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Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : en 2026, vacciner sans trou dans la raquette

La stratégie 2026 de vaccination vise à maintenir une couverture immunitaire maximale durant la période d’activité vectorielle, pour limiter le risque de résurgence de la dermatose nodulaire contagieuse dans les zones réglementées de 2025.

<em class="placeholder">veau prim&#039;Holstein en train d&#039;être vacciné contre la DNC</em>
Les veaux devant être vaccinés entre trois et six mois, cela nécessite des interventions régulières au gré des vêlages. Le vétérinaire groupe ses interventions, avec un passage mensuel au maximum.
© C. Fouquet

Au 20 mai, aucun nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) n’avait été déclaré en France depuis le 2 janvier 2026. Les zones réglementées sont passées en zones vaccinales de type II les unes après les autres. La situation reste néanmoins fragile, comme en témoignent les cas déclarés en février en Espagne et en avril en Sardaigne.

Pour maintenir une couverture immunitaire maximale durant la période d’activité vectorielle, et ainsi limiter le risque de résurgence de la maladie en France, les experts du Cnopsav(1), aussi appelé parlement du sanitaire, et des Cropsav (conseil régional de la politique sanitaire animale et végétale) en région, avaient proposé en février de lancer une campagne de vaccination obligatoire dans les ex-zones réglementées passées en ZV II, pour vacciner les bovins nouvellement introduits en provenance de zone indemne et donc naïfs (n’ayant jamais été vacciné), les veaux issus de mère vaccinée qui ne sont plus couverts par l’immunité colostrale, et revacciner les bovins ayant reçu une injection en 2025.

 

<em class="placeholder">carte avec les zones vaccinales I et II pour la DNC</em>
Les deux zones de vaccination II (ZV II) contre la DNC, situées respectivement en Bourgogne-Franche-Comté/Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest font l’objet de la 2e campagne de vaccination qui court jusqu’au 31 décembre 2026. © Ministère de l'Agriculture et Draaf Occitanie

Entre huit et quinze mois entre deux vaccinations

Le gouvernement a suivi cet avis et celui de l’Anses pour entretenir la couverture vaccinale des cheptels. Il a lancé la campagne 2026 le 18 mars, car le délai entre deux vaccinations est d’au moins huit mois.

La vaccination a démarré avec les animaux des zones ayant vacciné en premier en 2025 (Savoie, Haute-Savoie, Isère et Ain). Les autres zones démarreront les vaccinations de rappel au retour en bâtiment cet automne, en tenant compte de la durée de l’immunité des animaux, qui est de quinze mois.

Vacciner vite les bovins venant de zone indemne

Les animaux nouvellement introduits dans les zones de vaccination (ZV), en dehors de la Corse, depuis la zone indemne (ZI) ne peuvent être vaccinés avant leur départ car la vaccination en zone indemne est interdite par la réglementation européenne.

« Les bovins originaires de la zone indemne doivent être vaccinés moins de 48 heures après leur arrivée en zone vaccinale pour éviter une possible contamination entre leur arrivée et l’acquisition de l’immunité vaccinale (au bout de vingt et un jours) », rappelle Kristel Gache, directrice de GDS France.

Vacciner les veaux entre trois et six mois

Dans une instruction datant du 5 mai, la DGAL impose une vaccination entre trois et six mois pour les veaux nés de mère valablement vaccinée (plus de vingt-huit jours après l’injection). Avant trois mois, le veau bénéficie en effet des anticorps du colostrum, à condition toutefois que le colostrum soit de bonne qualité et soit donné aux veaux dans de bonnes conditions (quantité, précocité, température, hygiène).

En outre, « les anticorps maternels présents chez les veaux peuvent interférer avec la prise vaccinale » et le système immunitaire des très jeunes veux, immature, ne permet pas de garantir une bonne immunité vaccinale, souligne un avis de l’Anses. C’est pourquoi, même si un veau est vacciné à deux mois (qu’il soit né de mère vaccinée ou non), il sera considéré comme non protégé par le vaccin.

Mais pourquoi permettre d’attendre six mois ? L’avis de l’Anses indique en effet « une forte chute des anticorps neutralisants circulant chez les veaux entre deux et trois mois » et que peu d’individus présentent encore des anticorps après trois mois. Et l’acquisition de l’immunité vaccinale nécessite vingt et un à vingt-huit jours. « C’est un risque mesuré, estime Lionel Grisot, vétérinaire et président de la commission épidémiologie de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV). Car les veaux entre trois et six mois bénéficieront de l’effet troupeau : nous sommes en effet proche de 100 % de couverture vaccinale des troupeaux, ce qui limite fortement la capacité d’une mouche à faire circuler le virus. »

(1) Le Cnopsav, Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, comprend des représentants des vétérinaires, des instituts de recherche, et des filières d’élevage français.

Quid des autres zones vaccinales ?

Les Cropsav Occitanie et Nouvelle-Aquitaine se sont prononcés pour une poursuite de la primo vaccination en zone de vaccination I(1) (ZV I) jusqu’au 31 juillet 2026 pour les introductions de bovins issus de zone indemne, et pour les veaux. Pour la suite (revaccination des bovins primo-vaccinés en 2025), les modalités de vaccination pour la ZV I du Sud-Ouest ne sont pas encore définies.

La campagne de vaccination en Corse (également ZV I) s’est officiellement achevée le 1er avril 2026, étant donné l’atteinte de l’immunité collective sur l’île, indique le ministère de l’Agriculture.

(1) Les ZV I sont des zones où le risque d'introduction du virus est important, même s'il n'y a jamais eu de foyer déclaré.

Montrer patte blanche pour monter en estive

Un arrêté interdit l’introduction de bovins non valablement vaccinés au sein des exploitations saisonnières collectives (estives notamment) situées en zones de vaccination contre la DNC (l’interdiction ne concerne pas la Corse). Pour rappel, en zone de vaccination, les bovins doivent être obligatoirement vaccinés. Aussi, tout déplacement d’animaux non valablement vaccinés y est interdit, sauf à destination directe d’un abattoir.

Face à la difficulté de vacciner en estive, les veaux nés de mère vaccinée à partir de mars, sont souvent retenus sur les exploitations avant leur montée en estives le temps de se faire vacciner.

Le saviez-vous ?

La vaccination est interdite en zone indemne car d’après la réglementation des maladies à éradiquer, la DNC est une maladie pour laquelle la vaccination est soit interdite, soit obligatoire. Elle ne peut être imposée par l’État que dans deux cas : la présence de foyers dans une zone, ou bien l’existence d’un risque important d’introduction du virus dans la zone concernée, même en l’absence de foyers.

En outre, la vaccination induit des restrictions fortes sur les déplacements des bovins vaccinés, qui ne peuvent plus être exportés avec la même facilité qu’en l’absence de vaccination. La vaccination doit donc être mesurée au regard des bénéfices attendus.

En Espagne et en Sardaigne, des cas 2026 dus à des défauts de vaccination

Les deux cas de DNC survenus en février en Espagne concernaient des élevages encore non vaccinés (situés dans une zone vaccinale) ont montré que l’agent pathogène circulait encore dans les Pyrénées.

Les six cas déclarés dans le Sud de la Sardaigne en avril, alors que l’île bénéficie d’une couverture vaccinale de plus de 96,5 % des animaux, ont montré que le moindre trou dans la raquette vaccinale fait peser un risque de retour de la maladie. Un des foyers (vraisemblablement le foyer initialement infecté) concerne un élevage non vacciné en raison du refus de l’éleveur, selon un rapport de la plateforme ESA, épidémiosurveillance santé animale.

Sur les trois premiers foyers déclarés, sept veaux étaient atteints, dont cinq de l’un des foyers étaient issus de mères vaccinées. Toujours selon la plateforme, les veaux présentant des signes cliniques ou morts avaient moins de six mois. « Ce qui plaide pour vacciner les veaux issus de mère vaccinée entre trois et six mois », commente Kristel Gache, directrice de GDS France.

Les vaches présentaient une quantité importante de tiques, qui pourraient jouer un rôle de réservoir hivernal du virus.

« Ces foyers sont distants de plus de 70 km des cas de 2025. À ce stade, aucun élément ne permet de déterminer s’il s’agit d’une résurgence ou d’une nouvelle introduction », indiquait le bulletin de la plateforme ESA publié le 6 mai.

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