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Potimarron : la thermothérapie post-récolte améliore leur conservation

Le trempage, le trempage semi-industriel ou le douchage réalisés à l’eau chaude permettent de conserver plus longtemps les potimarrons, d’après des essais menés par le CTIFL.

<em class="placeholder">Traitement de potimarrons avec la machine de douchage à l&#039;eau chaude de l&#039;entreprise Crovara. </em>
Pour trouver les meilleurs couples températures-durées à appliquer lors du douchage, le CTIFL a notamment mené des essais avec une machine de l’entreprise Crovara.
© CTIFL

Face à l’apparition de pourritures pendant la conservation des potimarrons, causées notamment par Didymella bryoniae et différentes espèces de Fusarium et Colletotrichum, le CTIFL a testé depuis 2019 deux techniques de thermothérapie qui visent à bien conserver le potimarron jusqu’en mars-avril, un enjeu économique pour les maraîchers.

Le trempage à l’eau chaude

Immerger les potimarrons à 58 ou 60 °C pendant deux minutes prolonge leur conservation d’au moins deux mois, d’après des expérimentations du CTIFL. Ces couples températures-durées apparaissent comme les plus efficaces.

D’abord, en trempant les potimarrons à 58 ou 60 °C pendant deux minutes, 98 à 100 % de ces courges sont saines trois mois après. C’est mieux que les potimarrons témoins (80 à 100 % selon la synthèse de quatre essais).

Mais l’effet de l’immersion est surtout impressionnant après cinq mois de conservation. « Selon le lot, il est encore possible de commercialiser entre 73 et 100 % de fruits, ce qui est quasiment équivalent aux résultats obtenus pour les lots témoins après seulement trois mois de conservation », indique le CTIFL. Mieux : certains lots trempés ont été conservés six à sept mois, soit jusqu’en mars-avril, avec moins de 20 % de pertes.

Chez les potimarrons témoins, au bout de cinq mois, il n’y avait plus que 13 % de fruits sains et commercialisables dans le lot le moins bien conservé, 67 % dans le mieux conservé.

Trempage semi-industriel à 60 °C pendant deux minutes

Pour approfondir, le CTIFL a ensuite réalisé un essai à grande échelle sur des potimarrons récoltés en septembre 2021. « Cet essai de trempage à l’échelle semi-industrielle confirme l’intérêt de cette technique pour prolonger la conservation du potimarron d’environ un mois et demi comparée aux méthodes traditionnelles de stockage, affirme le centre technique. Cependant, l’efficacité du traitement à échelle semi-industrielle est inférieure à celle observée dans les essais expérimentaux et réalisés juste après la récolte. » Il faut savoir qu’ici, les cucurbitacées ont été immergées tardivement, un mois après la récolte, à cause du délai de mise à disposition des palox de potimarrons.

Pour cet essai semi-industriel, la machine de trempage était celle de la société Xeda International. Il y avait un lot témoin, un lot trempé à 58 °C durant deux minutes et un lot trempé à 60 °C également pendant deux minutes. Les potimarrons étaient conservés à 13 °C (plus ou moins 0,5 °C) avec une humidité relative de 70 à 75 %. « Après quatre mois, rapporte le CTIFL, dans les palox témoins secs et ceux trempés à 58 °C pendant deux minutes, le taux de perte est supérieur à 20 %, ce qui est la limite maximale acceptable. Dans les palox trempés à 60 °C pendant deux minutes, les pertes ne sont que d’environ 3 %. » Ce n’est pas tout : au bout de cinq mois (mi-mars), le taux de perte des potimarrons trempés à 60 °C pendant deux minutes restait sous les 20 %.

Le douchage à l’eau chaude des potimarrons

Une autre solution est le douchage. Il a fallu trouver les meilleurs couples températures-durées (différents de ceux du trempage) notamment pour ne pas décolorer les potimarrons.

Pour cela, le CTIFL a mené des essais à partir de 2021 avec une machine de douchage de l’entreprise Crovara. « Les meilleures efficacités sont obtenues avec les couples température/durée de 58 °C pendant deux minutes et 59 °C pendant une minute, conclut-il. Avec ces paramètres, le taux de potimarrons non commercialisables est inférieur à 20 % après cinq mois de stockage et certains fruits restent sains au-delà de six mois ». C’est beaucoup mieux que les lots témoins (non-traités) : après cinq mois de conservation, il y a eu 43 % de pertes en 2021, 90 % en 2022 et 60 % en 2023. Avant de généraliser le douchage, selon le CTIFL, il faudrait encore le valider à l’échelle industrielle sur un plus grand nombre de lots de potimarrons.

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