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Innovation
Comment Aptimiz aide à optimiser le temps de travail en agriculture

La start-up angevine, qui vient de lever plus de 3 millions d’euros, déploie sa solution d’optimisation du temps de travail dans les exploitations agricoles sur le territoire et vise tous les types de production. Rencontre avec Matthieu Carpentier l'un des cofondateurs sur la LFDay le 13 juin.

Matthieu Carpentier, Simon Denonnain et Armand Sachot, tous les trois fils d’agriculteurs et ex-étudiants à l’Esa Angers et cofondateurs d’Aptimiz.
De gauche à droite : Matthieu Carpentier, Simon Denonnain et Armand Sachot, tous les trois fils d’agriculteurs et ex-étudiants à l’Esa Angers et cofondateurs d’Aptimiz.
© Aptimiz

Matthieu Carpentier, Simon Denonnain et Armand Sachot, tous les trois fils d’agriculteurs et ex-étudiants à l’Esa Angers, ont fondé en 2018 la start-up Aptimiz dans l’idée de déployer sur le territoire national une solution pour maîtriser le temps de travail. « Une solution intégrale homme-machine : le copilote de l’exploitation agricole », résume Matthieu Carpentier, cofondateur de la start-up qui exposait il y a quelques semaines à LFDay organisée par La Ferme Digitale.

Solution de géolocalisation développée par Aptimiz

« Notre solution, basée sur la géolocalisation, permet de mesurer automatiquement et sans aucune saisie l’intégralité du temps de travail des hommes et des machines dans tous les types d’ateliers de production », explique-t-il. Et ce « afin d’améliorer l’organisation de la ferme pour progresser sur le bien-être et la performance économique ».

 

Interconnexion avec Smag et Geofolia

L’application peut se brancher sur Telepac mais aussi les applications Smag et Geofolia pour « aspirer le parcellaire ». « D’autres optimisations sont en discussion », souligne Matthieu Carpentier. Un entretien d’une heure à une heure trente avec un conseiller suffit à paramétrer l’ensemble de l’exploitation agricole sur l’application. Avec sa fonctionnalité Aptitrack, Aptimiz prend en compte les temps d’utilisation des machines et des outils dans l’exploitation agricole et automatise la traçabilité des interventions (déchaumage, semis, traitements phytosanitaires….). « Cela limite les erreurs de saisie, l’agriculteur a juste à compléter les types d’intrants ».

Développement dans la vigne

Au départ, plutôt orientée vers la polyculture élevage, l’application s’adapte à tous les types d’exploitations agricoles. « Depuis que l’on a développé la technologie de tracking sur le matériel (commercialisée depuis le 1er semestre 2022) on touche des exploitations de plus grande taille, dans des régions de grandes cultures et on se déploie en viticulture. Aujourd’hui on peut aussi estimer les temps de travail sur le maraîchage ou l’arboriculture », souligne Matthieu Carpentier.

La start-up compte aujourd’hui 1500 utilisateurs essentiellement situés dans l’Ouest de la France, de la Normandie à la Charente.
 

Une levée de fonds de plus de 3 millions d’euros

En avril dernier, Aptimiz a levé 3,1 millions d’euros auprès du fonds Demeter et Asterion Ventures dans l’objectif de développer une force commerciale et de déployer sa solution sur le territoire national. « Et aussi soutenir la partie recherche et développement, car on a encore plein d’idées » souligne le cofondateur.

Nous allons très vite passer à 5000 utilisateurs

« Nous allons très vite passer à 5000 utilisateurs », avance Matthieu Carpentier, qui souligne travailler avec des coopératives, des négoces, des contrôleurs laitiers, des centres de gestion et des Chambres d’Agriculture.
 

Calcul de rentabilité horaire par atelier

Quel intérêt pour les agriculteurs de s’équiper avec ce type de solutions ? « La valeur ajoutée perçue peut prendre différentes formes », assure Matthieu Carpentier. Les données permettent par exemple de calculer une rentabilité horaire par atelier de production. « Cela peut permettre de bien dimensionner ses projets, ou de trancher entre différents scénarios » poursuit-il.

« Notre solution vise aussi à optimiser la main d’œuvre, savoir si l’exploitant peut déléguer certaines tâches, faire appel à un salarié, une Cuma ou une ETA ou à un associé ». « En gros si la rentabilité d’un atelier est supérieure à 15-20 euros par heure, il est possible de prendre un salarié, en dessous ce n’est pas assez rentable », explique le cofondateur d’Aptimiz.

Ainsi un agriculteur qui pensait son atelier bovin non rentable a finalement eu la surprise de découvrir le contraire. « Cela lui a permis d’envisager d’autres façons de travailler en faisant appel à de la main d’œuvre par exemple sur des périodes de pics de travail ».

L’outil peut être intéressant pour gérer des départs en retraite ou l’installation de jeunes

« L’outil peut aussi être intéressant pour gérer des départs en retraite ou l’installation de jeunes agriculteurs », assure le jeune dirigeant. « En pleine crise de renouvellement des générations, pouvoir avoir des données fiables de temps de travail pour poser ses projets est un plus pour les futurs agriculteurs et aussi un moyen pour les cédants de bien valoriser leurs structures », affirme-t-il.

Un argument face aux banques

Matthieu Carpentier met aussi en avant l’intérêt que peuvent présenter les données récoltées par l’application Aptimiz pour argumenter auprès des banques, par exemple dans le cas de l’investissement dans un robot de traite. « La banque d’un agriculteur craignait qu’il ne s’en sorte pas seul sur son exploitation, les données ont permis de prouver la pertinence de son organisation actuelle et que le projet d’un robot de traite était cohérent et viable sur le long terme », souligne-t-il.

« Le risque humain est le plus difficile à évaluer pour les banques, avoir des données sur le temps de travail peut rassurer ».

« Nous avons une solution fiable et robuste avec quelques années de recul », tient à souligner le dirigeant.

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