« J’ai investi dans une machine Chicken Cat pour être plus serein lors du ramassage de mes poulets »

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Le remplissage d'un camion se fait en moins d'une heure. Crédits : © A. Puybasset
Le ramassage mobilise trois personnes, Christophe Gall, pilotant la machine et deux opérateurs pour surveiller le remplissage des casiers des conteneurs et orienter la sortie du tapis roulant. Crédits : © A. Puybasset

À la tête d’un élevage de 3 100 m2 en poulet lourd à Plounévez-Moëdec dans les Côtes d’Armor, Christophe Gall a investi dans une machine Chicken Cat, qu’il amortit en proposant une prestation de ramassage à deux éleveurs voisins.

Ce sont les difficultés récurrentes à trouver des ramasseurs en nombre et qualifiées qui ont poussé Christophe Gall à s’équiper d’un ramassage mécanisé afin d’être plus autonome.

Lire aussi : Voir en vidéo le ramassage avec la machine Chicken Cat chez Christophe Gall

Installé à Plounévez-Moëdec dans les Côtes d’Armor l’éleveur de poulets lourds sexés exploite deux poulaillers totalisant 3 100 m2 en partenariat avec Le Gouessant, et construit actuellement un troisième de 1 370 m2, avec la perspective de l’arrivée de son fils Donovan comme salarié sur l’exploitation.

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Le ramassage mobilise trois personnes, Christophe Gall, pilotant la machine et deux opérateurs pour surveiller le remplissage des casiers des conteneurs et orienter la sortie du tapis roulant. © A. Puybasset

À l’été 2025, il a investi dans une machine Chicken Cat. Une démarche peu courante pour cette taille d’élevage mais pour laquelle l’éleveur ne voit que des bénéfices, tant sur les aspects économiques que sur sa tranquillité d’esprit, malgré l’investissement conséquent. Achetée neuve, la machine lui a coûté 264 500 euros incluant l’option de pesée des volailles, auxquels s’ajoutent 20 000 euros pour la remorque, servant à transporter la machine pour les prestations.

Plus d’autonomie dans le ramassage

« L’enlèvement est une étape clé de la rentabilité du lot. Les nuits de ramassage, j’avais toujours la hantise de me retrouver sans ramasseurs, avec les camions attendant dans la cour. J’ai désormais l’assurance que le ramassage se fera à l’heure et dans des conditions mieux maîtrisées. Je suis plus serein », explique l’éleveur. Là où il fallait 7 à 8 personnes lors des ramassages manuels, l’enlèvement mécanisé de ses bâtiments ne mobilise désormais que trois personnes : Christophe aux commandes de la machine et deux opérateurs en bout de convoyeur : Bernard et Yannick, salariés en contrat Tesa. La machine sert pour l’enlèvement de ses deux bâtiments mais également en prestation chez deux éleveurs situés à moins de 10 km, représentant 5 300 m2 de poulailler. La machine traite ainsi au total 8 400 m2 de surfaces en poulet lourd sexé, avec deux enlèvements par lot (femelles puis mâles).

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Christophe Gall : « La machine traite ainsi au total 8 400 m2 de surfaces en poulet lourd sexé, avec deux enlèvements par lot. » © A. Puybasset

Un amortissement sur dix ans

Christophe Gall a estimé son retour sur investissement en se basant sur un amortissement de dix ans. « L’annuité de la machine me revient 6 000 euros moins cher que le coût annuel d’un ramassage mécanique de mes deux poulaillers, s’il était réalisé par une entreprise de ramassage, a-t-il calculé. Mes prestations de ramassage me permettent de pratiquement financer cette annuité. Il me reste à charge le coût de la main-d’œuvre. C’est quasiment 30 000 euros de charges en moins sur l’exploitation à l’année. » Christophe ne cherche pas à développer davantage l’activité de prestation, d’une part pour des questions de charge de travail (il réalise en tout 12 enlèvements par cycle de deux mois), d’autre part pour éviter une usure trop prématurée de la machine. « Je raisonne une utilisation sur le long terme. La machine fonctionne 350 heures par an, prestations comprises. En prenant soin de ma machine et en l’utilisant modérément, je vise une durée de vie de près de vingt ans », espère-t-il.

Un remplissage très régulier des conteneurs

Le paramétrage de la machine et la prise en main du boîtier de commande se sont faits lors du premier lot par l’éleveur, qui reconnaît avoir eu quelques sueurs froides ce jour-là. Le déroulement du ramassage est depuis parfaitement rodé et se fait au rythme régulier de la machine. Il faut compter une heure, parfois moins, pour charger chaque camion, « soit un peu plus qu’avec un ramassage manuel mais nous ne cherchons pas à aller vite. » Aux éleveurs souhaitant s’équiper également, Christophe Gall conseille de prendre l’option de la pesée automatique. « La pesée est très précise. Cela permet un remplissage très homogène du nombre de poulets dans les cinq niveaux du conteneur. » Avec le passage au ramassage mécanisé, l’éleveur a constaté une baisse du taux de saisies.

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8 400 m2 de bâtiments de poulet lourd sexé en ramassage mécanique (6 poulaillers) dont 5 300 m2 en prestation

Une désinfection après chaque enlèvement

Pour éviter tout risque de transmission de pathogènes entre son exploitation et les deux élevages chez qui il intervient, Christophe Gall s’impose un protocole strict de nettoyage et de désinfection de la machine Chicken Cat ainsi que de la remorque.

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La Chicken Cat est nettoyée et désinfectée après chaque utilisation. © Donovan Gall

Il est réalisé après chaque utilisation, soit 1 h 30 de temps de travail à une personne comprenant le dépoussiérage, passage du canon à mousse, désinfection, nettoyage du filtre à air… La machine est graissée à chaque lot et a un contrat d’entretien avec un garage à proximité.

Le déroulement du ramassage en images

Conçue il y a près de 25 ans par l’entreprise danoise JTT Conveying, la machine Chicken Cat avec système de collecte hydraulique est composée d’une tête de ramassage radiocommandée qui balaye la surface du bâtiment dans toute sa largeur. À l’aide de doigts en caoutchouc sur des tambours en rotation, elle attrape les poulets qui sont déposés sur un tapis de convoyage télescopique jusqu’à un bras articulé pour le remplissage des conteneurs.

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Le remplissage s’arrête automatiquement dès lors que le poids total est atteint, casier après casier, grâce au dispositif de pesée qui permet un remplissage homogène. © A. Puybasset

Ce dernier est contrôlé par deux personnes. Les conteneurs pleins posés sur la plateforme de chargement rotative sont repris par le chauffeur du camion. Elle peut en recevoir jusqu’à trois (de type Marel). « L’avantage de la Chicken Cat est qu’elle permet de balayer toute la largeur du poulailler (jusqu’à 24 mètres) tandis que le reste de la machine reste à poste fixe dans le bâtiment », indique Christophe Gall.

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La plateforme de chargement rotative peut contenir jusqu’à trois conteneurs de type Marel. © A. Puybasset

« Elle est aussi adaptée à des sols en terre battue peu réguliers ou humides. La commande de la machine se fait au sol, au plus près des animaux. Cela demande beaucoup de concentration. » Grâce au système de pesée, le remplissage de chaque niveau du conteneur s’arrête dès que le nombre de poulets est atteint, dont le poids moyen du lot a été préalablement paramétré.

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