Quel conservateur choisir pour son ensilage ?
Les conservateurs d’ensilage peuvent limiter les pertes, préserver la qualité et éviter l’échauffement du silo. À condition de choisir le produit adapté au type de fourrage et au risque rencontré.
Les conservateurs d’ensilage peuvent limiter les pertes, préserver la qualité et éviter l’échauffement du silo. À condition de choisir le produit adapté au type de fourrage et au risque rencontré.
L’ensilage permet de conserver les fourrages par voie humide, en milieu acide et anaérobie. Au cours du processus d’ensilage, les pertes de matières sont inévitables pour laisser le temps au silo de s’acidifier. Mais ces pertes peuvent être amplifiées par le développement d’organismes indésirables. Ces pertes ne se voient pas forcément au silo car elles se font sous forme gazeuse. Des conservateurs d’ensilage peuvent limiter ces pertes.
Deux grands types de conservateurs
Il existe deux grands types de conservateurs de fourrages, les conservateurs biologiques et les conservateurs chimiques. Les conservateurs biologiques visent à augmenter le nombre de bactéries pour favoriser les fermentations lactiques. On distingue les produits à base de bactéries lactiques homofermentaires qui accélèrent la baisse du pH et sécurisent la phase de conservation, tandis que les bactéries hétérofermentaires produisent davantage d’acide acétique, ce qui limite le développement des levures et les risques d’échauffement à l’ouverture du silo.
Limiter l’échauffement du silo
Les bactéries lactiques homofermentaires seront intéressantes pour les fourrages prairiaux en limitant les pertes de matières sèches à 4 ou 5 % contre 8 % pour un fourrage sans conservateur. Cette amélioration s’accompagne d’une meilleure préservation des protéines.
Les bactéries lactiques hétérofermentaires n’ont pas cet effet de limitation de pertes de matières sèches. Par contre, ces conservateurs améliorent significativement la stabilité aérobie, c’est-à-dire le délai entre l’ouverture du silo et l’apparition des premiers signes d’échauffement au front d’attaque, notamment pour les ensilages de maïs plus sensibles à l’échauffement que l’ensilage d’herbe.
Des ensilages sous acide
On trouve aussi dans le commerce des inoculants combinant ces deux types de bactéries qui permettent de réduire la perte de matière tout en prolongeant la stabilité du silo une fois ouvert. L’ajout d’enzymes est à privilégier pour des fourrages pauvres en sucres solubles tels que les ensilages de légumineuses ou de plantes insuffisamment préfanées.
Parmi les conservateurs chimiques, on trouve les acides, qui agissent directement sur le pH du fourrage, et les sels, qui sont des acides neutralisés par une base. L’acide formique baissera le pH pendant la fermentation lactique. Les acides propionique, sorbique, benzoïque ou acétique ajouteront une activité antifongique qui participera à la stabilité aérobique.
Choisir le bon conservateur
« Le choix d’un conservateur doit être raisonné en fonction du principal risque identifié sur le fourrage, explique Silvère Gelineau, ingénieur agronomie et productions fourragères à Arvalis. Mais il faut garder à l’esprit qu’un conservateur ne remplace jamais un chantier bien conduit. »
L’acide propionique ou les bactéries homofermentaires sont à privilégier pour les ensilages d’herbe. Dans le cas d’un fourrage jeune bien préfané ou d’un ensilage de graminées à un stade avancé, l’ajout de bactéries hétérofermentaires pourra également limiter les risques d’échauffement à l’ouverture du silo. Pour l’ensilage de maïs, l’application d’acide propionique ou de bactéries hétérofermentaires peut permettre de préserver plus longtemps la matière sèche et la qualité du fourrage sur le front d’attaque.
Les bonnes pratiques d’applications
Les conservateurs sont appliqués au moment de l’ensilage pour une répartition homogène. La dose de conservateur va dépendre du débit de la buse de l’ensileuse, du conservateur, du rendement de la culture et de la taille du chantier. Pour assurer une bonne dissolution du conservateur et éviter un choc osmotique des bactéries, il est préconisé de diluer d’abord le produit dans un litre d’eau puis dans cinq litres avant de le verser dans le réservoir de l’ensileuse et de compléter par de l’eau.
Combien ça coûte ?
Les conservateurs biologiques reviennent entre 1,50 et 3 €/t de matière brute traitée tandis qu’un conservateur chimique revient à environ 10 €/t brute. Ces coûts sont à mettre au regard du tonnage épargné et de la qualité nutritionnelle préservée. Pour un coût de production du fourrage estimé entre 90 et 140 €/t MS, un conservateur est intéressant dès lors qu’il évite la perte de 3 à 5 % de matière sèche.
Coté biblio
Les conservateurs de fourrages ensilés
Le RMT Avenirs Prairies associant Arvalis, les chambres d’agriculture, Inrae et l’Institut de l’élevage, vient d’éditer un livret de 16 pages expliquant comment choisir et appliquer les conservateurs de fourrages ensilés.