Taille du collectif, spécialisation ou polyvalence : Une analyse de la chambre d’agriculture et de l’Ifip dégage cinq modèles d’organisation du travail en élevage de porcs.
Malgré une conduite très structurée en élevage porcin naisseur-engraisseur, différentes stratégies d’organisation du travail sont mises en place au sein de ces exploitations.
Une analyse menée par la Chambre d’agriculture de Bretagne et l’Ifip sur le temps de travail et les tâches réalisées dans 67 exploitations conventionnelles bretonnes met en évidence plusieurs stratégies d’organisation. Celles-ci dépendent notamment de la spécialisation du travail des éleveurs et de leurs salariés, mais aussi de la manière dont leurs profils et compétences se complètent au sein de l’équipe. Cette répartition des rôles influence directement la relation éleveur-animal. Et vous, dans lequel de ces cinq types d’organisation vous reconnaissez-vous ?
1 Équipes entièrement spécialisées naissage et engraissement
Dans ces collectifs de deux à neuf éleveurs et salariés, chacun a son domaine : naissage ou post-sevrage engraissement (PSE), sans polyvalents sauf quelques temps partiels. À partir de trois personnes, la diversification des profils est privilégiée (maternité, verraterie-gestante (VG) et PSE) plutôt que de les doubler. Les plus grands élevages comptent parfois un temps plein spécialisé sur l’entretien et les réparations. La conduite en dix bandes y est plus fréquente qu’en cinq ou sept bandes, en lien à la taille des élevages. Les personnes spécialisées PSE passent plus de temps en présence des animaux. Les travailleurs spécialisés dans le naissage interviennent davantage en interaction directe avec eux.
2 Spécialistes complétés par des polyvalents
Dans ces exploitations de deux à six éleveurs et salariés, des polyvalents à temps plein et temps partiel complètent les profils spécialisés (naissage, PSE, ou les deux). Plus le collectif est grand, plus les tâches se spécialisent. Les petites exploitations (deux à trois personnes) ont seulement une personne spécialisée, les grandes (quatre à six personnes) ont un seul polyvalent à temps plein. Le temps passé auprès des animaux reste assez homogène entre les porchers de l’exploitation, en lien avec la polyvalence des petits et moyens collectifs.
3 Éleveurs et salariés uniquement spécialisés dans le naissage avec temps partiels sur le PSE
Dans ces élevages de deux à quatre personnes, des temps partiels couvrent le PSE en complément des travailleurs spécialisés dans le naissage. Ces élevages restent de petite taille, au-delà ils passent en catégorie 1 ou 2 avec de nouveaux profils. Côté naissage, la spécialisation porte toujours sur la VG en premier lieu, avant la maternité. Tous les éleveurs sont au contact des animaux, mais l’équilibre entre interaction directe avec ceux-ci et simple présence varie selon les individus, indépendamment de leur spécialisation.
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Ces petits collectifs (un à deux polyvalents à temps plein, souvent complétés de temps partiels) fonctionnent sans spécialisation. Chacun fait de tout, ce qui se traduit par une répartition équilibrée des tâches et du temps auprès des animaux.
5 L’exploitant seul
Pas d’équipe ici : la polyvalence est maximale, l’exploitant assure seul les soins aux animaux, la conduite technique et la gestion de l’exploitation.
Derrière ces cinq modèles d’organisation, une constante demeure : presque tous les travailleurs de l’élevage côtoient quotidiennement les animaux. Ainsi, quelle que soit la répartition des tâches, le bien-être des porcs reste l’affaire de l’ensemble du collectif de travail.
L’articulation des profils d’éleveurs dans l’exploitation varie selon les élevages. Elle peut dépendre de choix d’organisation du travail, de contraintes de taille d’exploitation, de disponibilité en main-d’œuvre etc. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise structuration de l’organisation du travail dans le collectif, tant qu’elle convient aux travailleurs et correspond aux objectifs de l’élevage.