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Une demande mondiale supérieure à l'offre

La forte demande pousse la concurrence entre marchés consommateurs européens mais aussi mondiaux. L'avocat devient difficile à sourcer.

La consommation d'avocats en Europe ne cesse de progresser. Selon les chiffres de l'Observatoire des marchés du Cirad, en 2014, elle a atteint une moyenne record de 770 g/habitant/an. Le leader français a encore progressé (1,5 kg/ habitant). La Scandinavie, troisième marché européen en termes de volume mais le premier ramené au nombre d'habitants, a consommé 1,9 kg/habitant. Le Royaume-Uni, deuxième marché européen, est monté à 900 g/habitant et l'Allemagne, en forte progression également, a atteint 400 g. « En 2015, on prolonge les tendances, souligne Eric Imbert, responsable de l'Observatoire des marchés. La France et la Scandinavie continuent leur croissance tranquillement. Et on a toujours de grosses progressions sur le Royaume-Uni et l'Allemagne. C'est en partie dû au hass mûr à point, mais aussi à l'attitude de la distribution qui est favorable pour le produit avocat. »

« L'avocat est sorti du rayon exotiques il y a dix ans. Il est fort probable que ce fruit devienne une “commodity”, un produit de consommation courante, comme l'est la banane », estime Anthony Langlais, import manager chez AZ France. La consommation d'été se développe beaucoup avec les salades, le guacamole. « Sur les marchés européens matures comme la France, la consommation a beaucoup progressé depuis que l'on vend des avocats mûrs ou tournants car cela joue sur l'achat d'impulsion et l'achat est renouvelé plus rapidement », souligne Gabriel Burunat, président-directeur général de Commercial Fruits. Il y a aussi un développement sur des marchés comme l'Allemagne – qui consommait peu et surtout des variétés lisses – depuis qu'ils ont découvert le hass. Et le potentiel est très important sur des marchés qui ne consomment encore que peu d'avocats comme en Europe de l'Est ou en Italie, qui ont confirmé leur réveil (avec respectivement 208 g et 150 g/habitant en 2014). « Cela fait deux saisons que l'on observe ces progressions, avec une hausse des volumes et des prix, c'est donc une vraie tendance qui va se confirmer les prochaines années », analyse Gabriel Burunat.

Promotion en Europe ?

Il n'y a pas de promotion publicitaire en Europe car il n'y a pas de budget comme aux Etats-Unis. Un organisme s'est récemment créé, le World Avocado Organization, afin de promouvoir l'avocat sur les marchés européens. Certains des pays producteurs y ont adhéré (Pérou, Afrique du Sud, Brésil, Mexique, Etats-Unis). A la différence du HAB (Hass Avocado Board, aux Etats-Unis), les cotisations ne seraient pas prélevées sur les volumes vendus mais directement prélevées à l'origine. « Cela va permettre de faire de la promotion en Europe.

La consommation a déjà beaucoup progressé grâce au bouche-à-oreille, la presse féminine et culinaires, les nouvelles habitudes alimentaires comme les sushis, alors avec de la pub, ça va exploser », prédit Philippe Mendez. J. C.

Les marchés asiatiques découvrent avec intérêt le produit avocat et paient déjà de très bons prix.

La Chine, une menace potentielle

 

On a beau planter toujours plus d'avocats partout dans le monde, aujourd'hui la croissance de la demande mondiale est supérieure à la progression de l'offre. C'est une tendance ferme pour au moins deux-trois années. L'avocat va devenir de plus en plus difficile à sourcer et des situations de manque pourraient survenir régulièrement. « A voir si la consommation atteint son maximum dans les pays développés et si elle se développe peu sur les marchés émergents, mais on ne le verra pas avant cinq-dix ans », analyse Olivier Fakhri, directeur commercial chez Georges Helfer.

 

Car l'avocat plaît sur tous les marchés. L'inquiétude n'est pas commercial mais de nature sourcing. « C'est plus difficile d'avoir de l'avocat que de le vendre », résume Philippe Mendez, directeur général de RG France. C'est pourquoi les opérateurs s'impliquent de plus en plus en production. Attention aux phénomènes de pénurie sur les marchés européens ! L'arbitrage des fournisseurs se fait traditionnellement entre le marché européen, américain et local. Et bien souvent, c'est le marché américain qui fait le marché européen. Mais l'intérêt émergent des marchés asiatiques pour le produit avocat commence à inquiéter. « Le Japon est un marché traditionnel, qui s'approvisionne en Californie puis au Mexique, explique Anthony Langlais. Plutôt fermés pour des raisons phytos, Pérou, Chili, Nouvelle-Zélande et dans une moindre mesure Australie souhaitent y accéder. » L'Asie et surtout la Chine au regard de sa population sont vues comme une menace potentielle par les importateurs européens. Ces marchés sont encore faibles mais les volumes importés doublent tous les ans. Et ils payent déjà chers.

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