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Comment Solaal compte redynamiser les dons des agriculteurs ?

Confrontée à un tassement des dons agricoles, l’association créée par Jean-Michel Lemétayer va proposer en 2024 d’acheter des produits aux agriculteurs et demande un assouplissement des règles du don en nature pour les agriculteurs.

Chaine du don alimentaire au salon de l'agriculture 2024 avec Angélique Delahaye, Guillaume Gomez et Guillaume Garot.
Angélique Delahaye, présidente de Solaal, avec l'ancien chef de l'Elysée Guillaume Gomez, et le député Guillaume Garot.
© Nathalie Marchand

Ce matin au Salon de l’Agriculture, l’association Solaal a symboliquement réédité son opération de chaîne du don initiée en 2022. A sa tête : Angélique Delahaye, présidente de l’association créée en 2013 par Jean-Michel Lemétayer, entourée des parrains de Solaal, Guillaume Garot, député de la Mayenne et Marion Guillou, présidente de l’Académie de l’agriculture.

Lire aussi : [Salon de l’agriculture 2022] Le monde agricole affiche son engagement contre la précarité alimentaire

Des dons agricoles en baisse de 10% depuis deux ans

Si Solaal a vu son nombre de dons et de donateurs augmenter respectivement de 20% et 17% en 2023, les volumes récoltés reculent de 10% depuis deux ans pour atteindre 3335 tonnes en 2023, alerte la présidente de l’association. En cause : les aléas climatiques et l’inflation des coûts de production.

Face à cette situation, l’association qui a récolté 33 000 tonnes de denrées, surtout des fruits et légumes, en dix ans (soit l’équivalent de 70 millions de repas), annonce de nouvelles actions en 2024 alors que la précarité ne recule pas. « Notre souhait n’était pas de perdurer mais on est obligés de poursuivre notre activité », commente Angélique Delahaye.

Lire aussi : En 2023, Solaal fête ses 10 ans de solidarité agricole autour du don alimentaire

Solaal va acheter des produits frais aux agriculteurs en 2024

Intervenant depuis l’origine sur la collecte et la distribution gratuite de produits frais, l’association Solaal va, en 2024, proposer des « achats solidaires aux agriculteurs », explique Angélique Delahaye. Une jeune spécialiste des achats en fruits et légumes a été recrutée par l’association qui va faire le lien entre agriculteurs et associations caritatives. « Les prix au producteur ne seront pas négociés », affirme l’association. 

Les prix au producteur ne seront pas négociés

Outre cette nouvelle activité, Solaal espère ouvrir une nouvelle antenne en Nouvelle-Aquitaine.

Lire aussi : Aide alimentaire : quel est le profil des bénéficiaires ? 

Trois revendications pour faciliter les dons des agriculteurs

Pour encourager les dons des agriculteurs, Solaal porte aussi trois revendications importantes auprès des pouvoirs publics.

Stop aux 800 euros de prélèvement MSA pour 2000 euros de dons !

Du fait de leur statut, les agriculteurs doivent intégrer le montant des dons en nature dans leurs résultats fiscaux, qui servent de base au calcul des cotisations sociales et prélèvements sociaux. « Quand un agriculteur donne l’équivalent de 2000 euros de produits, il est soumis à un prélèvement de l’ordre de 40% soit un montant de 800 euros », déplore Angélique Delahaye qui espère une évolution rapide sur ce sujet.

Assouplir le dispositif du retrait communautaire

Solaal demande aussi une simplification des règles de retrait communautaire de fruits et légumes. Le fait qu’il n’est plus possible pour les organisations de producteurs de recevoir une indemnité de transport si la distance dépasse 750 km peut être un frein aux dons des agriculteurs, regrette l’association. « Cela devient très complexe d’emmener une endive à Perpignan et un melon à Lille » résume Angélique Delahaye.

Une meilleure traçabilité pour valoriser les dons français

Une autre demande de Solaal porte sur une meilleure traçabilité des produits alimentaires donnés, afin de valoriser les dons des agriculteurs locaux. L’association réclame aussi que le Fonds Mieux manger pour tous, qui permet l’achat de produits agricoles par les associations, soit dédié majoritairement à des produits issus de l’agriculture française.

Lire aussi : L'Etat va soutenir davantage le "mieux manger" dans les cantines 

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