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Biocontrôle en arboriculture : des solutions en évolution

Des solutions de biocontrôle sont déjà utilisées avec succès par des producteurs. Leur utilisation n’est toutefois pas si simple.

Une solution de biocontrôle mise en place contre les larves de carpocapse er hoplocampe.
Posés sur le sol à l’automne, les nématodes entomopathogènes ont une bonne efficacité contre les larves de carpocapse et hoplocampe.
© CTIFL

L’arboriculture est une filière pionnière du biocontrôle. La solution la plus utilisée est la confusion sexuelle, basée sur des molécules analogues aux phéromones des femelles, qui perturbent les mâles et limitent la reproduction. La technique est très utilisée contre carpocapse en pomme et poire et tordeuse orientale en pêche et abricot.

Des solutions se développent aussi contre le carpocapse en prune, châtaigne, noix, contre la sésie et en petits fruits. « La technique fonctionne, note Claude Coureau, responsable pomme-poire au CTIFL. Des manques d’efficacité apparaissent toutefois dans le Sud-Est. » Une troisième génération de carpocapse devenant plus fréquente, voire une quatrième, la confusion ne suffit plus à contrôler le ravageur.

Des solutions existent avec des micro-organismes

Bacillus thuringiensis est utilisé depuis longtemps contre les larves de carpocapse. Et d’autres Bacillus sont proposés contre la moniliose en fruits à noyau, le feu bactérien en fruits à pépins, la stemphyliose en poirier. Le virus de la granulose a été très utilisé contre le carpocapse jusqu’à l’apparition de résistances dans le Sud-Est. « Une nouvelle souche du virus devrait être proposée en 2026 », avance Claude Coureau. Autre piste : les nématodes entomopathogènes, efficaces contre les larves de carpocapse et hoplocampe.

Le biocontrôle à base de substances naturelles

Des substances naturelles agissant physiquement contre le ravageur sont aussi proposées.

L’argile calcinée est très utilisée en fruits à pépins pour gêner le retour du puceron à l’automne et limiter les pontes du psylle du poirier au printemps. « Le produit marche bien contre le puceron à l’automne et la première génération de psylle. Comme il est lessivé par la pluie, il faut repasser souvent », prévient Claude Coureau.

Des produits à base de sels potassiques comme le savon noir (Flipper, Neudosan) sont efficaces contre puceron, aleurode et acariens. Neudosan n’est toutefois autorisé que sous abri. Et Flipper n’est utilisable qu’en dérogation depuis plusieurs années.

Nori Pro, composé de polymères qui créent un « filet » immobilisant le ravageur, est autorisé contre puceron cendré et acariens en pommier, psylle en poirier et acariens en noisetier.

Lovell, à base d’huile de paraffine, est homologué en fruits à pépins, à noyau et à coque contre les stades hivernants des ravageurs et l’été contre psylle, puceron, cochenille, acariens, phytope. « Il est assez efficace », encourage Claude Coureau.

Les produits issus d'extraits de plantes

En AMM ou dérogation depuis longtemps, l’huile essentielle d’orange douce (Limocide, Essen’ciel) agit par assèchement sur tavelure, oïdium et pucerons. Neemazal, issu du margousier, bénéficie depuis plusieurs années de dérogations contre les pucerons.

Autres solutions : Agricolle, issu de gélatines naturelles, qui agit comme un piège adhésif à l’automne contre puceron, ou encore la quassine (Quassol), extrait de Quassia amara, utilisable en dérogation contre les chenilles phytophages. « Quassol fonctionne très bien et est en dérogation en 2026, indique Claude Coureau. Il serait souhaitable que la quassine soit reconnue comme substance de base. »

Autre solution : Vitisan, à base d’hydrogénocarbonate de potassium, utilisable en fruits à noyau contre oïdium, tavelure, moniliose, pourriture grise et maladies de conservation, et en petits fruits et fruits à coque contre pourriture grise, tavelure, polystigma et oïdium.

Lever les freins réglementaires

Après avoir progressé en 2015-2020, le marché du biocontrôle plafonne à 12 % du marché de la protection des plantes. L’importance du positionnement et des conditions climatiques pour que les produits soient efficaces, une efficacité partielle, les nombreux passages nécessaires et un coût parfois élevé freinent leur utilisation. De plus, le coût et les délais d’homologation limitent le développement du biocontrôle. « Il faut sept à dix ans et plusieurs millions d’euros en Europe pour faire homologuer un produit de biocontrôle, contre deux à trois ans ailleurs », déplore Gilles Ravot, vice-président d’Alliance biocontrôle. La profession espère que la place centrale accordée au biocontrôle par la Commission européenne dans son projet de règlement Omnibus permettra de le relancer.

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