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« L’intelligence artificielle appliquée à l’agriculture n’est pas une option mais une nécessité stratégique », selon le CGAAER

Dans un rapport récemment publié, une mission du CGAAER pointe l’intérêt stratégique de l’intelligence artificielle (IA) pour l’agriculture et formule des recommandations pour répondre aux grands défis : performance économique, renouvellement générationnel, changement climatique et transition agroécologique.

Robot dans un champ et tracteur image futuriste générée par l'IA
Une mission du CGAAER a analysé l’intérêt de l’IA pour l’agriculture et a formulé des recommandations pour répondre aux défis qu’elle représente.
© Freepik illustration générée avec l’IA.

« L'IA appliquée à l'agriculture et à l'agroalimentaire n'est pas une option technologique parmi d'autres, c'est une nécessité stratégique », peut-on lire en conclusion du rapport du CGAAER intitulé "L’intelligence artificielle au service de l’agriculture et de l’agroalimentaire". « Soutenir l'innovation en IA, c'est d'abord garantir la souveraineté alimentaire » peut-on encore lire dans ce rapport qui dresse un état des lieux des acteurs, des initiatives et des usages de l’IA dans le champ agricole et agroalimentaire, tant en France qu’à l’international. 

Il s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale pour l’IA, et des travaux visant à renforcer la souveraineté technologique et la compétitivité de la France dans ce domaine.

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L’intelligence artificielle peut aider à simplifier la charge administrative des agriculteurs

Le CGAAER estime que l’IA peut participer à relever « les défis majeurs » de la transition agroécologique et de l’adaptation au changement climatique, renforcer la performance économique des exploitations agricoles et des filières, et apporter ainsi sa contribution à l’objectif global de souveraineté alimentaire. Il ajoute qu’elle est « porteuse de moyens d’action opérationnels pour simplifier fortement la charge administrative dans les exploitations ».

« La France dispose de nombreux atouts pour devenir un leader de l’agriculture connectée »

Selon le rapport, la France, « qui dispose d’indéniables atouts pour devenir un leader de l’agriculture connectée », doit agir rapidement pour créer les conditions favorables au développement d’outils d’IA adaptés aux besoins des territoires et de l’ensemble des acteurs. 

« L’impulsion politique et opérationnelle, portée en 2021 par les ministères de l’Agriculture et du Numérique en faveur de l’écosystème des startups de l’IA agricole, a porté ses fruits et fait émerger de nombreuses innovations à des niveaux de maturité diversifiés », constate le CGAAER. 

A relire : Techniques et technologies innovantes, intelligence artificielle : quelles sont les attentes des agriculteurs ?

Mettre en place une stratégie de l’IA pour l’agriculture

Le rapport appelle à ouvrir un second acte de politique publique, avec la mise en place d’une stratégie de l’IA pour le secteur stratégique de l’agriculture et l’agroalimentaire, orientée vers les filières et les territoires, axe d’une déclinaison sectorielle de la stratégie gouvernementale pour l’IA. Le CGAAER estime que « la mise à disposition des données publiques agricoles doit devenir une priorité pour permettre l’entraînement des IA et le développement de solutions spécifiques à la ferme France ». Et d’ajouter : «  à défaut, nos structures économiques pourraient perdre en compétitivité, ou encore être contraintes d’adopter des modèles d’agriculture « importés » pour pouvoir utiliser les nouveaux outils ».

A relire : L’IA au service des agriculteurs : où en est-on en 2025 ?

Publier les données publiques agricoles via le ministère de l’Agriculture

Le CGAAER estime donc que le première action à mettre en oeuvre consiste à donner la priorité à la publication des données publiques agricoles par les services du ministère de l’Agriculture, ses opérateurs et ses délégataires sur la plateforme publique data.gouv.fr. Il préconise par ailleurs d’élargir les activités de certains des neuf clusters IA nationaux, en intégrant des établissements d’enseignement supérieur agricole, agronomique et vétérinaire. « Cette évolution permettrait de renforcer les liens entre recherche fondamentale, innovation et formation dans le domaine « Agrifood » estime le CGAAER.

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Le CGAAER propose de lancer un Grand défi national consacré à l’intelligence artificielle

Autre proposition du rapport : lancer un Grand défi national spécifiquement consacré à l’IA agricole, et décliné par campagnes thématiques autour de problématiques concrètes identifiées avec les usagers. Au regard de l’analyse de la situation et des besoins recueillis, la mission recommande de « rendre prioritaire l’action sur des outils d’aide à la décision combinant performance économique et environnementale, simplification administrative, ainsi que sur l’agroéquipement ».

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Territorialiser le déploiement de l’IA

Le CGAAER propose aussi de « territorialiser le déploiement de l’IA », en s’appuyant sur des communautés locales qui pourraient être adossées aux EPLEFPA (Établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles). « Elles gagneront à être articulées avec des initiatives qui ont fait leurs preuves, comme les Digifermes ou les Mobilabs » souligne le rapport. Ces centres de ressources auront pour mission d’accompagner concrètement les agriculteurs, de favoriser le partage d’expérience et de produire du conseil sur les responsabilités, la gouvernance des données et les risques associés aux usages de l’IA.

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Un effort de formation initiale et continue est nécessaire

Le rapport estime qu’un « effort massif de formation initiale et continue » est nécessaire. Il entend intégrer l’IA et le numérique dans les formations des EPLEFPA, des écoles et des établissements supérieurs d’enseignement agricole, mais aussi de former les conseillers agricoles, « maillons essentiels du transfert technologique ». Une variété de formats pédagogiques (plateformes numériques, ateliers interactifs, etc.) seront à mobiliser, « avec le recours à des dispositifs attractifs – tels que des « cafés IA » – pour susciter tout particulièrement l’intérêt des jeunes générations appelées à prendre le relais dans les exploitations agricoles » affirme le CGAAER.

Revoir : [Vidéo] L’IA au service des agriculteurs : où en est-on en 2025 ?

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