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Emeric Pillet : « Idele construit des références pour les éleveurs »

Emeric Pillet est le nouveau directeur de l’Institut de l’élevage. À l’interface entre la recherche et le développement agricole, Idele construit des références objectivées pour les filières ruminants.

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Emeric Pillet, directeur de l’Institut de l’élevage
© S. Leclerc/Idele

À quoi sert l’Institut de l’élevage ?

Emeric Pillet – L’Institut de l’élevage est un institut technique agricole qualifié par le ministère de l’Agriculture pour des périodes de cinq ans. Cette qualification nous confie, via le code rural, des missions d’intérêt général au service des filières bovine, ovine et caprine. Concrètement, notre rôle est d’être l’interface entre la recherche fondamentale, produite par l’Inrae notamment, et le développement agricole porté par les conseillers et les structures de terrain. Nous ne faisons pas de recherche pure mais nous transformons les connaissances scientifiques en solutions opérationnelles pour les élevages.

Quelles sont les grandes missions de l’Institut de l’élevage ?

E. P. - Idele construit des références techniques, économiques, environnementales et sociales. Notre rôle est d’objectiver les débats en posant des données robustes sur la table. Nous sommes d’ailleurs régulièrement sollicités par les pouvoirs publics sur des sujets touchant à l’élevage. Enfin, nous avons une mission de prospective pour essayer d’anticiper les élevages de demain, leurs contraintes, leurs marges de manœuvre, et d’aider les filières à se préparer à des systèmes plus durables, plus résilients, capables de répondre à la fois aux attentes du marché et aux enjeux environnementaux tout en continuant d’améliorer les revenus et les conditions de travail des éleveurs.

Quelles sont les forces d’Idele pour répondre à ces enjeux ?

E. P. - La première force d’Idele, c’est son équipe : des techniciens, des ingénieurs, des chargés d’études, des doctorants, avec des expertises pointues et complémentaires. Nous avons ainsi des compétences techniques très solides sur les productions caprine, ovine et bovine et des économistes pour regarder la viabilité des systèmes. Idele a aussi une expertise environnementale pour faire face aux enjeux de la décarbonation, de l’adaptation au changement climatique ou de la gestion des ressources ainsi que des compétences sociologiques sur les conditions de travail ou l’organisation. Cette pluridisciplinarité se double d’une forte exigence scientifique.

« Idele a des compétences multiples pour proposer des solutions opérationnelles pour les élevages. »

Comment faire pour que les travaux d’Idele atteignent les cours de ferme ?

E. P. - Il ne suffit pas de produire des résultats, il faut aussi les valoriser et les diffuser. Une partie essentielle de notre mission est donc de traduire ces travaux en outils, fiches, articles, formations, journées techniques, pour qu’ils puissent être mobilisés par les conseillers, les organisations professionnelles, les opérateurs économiques mais aussi par les éleveurs. Cette question du transfert de connaissances se pose dès la conception des projets. Pour que nos travaux aient de l’impact, nous associons les utilisateurs finaux – conseillers, organisations professionnelles, éleveurs – à la définition des livrables.

Comment l’Institut de l’élevage continuera à construire les avenirs de l’élevage ?

E. P. - Je suis convaincu que l’élevage de ruminants a un rôle structurant dans l’agriculture française de demain. Il valorise des surfaces non consommables par l’homme, contribue au bouclage des cycles de fertilité et s’insère dans des rotations qui améliorent la santé des sols. Je reprends volontiers notre slogan « Construire les avenirs de l’élevage » en précisant deux choses. D’abord, il faut parler d’avenirs au pluriel car il n’y a pas un modèle unique d’élevage et les réponses sont nécessairement territorialisées. Ensuite, il faut construire ces avenirs avec les professionnels.

Curriculum

Emeric Pillet

Ingénieur agronome et ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, Emeric Pillet a occupé plusieurs postes à responsabilités dans différents services déconcentrés du ministère de l’Agriculture ainsi qu’à Chambres d’agriculture France. Depuis 2022, il était le directeur général de l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologique. À 49 ans, il succède à Joel Merceron qui dirigeait l’Institut de l’élevage depuis 2010.

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