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En Ardèche : « L’éplucheuse à asperge fait gagner un poste et demi »

Si vendre des asperges épluchées est un standard en Allemagne, cette offre est encore peu développée en France. Pour dynamiser leurs ventes, certains producteurs se lancent et s’équipent d’une éplucheuse à asperge. Retour d’expérience de Patrick Raoux, producteur d'asperges en Ardèche.

<em class="placeholder"> Stéphane Allix, responsable du magasin Le Village des producteurs à Aubenas et Patrice Raoux, producteur d&#039;asperges en Ardèche.</em>
Patrice Raoux (à droite) présente les asperges épluchées qu'il livre à Stéphane Allix, responsable du magasin Le Village des producteurs à Aubenas.
© P. Raoux

Patrice Raoux produit 6 tonnes d’asperges blanches, à Rochecolombe, en Ardèche, sur 2,5 hectares et les vend en direct. Une activité de diversification qu’il a développée en complément de la vigne. Il était équipé d’une calibreuse mais « mettre propre les asperges pour les vendre nickel » demandait beaucoup de travail manuel. Il a vu dans l’éplucheuse à asperge une solution pour gagner du temps tout en apportant un plus à ses clients. Désormais, toutes les asperges qu’il vend passent dans la machine, celles vendues sur place comme celles livrées à la boutique Le Village des Producteurs située à Privas.

Lire aussi : Asperge : « L’éplucheuse nous permet de valoriser les petits calibres »

Après avoir loué une éplucheuse Solo A de Tenrit Foodtec auprès d’Agrivaloire, il a acquis l’appareil en 2025. Il a opté pour un modèle reconditionné qui lui a coûté 15 000 euros HT. « L’éplucheuse enlève 25 % du poids donc on a augmenté le prix au kilo de 25 %. De notre côté, le bénéfice n’est pas sur le prix mais sur la main-d’œuvre. Avant on avait deux ou trois personnes pour préparer les asperges. Maintenant, il faut une personne et demie », explique-t-il. La machine épluche une asperge en une seconde.

« Si l’asperge est fine, il ne faut pas mettre trop de pression, si c’est un gros calibre, on peut en mettre un peu plus. Il faut bien régler la machine. Une grosse asperge à moitié épluchée ce n’est pas commercial », détaille-t-il. Il y a trois réglages possibles.

Renforcer la satisfaction des clients

L’achat de l’éplucheuse renforce aussi sa stratégie de fidélisation et de satisfaction client. Pour assurer la fraîcheur, il livre le magasin de producteurs « tous les jours ». L’abandon de caisses bois pour des caisses en plastique plus petites, « qui ne pompent pas l’humidité », permet d’améliorer encore la conservation des asperges qui sont toutes vendues en vrac. Il a fourni au magasin un vaporisateur d’eau pour que les asperges soient humidifiées au cours de la journée afin de ne pas perdre de poids. « On veille à avoir un produit propre pour ne pas avoir de retours. C’est un petit circuit de vente. Ce qui est récolté un jour est vendu le lendemain et consommé le jour même ou le surlendemain », confie-t-il.

Le producteur a testé la conservation. Il a gardé 1 kilo d’asperges non épluchées et 1 kilo d’asperges épluchées au réfrigérateur. « Au bout de 4 à 5 jours, l’asperge épluchée se déshydrate et on a l’impression qu’il se crée une pellicule fibreuse mais après cuisson, il n’y a pas de différence de texture », constate-t-il.

Il qualifie l’usage de la machine de simple. Elle doit être reliée à un compresseur. Patrice Raoux en avait un mais il peut être fourni avec l’appareil en option. L'éplucheuse se branche sur une prise de 220 V. Pour l’entretien, « on rince la machine à l’eau tous les jours et une fois par semaine, on démonte les couteaux et les rouleaux en mousse qui entraînent l’asperge. Ça prend un peu de temps. Je passe deux jeux de couteaux par saison soit un budget entre 200 et 300 euros », décrit-il.

La machine créée une animation dans son point de vente. « Les clients qui viennent pour acheter voient la machine. Ils aiment voir comment on travaille. On leur parle aussi de notre méthode de récolte au champ », apprécie-t-il.

Choisir le bon modèle

Gagner du temps sur l’épluchage des asperges est un argument commercial alors que le temps de préparation des repas va en diminuant, estime Enya Vermuë, dirigeante d’Agrivaloire qui distribue des éplucheuses à asperge allemandes Tenrit Foodtec. Elle en veut pour preuve l’Allemagne, où les éplucheuses sont répandues dans les points de vente, y compris les grandes surfaces, et où la consommation d’asperges par habitant est trois fois supérieure à celle des Français. Sur le marché français, Agrivaloire croit d’abord au potentiel de cet équipement chez les producteurs qui vendent en direct. S’équiper suppose de répondre au préalable à quelques questions : Quel espace disponible ? L’emplacement est-il prévu dans la boutique ? Accès à l’eau ou modèle autonome avec bac ? Réglage pour un calibre unique ou adaptable ? Location à la saison ou achat d’un modèle neuf ou d’occasion ? …

Le choix se fait entre deux gammes. La gamme Solo A qui compte trois versions (à partir de 4 500 euros à la location et de 24 000 euros à l’achat), épluche différents calibres à partir de 100 mm de longueur, avec un rendement de 3 600 asperges par heure. La Peelmaster, plus compacte, épluche 3 kilos d’asperges par minute, a une autonomie de 250 kilos, se règle pour différents calibres, se loue 4 500 euros ou s’achète neuve à 27 000 euros. Elle peut être mise en libre-service. La version mini (0,66 m2 au sol) a reçu le Sival Innovation 2026 (1 seul calibre, autonomie de 30 kilos, 3 700 euros en location ou 20 500 euros à l’achat). Pour tous les modèles la perte d’épluchage annoncée est de 20 à 30 %.

 

 
<em class="placeholder">Eplucheuse d&#039;asperges Tenrit Foodtec dans un point de vente.</em>
En Allemagne, à la saison des asperges, l'épluchage est proposé dans certaines grandes surfaces. ©Tenrit/Agrivaloire

 

Deux modèles d’éplucheuses d’asperges chez Hepro

[Par Véronique Bargain]

Hepro propose deux modèles d’éplucheuses d’asperges. La Hepro-1800 XL est spécialement conçue pour un usage professionnel dans les magasins à la ferme. Une technologie d’épluchage vertical est déployée : les asperges sont maintenues à la tête, ce qui empêche toute rotation pendant l’épluchage et garantit un résultat uniforme avec seulement 22 à 25 % de perte d’épluchage.

La Spargel to go, plus compacte, conçue à l’origine pour les supermarchés, mais qui a aussi conquis les magasins à la ferme, permet aux clients d’éplucher eux-mêmes les asperges blanches et vertes, à raison de 3 kilos par minute. La perte d’épluchage se limite à 22 %, même pour les asperges tordues. Le bac à déchets peut contenir les déchets de deux tonnes d’asperges.

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