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Légumes en Bretagne : la Sica Saint-Pol de Léon toujours en crise

Déjà très affectée en 2025, la Sica Saint-Pol de Léon a encore vu son chiffre d’affaires baisser de 22 % depuis novembre. En cause : la météo, la baisse des prix et un manque de compétitivité de la production française.

<em class="placeholder">Dirigeants de la Sica Saint</em>
Olivier Sinquin, directeur de la Sica Saint-Pol de Léon, Marc Kerangueven, président, et Thomas Quillevéré, secrétaire général, sont inquiets pour les légumes de plein champs.
© Sica Saint-Pol de Léon

Du 1er novembre 2025 au 14 février 2026, le chiffre d’affaires de la Sica Saint-Pol de Léon, qui regroupe 485 exploitations pour 686 producteurs, a chuté de 22 %. Si l’oignon et les légumes anciens s’en sortent bien, la baisse est de -18 % en chou-fleur, malgré l’augmentation des volumes de 17 %, le temps doux en Europe favorisant la production dans tous les pays, de -25 % en endive, malgré une baisse des volumes, de -58 % en échalote, touchée par un manque de gestion des marchés, de - 39 % en courge, affectée par des prix bas et des problèmes de conservation.

« C’est la deuxième année consécutive de crise pour le chou-fleur, qui représente 17 % du chiffre d’affaires de la Sica », déplore Marc Kerangueven, président de la Sica Saint-Pol de Léon. Du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, le chiffre d’affaires de la coopérative a été stable à 230 millions d’euros, dont 188 millions d’euros en légumes (-1 %), pour 177 800 tonnes commercialisées. Certains légumes s’en sont bien sortis : la tomate (+ 14 % de chiffre d’affaires), grâce à la contractualisation, une gestion fine des volumes et une consommation au rendez-vous, la salade 4e gamme (+ 13 %), l’échalote (+ 30 %), l’oignon rosé (+ 10 %) ou encore les légumes bio (+ 9 %), portés par une reprise de la consommation. Mais d’autres ont beaucoup souffert, en particulier le chou-fleur (-31 % de chiffre d’affaires, malgré une hausse de 11 % des volumes) et l’artichaut (-15 % en chiffre d’affaires), affecté par les excès d’eau.

La pression de l'augmentation des charges

« Le développement de la production dans tous les pays et les distorsions de concurrence avec les autres pays d’Europe rendent les marchés très compliqués, constate Marc Kerangueven, qui tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois. Et il y a la difficulté à aller chercher de la valeur pour les légumes, alors que toutes nos charges ont augmenté de 10 à 30 % depuis 3-4 ans. Il faut communiquer sur le vrai prix des légumes. » Certains produits progressent toutefois régulièrement à la Sica : la salade, l’oignon rosé, porté par la tresse, les courges et la pomme de terre primeur, qui retrouve du dynamisme avec le retrait des anti-germinatifs pour la pomme de terre de conservation. La myrtille se développe également, avec 20 tonnes commercialisées en 2025 et un potentiel de 120 tonnes en 2028-2029.

Renforcer l'accompagnement des producteurs

La Sica renforce aussi l’accompagnement des producteurs pour assurer les transitions nécessaires, avec un soutien à l’installation-transmission, un soutien administratif et ressources humaines, un soutien économique et des incitations à l’innovation et la diversification. Récemment, elle a encore créé un fond coopératif en partenariat avec les banques pour accompagner les investissements durables, mis en place une Assurance multirisque Climatique, une Assurance récolte et prochainement une Assurance sanitaire. L’accompagnement pour les employeurs de main-d’œuvre a aussi été renforcé, avec un conseil pour les aider à structurer leur exploitation, un partenariat avec France Maroc recrutement ou encore l’investissement de la Sica dans des logements pour les saisonniers. « Mais nous sommes très inquiets pour les légumes de plein champ », insiste Marc Kerangueven.

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