Dans les Deux-Sèvres, Léopold Hennon multiplie les ressources fourragères pour espacer les retours et limiter le parasitisme. Cet éleveur bio de 25 ans sort ses 150 brebis Rouges de l’Ouest et Vendéennes le plus possible. « Elles ne rentrent qu’une quinzaine de jours autour de l’agnelage. » résume-t-il.
Autour de la ferme, les prairies multi-espèces, riches en légumineuses, accueillent la troupe le printemps et l’été. L’occupation des paddocks reste brève et intense : en moyenne une journée à 150 brebis sur 0,3 hectare et deux jours à 80 agneaux sur 0,1 hectare. Les brebis peuvent revenir trois ou quatre fois par paddock dans l’année, en plus de l’alternance des vaches et des agneaux. « Plus on ouvre de ressources, plus on peut allonger le temps de retour. C’est la clé pour limiter le parasitisme », insiste l’éleveur.
L’été, plutôt que d’user quelques parcelles parking, l’éleveur continue le pâturage tournant et complète par du foin si besoin. L’alternance de pâturage avec une quarantaine de vaches Limousines aide à espacer les retours. « En évitant de revenir trop vite, on maintient la pression parasitaire à un niveau bas et les animaux restent performants », constate-t-il.
Dès l’automne, le troupeau bascule sur des vergers appartenant à des voisins. « Ça nettoie le verger et surtout ça nous offre des ruptures », apprécie Léopold. La rotation prévoit aussi de retourner régulièrement les prairies pour casser le cycle des parasites. Ainsi, après quatre ans de prairies à base de ray-grass, trèfle, luzerne et éventuellement fétuque et dactyle, un méteil grain à base de triticale, pois et féverole est implanté. Il est suivi par une orge autoconsommée, un colza et un blé vendus avant de revenir à quatre ans de prairie implantée sous un tournesol. Juste après les moissons d’orge, de colza et de blé, un mélange de radis chinois et colza fourrager est semé pour couvrir le sol et proposer une ressource hivernale au troupeau désaisonné alors en lactation.
Gestion du pâturage : une conduite axée sur la diversité. Source : Civam du Haut-Bocage.
Zéro vermifuge depuis cinq ans
Avec une telle diversité fourragère, les parasites sont très dilués et Léopold n’a pas besoin de vermifuger. L’éleveur compte aussi sur l’alimentation pour renforcer les défenses de ses ovins : « Je complète par un mélange fait maison de sel, lithothamme, magnésium et oligoélément. Si les brebis ne sont pas carencées, on limite déjà fortement les risques d’infections parasitaires. »
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