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Ail français : « la pression sur les prix a atteint ses limites »

Lors du lancement de la campagne ail français 2026-2027, le 16 juin, l’Association nationale interprofessionnelle de l’ail (Aniail) a alerté sur le recul de la valorisation, incompatible avec le maintien de la production nationale.

Récolte d'ail français
Compte tenu des évolutions de prix constatées ces dernières années, l'Aniail alerte sur le manque de valorisation du travail des producteurs et premiers metteurs en marché, qui menace la pérennité de l'origine France.
© Aniail

Le prix de l’ail français était au cœur de la prise de parole de l’Association nationale interprofessionnelle de l’ail (Aniail) sur la récolte 2026. Face aux prix constatés lors de la campagne précédente, les responsables de l’interprofession ont fait part de leur inquiétude pour l’avenir de l’ail français et ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. « La pression des prix a atteint ses limites », a martelé Christiane Pieters, présidente de l’Aniail. Le cours moyen 2025/2026 à l’expédition du filet 250 g a atteint 1,50 € soit une perte de 45 centimes en 1 an, relève l’Aniail en s’appuyant sur les données RNM. En magasin, le filet 250 g d'ail premier prix s’est vendu en moyenne à 1,99 € contre 2,50 € la saison précédente.

Le poids croissant de l’ail premier prix

La part de l’ail premier prix dans les volumes demandés est également jugée très préoccupante : elle est désormais de 40 % contre 30 % deux saisons plus tôt. « Ce sont des éléments déstabilisateurs qui inquiètent la filière. Le premier prix est vraiment un problème central », a déploré Hélène Rouffaud, animatrice à l’Aniail. Lionel Foubert, vice-président, regrette la « dichotomie » entre ce qu’il est demandé de produire d’un côté, à savoir « de l’ail sain, goûteux avec du calibre » et « la fuite en avant sur le premier prix de l’autre ». Il a appelé à la responsabilité « pour éviter la guerre des prix ». Le message est clair : sans une revalorisation des prix permettant une création de valeur suffisante en amont, le maintien de l’origine France est compromis car les producteurs ne vont pas pouvoir tenir faute de revenu suffisant.

Une campagne 2026 plus précoce 

Les intervenants n’ont pas manqué de faire allusion au récent rapport sénatorial sur les marges des industriels et de la grande distribution. Se mobiliser pour la prochaine campagne est d’autant plus crucial que la mise en marché sera plus précoce cette saison. Les premières gousses d’ail sec devraient être commercialisées au 1er juillet. Les producteurs tablent sur un volume en hausse sur la campagne 2026-2027 avec une progression des surfaces estimée à 10 % en un an. Mais il a été signalé une différence de productivité importante entre semences certifiées et semences fermières utilisées en complément. Pour la campagne 2026, l'Aniail demande à la distribution de rétribuer « l'ail premier prix au juste prix » et de « valoriser l'ail français issu du stockage frigo plutôt que de basculer vers d'autres origines ». 

S’adapter aux évolutions de consommation

Côté consommateur, les comportements évoluent. Sur l’ensemble de la saison, la tendance est à la hausse du nombre d’actes d’achat mais à la baisse des quantités achetées par acte. Autre fait saillant, le préemballé gagne davantage d’acheteurs que le vrac. Quant à l’offre bio, les chiffres montrent qu’elle continue de s’éroder mais qu'elle a cessé de s’effondrer. Une étude que vient de réaliser le CTIFL sur les attentes des consommateurs apporte des éléments pour mieux comprendre le marché et s’adapter. Améliorer l’information, notamment dans le rayon est un axe majeur. Parmi les principaux leviers à activer : mieux mettre en avant l’origine France, expliquer les différences ail blanc, rose et violet, faire de la pédagogie sur les usages culinaires avec des idées simples et des recettes adaptées aux goûts des jeunes pour donner de la valeur au produit et améliorer encore la conservation. Aujourd’hui, les volumes achetés sont à 43 % concentrés sur les seniors.

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