« À mon installation en 1995, je n’ai pas acheté mes chevrettes dans un troupeau indemne de Caev. J’ai cependant voulu garantir le troupeau et, après avoir enchaîné cinq ans d’analyses et réformé un ou deux cas douteux, j’ai signé mon contrat avec la direction des services vétérinaires de Dordogne en 2003. Depuis l’an dernier, c’est le GDS qui s’occupe de la garantie Caev mais il ne prend pas en charge les analyses. En plus, avec le nouveau protocole, ce n’est plus un échantillon de 50 chèvres mais de 100 chèvres qui doit être analysé. L’an dernier, cela m’est revenu à 800 euros environ avec l’analyse des boucs. Avec la possibilité de faire les analyses par cinq, le prix annuel devrait baisser et passer autour de 350 euros.
Être indemne de Caev me permet d’être sûr de vendre mes chevrettes et boucs d’IA. Je vends mes chevrettes naissantes à 50 euros et les boucs entre 200 et 250 euros au sevrage. Je m’y retrouve aussi car j’ai un troupeau sain, sans cas clinique de Caev. Cela se ressent sur la longévité de mon troupeau : l’âge moyen est de quatre ans et demi alors qu’il est de trois ans et demi pour le troupeau moyen français. Et puis, si on veut que des jeunes s’installent dans de bonnes conditions, il faut qu’ils puissent commencer par des troupeaux sains. Ce qui est le cas chez moi car je n’ai, a priori, pas de fièvre Q, ni de mycoplasme et que je les vaccine contre la paratuberculose.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le Caev est un virus très filou et je connais des exemples de troupeaux déconvertis. Je continue donc de me protéger comme si je l’avais. Auparavant, je veillais à acheter les boucs dans des élevages indemnes mais maintenant je fais de l’insémination pour mon renouvellement. J’utilise des seringues à usage unique et je thermise le colostrum. Je laisse juste la possibilité aux mères de lécher leurs petits. Elles les nettoient un peu mais je fais attention à ce qu’ils ne tètent pas. Je me suis organisé pour que la thermisation ne soit pas contraignante. Le colostrum est placé dans des bouteilles d’un litre et demi que je thermise au bain-marie pendant une heure à 56 °C. »