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Moisson 2026 : une production d'orge d'hiver annoncée en hausse de 8 % et une récolte de colza stable

Les premières estimations de récolte publiées par Agreste le 16 juin donnent une production française d'orge d'hiver 2026 en hausse de 8 % sur un an et une récolte de colza stable. Le ministère confirme la forte baisse des surfaces de maïs grain, en recul de 19 %, et une progression nette des oléagineux. Les terres mises en jachères augmentent, elles, de 4 % sur un an. 

Parcelle d'orge d'hiver à maturité.
La production d'orge d'hiver est principalement portée par la progression des surfaces en hausse de 13 %.
© MC. Bidault

Agreste, le service statistique du ministre de l’Agriculture, dresse une nouvelle photographie de l’assolement 2026 en grandes cultures et donne ses premières estimations de récolte. La production d'orge d'hiver s'annonce en hausse, alors que celle de colza serait stable. Les surfaces de maïs grain sont en net recul, tout comme, dans une moindre mesure, celles de betteraves et de pommes de terre. A contrario, les oléagineux progressent fortement, tandis que les céréales à paille et les protéagineux restent, eux, globalement stables. 

Hausse de 8 % de la production des orges d'hiver

Les récoltes d'orges d'hiver ont débuté très précocement, compte tenu de la vague de chaleur qui a accéléré le développement des plantes. La première estimation de la production nationale d’orges d’hiver s'élève à 9,0 Mt (millions de tonnes), soit une augmentation de 8 % sur un an, sous l’effet de la hausse des surfaces (+ 13 %) et malgré un rendement attendu en recul (67,2 q/ha, contre 70,0 q/ha en 2025), en restant toutefois supérieur (+ 1 q/ha) à la moyenne des cinq campagnes précédentes. A noter par contre, le fort recul des surfaces des orges de printemps (- 29 % sur un an). 

« À ce stade, les prévisions de rendements restent encore fragiles, le remplissage des grains n’étant pas achevé au nord du pays et les premières moissons ayant juste commencé sur les parcelles les plus avancées des régions méridionales », précise le ministère. Il ajoute que « les conditions des cultures sont jugées meilleures qu’en 2025, mais il est difficile de mesurer les conséquences de l’épisode de forte chaleur de la fin du mois de mai »

La sole 2026 de blé tendre progresserait elle seulement de 3 % sur un an, dans la moyenne des campagnes 2021 à 2025. Les surfaces de blé dur et d’avoine diminueraient de respectivement - 6 % et - 17 % sur un an, en raison du recul des semis de printemps. Globalement, les surfaces de céréales en 2026 seraient en retrait de 4 % par rapport à la moyenne des cinq campagnes précédentes. 

Une récolte de colza stable à 4,65 Mt

Les oléagineux sont les grands gagnants de cette campagne. Les surfaces totalisent 2,38 Mha, en progression de 11,5 % sur un an, dépassant de 8 % la sole moyenne 2021-2025. Le colza est le moteur de cette dynamique : il atteint 1,42 Mha, soit + 12 % sur un an et + 15 % par rapport à la moyenne quinquennale.

En conséquence, même si la production de colza est attendue quasiment stable par rapport à 2025 à 4,65 Mt, elle dépasse de 13 % la moyenne des cinq dernières années. La forte augmentation des surfaces compense la baisse des rendements, estimée à 32,8 q/ha pour 2026 (contre 36,6 q/ha en 2025). Cette baisse touche l’ensemble des régions, mais elle est particulièrement marquée en Poitou-Charentes (- 24 %) et dans une large partie de l'Est de la France avec jusqu’à - 29 % en Franche-Comté. La baisse serait cependant plus modérée dans le Centre, première région productrice (- 4 %). 

La culture du tournesol progresserait de près de 11 % sur un an, tandis que les surfaces des autres oléagineux augmenteraient de 36 % sur un an, retrouvant les niveaux de 2023 et 2021.

Baisse historique de 11,5 % des surfaces de maïs grain

Avec 1,31 million d’hectares (Mha) pour cette campagne 2026, la sole nationale de maïs grain (y compris semences) recule de près de 19 % par rapport à 2025, et se retrouve 13 % en dessous de la moyenne des cinq dernières années. 

Les raisons de ce décrochage sont multiples. Les mauvais rendements de 2025 dans plusieurs régions (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire) en l’absence d’irrigation ont incité les producteurs à se tourner vers d’autres cultures. Par ailleurs, la forte hausse des prix de l’azote et du GNR lié à la guerre au Moyen-Orient a contribué aussi à renforcer cette tendance. Une partie des surfaces a donc basculé vers le tournesol ou le soja, cultures moins gourmandes en intrants et en eau.

La chute est particulièrement marquée dans l'Ouest : - 35 % en Poitou-Charentes, - 33 % dans les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire, - 29 % en Normandie, - 22 % en Midi-Pyrénées. En Aquitaine, première région de production, la sole reculerait de 16 %. Seuls certains départements des frontières du nord et de l’est du pays conserveraient une sole de maïs grain comparable à celle de 2025. 

Plus généralement, les céréales d’été accentuent leur recul. Les surfaces de sorgho grain diminueraient de 46 % sur un an (- 49 % par rapport à la moyenne quinquennale), à 34 000 ha, un plus bas de près de quarante ans.

Protéagineux, betteraves et pommes de terre en repli

Côté protéagineux, les surfaces (pois et fèverole) sont en baisse de 2,2 % sur un an, à 268 Mha, et en recul de 3 % par rapport à la période 2021-2025. Les surfaces de fèveroles progressent (+ 5,4 %) alors que celles des pois reculent (- 7,4 %). 

Les surfaces de betteraves sont, elles, estimées à 373 000 ha, en baisse de 6 % sur un an. Les pommes de terre de conservation et demi-saison reculent de 13 %  pour revenir à leur niveau moyen de la période 2021-2025. 

Des jachères en hausse de 4 %

Agreste prévoit une hausse des surfaces de jachères de 4 % en 2026 à 0,515 Mha, alors qu'il prévoyait un léger recul de 0,2 % à 0,494 Mha, au 1er mai dernier. Il s'agirait d'une hausse de 20,6 % par rapport à la moyenne 2021-2025. 

 

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