Maraîchage : « Nous n’avons pratiquement plus de problème de puceron »
Producteur de légumes en Vendée, Marco Altamirano a réglé son problème de puceron grâce aux plantes de service.
Producteur de légumes en Vendée, Marco Altamirano a réglé son problème de puceron grâce aux plantes de service.
« Pendant longtemps, les pucerons sur poivron et aubergine ont été notre principal problème, explique Marco Altamirano, producteur de légumes bio à Challans, en Vendée. Mais depuis deux ans, grâce aux plantes de service, nous n’en avons pratiquement plus, alors qu’il y a encore eu beaucoup de pucerons chez nos voisins en 2025. » Avec son associé Romain Sochard, Marco Altamirano cultive 40 hectares de légumes de plein champ et 8 000 m2 de légumes sous abri, tous destinés à alimenter des paniers bio livrés en Angleterre, notamment en avril-mai, période creuse pour les légumes bio là-bas. « Au printemps, sous abri, nous cultivons d’abord des salades, épinards, pakchoïs, radis, plantés ou semés en janvier-février pour une récolte jusqu’à début avril. Puis nous implantons mi-avril des poivrons, aubergines et piments, pour une récolte jusqu’à fin septembre mi-octobre. Et nous avions de gros soucis de puceron sur les poivrons et les aubergines. »
Semis d’avoine, de trèfle et de fleurs variées
En 2017, sur l’idée de Maxime Chabalier, conseiller en maraîchage à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, des essais d’implantation de plantes de service pour faire de la lutte biologique par conservation sont donc mis en place sous l’abri. « Nous avons d’abord testé un mélange d’avoine, blé, alysse, tagète, souci, achillée millefeuille et coriandre. Mais l’implantation a été trop tardive. Les cultures ont été infestées de pucerons avant les plantes de service. Nous en avons conclu qu’il fallait implanter les plantes de service plus tôt et avons donc choisi de semer fin janvier début février », expose Marco Altamirano. Depuis 2018, le producteur sème donc un mélange d’avoine et de trèfle violet sous les chéneaux et sur les bords intérieurs de l’abri. « L’avoine germe plus vite que le blé et dure plus longtemps. Elle s’infeste de pucerons qui servent de proies aux coccinelles et parasitoïdes qui arrivent de l’extérieur, peuvent se développer et sont là quand les pucerons des cultures arrivent. Et le trèfle fournit du nectar aux auxiliaires », décrit-il. Le semis est fait manuellement, ce qui prend un peu de temps. Et les plantes bénéficient comme la culture d’une aspersion hebdomadaire. Quand l’avoine arrive à épiaison, elle est fauchée et recouverte d’un paillage plastique. Le producteur, qui fournit également du maïs doux à son client anglais, en cultive désormais un peu sous abri. « Le maïs accueille beaucoup d’auxiliaires », constate-t-il. Enfin, depuis deux ans, une productrice de fleurs comestibles sème des fleurs (soucis, bleuet, cosmos, capucine, rose trémière, achillée millefeuille…) sous certains chéneaux. « Les fleurs attirent des pollinisateurs et des auxiliaires, qui bénéficient aux cultures, et restent en place ou se resèment. Avec les céréales et ces fleurs, nous avons trouvé un équilibre pour ne plus avoir de problèmes de puceron », conclut le producteur.