des raisons environnementales »

Agriculteur à Couvertpuis (Meuse), Sébastien Legrand utilise le glyphosate comme une solution de secours quand les conditions…

<em class="placeholder">hangar agricole. entrepôt de matériel et stockage du grain à la ferme. silos. silo. récolte de céréales. machines agricoles. équipement. Calvados.</em>
Attention aux changements de destination des hangars agricoles
Le stockage à la ferme pour des tiers peut s’avérer rentable mais aussi risqué en cas de bail rural et impactant fiscalement.
<em class="placeholder">Philippe Brousse, conseiller transition énergétique à la chambre d’agriculture de la Dordogne.</em>
Photovoltaïque : « Avec les nouveaux tarifs d’achat de l’électricité, il faut des projets sur bâtiments de plus de 100 kWc pour espérer une rentabilité »

Philippe Brousse est conseiller transition énergétique à la chambre d’agriculture de la Dordogne. Il explique les conséquences…

<em class="placeholder">Damien Beaujouan, agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), &quot;Je laboure mes terres tous les trois ans en veillant à ne pas faire un travail trop profond, moins de 20 ...</em>
Maïs : « Le faux semis est le levier le plus efficace pour réduire la densité de ray-grass dans mes champs »

Agriculteur à Roches (Loir-et-Cher), Damien Beaujouan combine désherbage chimique et techniques agronomiques pour…

Glyphosate : « Les conditions permettent souvent de me passer de l’herbicide et de le remplacer par des destructions mécaniques des adventices »

Agriculteur à Issoncourt (Meuse), Xavier Bazart utilise au minimum les produits phytosanitaires. Il est dans une démarche…

<em class="placeholder">Antonin Ayrault agriculteur à Rives-d’Autise, en Vendée, dans un champ de colza, avril 2026</em>
Installation : « J'ai pris un an de réflexion pour bâtir mon projet et m'installer dans de bonnes conditions sur l'exploitation familiale en Vendée »
Antonin Ayrault s’est installé sur la ferme familiale à Rives-d’Autise, en Vendée, le 1er janvier 2026. Il…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures