Cerise et fruits rouges : contre Drosophila suzukii, TerCo CFR veut co-innover
Lancé en 2025, le projet TerCo CFR réunit producteurs, chercheurs et acteurs locaux pour protéger cerises et fruits rouges de la mouche Drosophila suzukii.
Lancé en 2025, le projet TerCo CFR réunit producteurs, chercheurs et acteurs locaux pour protéger cerises et fruits rouges de la mouche Drosophila suzukii.
« La solution face à Drosophila suzukii ne viendra pas de la recherche seule », affirme Simon Fellous, directeur de recherche et élu au conseil scientifique national de l’Inrae. C’est pourquoi l’institut de recherche participe à TerCo CFR, acronyme de Territoire de co-innovation pour une production durable des cerises et des fruits rouges. Ce projet inédit, lancé en 2025 et porté par le Comité stratégique fruits Auvergne-Rhône-Alpes, fédère producteurs, chercheurs et acteurs locaux, en espérant attirer de nouveaux arboriculteurs et maraîchers, sur tous les bassins concernés. Son objectif est de « tester, adapter et combiner des leviers de biocontrôle et d’agroécologie pour réduire l’usage des pesticides, tout en maintenant une production rentable et respectueuse de l’environnement », résume TerCo CFR sur son site.
Tester des inventions
L’axe n° 1 du projet TerCo CFR consiste à tester et affiner les inventions. « On teste par exemple un répulsif en essayant de comprendre son mode et rayon d’action », illustre Simon Fellous.
Expérimenter librement
L’axe n° 2 est l’accompagnement de l’expérimentation libre des producteurs du réseau. « Par exemple, dans la Drôme, une arboricultrice veut tester sur sa parcelle le retrait des cerises laissées au sol, source de propagation de Drosophila suzukii », rapporte le chercheur de l’Inrae. Dans le même but, un producteur des Monts du Lyonnais expérimentera un aspirateur. Un autre, un filet pour protéger une partie de sa parcelle d’une source de contamination sauvage à proximité. Bénéfices, inconvénients et coût seront étudiés.
Tester des itinéraires techniques coconçus
L’axe n° 3 est d’expérimenter sur les exploitations des itinéraires techniques coconçus, reposant sur des combinaisons de leviers. « On espère en avoir d’ici trois ans, évalue Simon Fellous. Ces itinéraires constitueront une colonne vertébrale très importante, sur laquelle on peut ensuite faire des variations au sein de chaque exploitation et selon les contextes. »
Au-delà de Drosophila suzukii, les itinéraires tiendront compte des autres bioagresseurs. « On ne peut pas raisonner bestiole par bestiole, avertit le chercheur, il faut dézoomer. Par exemple en cerise on sait que les filets contre cette mouche augmentent la pression en pucerons ainsi que les maladies fongiques. »
Tout au long du projet, l’accent sera mis sur le collectif et la diffusion des connaissances, via des rencontres, des ateliers itinérants dans des exploitations ou encore des vidéos et podcasts.
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