Cave coopérative de vinification en Gironde : « Bien utilisée, l'IA permet d’augmenter sa propre efficacité »
Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac, à Val-de-Livenne, en Gironde, utilise l’IA générative depuis sa démocratisation. Gain de temps et de possibilités en sont deux avantages. Rencontre.
Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac, à Val-de-Livenne, en Gironde, utilise l’IA générative depuis sa démocratisation. Gain de temps et de possibilités en sont deux avantages. Rencontre.
« Vous ne serez pas remplacés par l’IA mais par quelqu’un qui la maîtrise mieux que vous. » Cette phrase a marqué Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac, à Val-de-Livenne, en Gironde, qui s’en est emparé dès la sortie de ChatGPT. « Jusqu’à son arrivée, je trouvais les ordinateurs peu intéressants, ils ne comprenaient pas ce que nous voulions dire, n’étaient pas prédictifs, résume-t-il. Mais l’arrivée de ChatGPT a révolutionné cette approche avec le système de chatbox. J’ai eu un déclic. » Très vite, il a regardé les possibilités et les limites de ce nouvel outil, en vue d’automatiser des tâches rébarbatives, répétitives ou à faible valeur ajoutée. « L’IA n’est pas là pour établir la stratégie d’entreprise ou interroger quelqu’un, situe-t-il. Mais pour corriger, résumer, automatiser. C’est un outil assez simple, qui, bien utilisé, permet d’augmenter sa propre efficacité. »
Il dispose d’un compte ChatGPT team pro, qui facilite le partage des « assistants » entre plusieurs membres d’une équipe. « L’autre intérêt du compte payant, c’est que l’IA n’entraîne pas son modèle sur les données de l’entreprise », souligne Damien Malejacq. Il l’a donc configurée et nourrie avec l’histoire de la coopérative, les noms des différents produits ou encore les éléments de langage de la cave. Résultat, son service dispose à présent de plusieurs « assistants ». Le premier, et principal outil au quotidien, est un « assistant marketing ». Il peut par exemple rédiger un texte pour les réseaux sociaux, qui sera différent pour chaque canal, Instagram, Facebook ou LinkedIn, sera posté à l’horaire idoine pour chacun et disposera du bon nombre de hashtags. Il peut également produire une présentation de l’entreprise, du nombre de lignes souhaité, étoffer ou reformuler une fiche technique, effectuer une mise en forme de document, le tout en l’espace de quelques secondes.
C’est très rapide, en l’espace de 30 secondes, on a la fiche technique
Deux autres « assistants » complètent cet outil : l’un aide à rédiger les contre-étiquettes, ou autres documents, à partir d’une fiche technique, en mettant tous les éléments dans le bon ordre et de manière formatée. « C’est très rapide, en l’espace de 30 secondes, on a la fiche technique, se réjouit Damien Malejacq. Cela permet de la réactivité là où nous aurions eu besoin de plusieurs jours auparavant. »
Le deuxième outil est partagé avec d’autres caves coopératives ; il s’agit d’un assistant législation par destination. Il est décliné pour tous les pays importateurs et doit être mis à jour régulièrement. « On peut par exemple lui demander si telle étiquette est conforme à tel pays. Il va nous répondre que non, il manque tel logo, que ce pays n’exprime pas les volumes en cl mais en ml, et qu’il ne faut pas indiquer 12 % vol. mais 12,0 % », cite-t-il. Là aussi, l’IA procure un réel gain de temps.
« L’IA m’offre un accès à des possibilités que je n’avais pas, que ce soit par manque de temps ou de budget », synthétise Damien Malejacq. En une matinée, il peut faire des « packshots » avec mises en situation réalistes, bons éclairage et ambiance, au Japon, au Brésil, à Berlin ou en Afrique du Sud. « De même je peux créer une vidéo rapidement, illustre-t-il. Je n’avais ni le temps ni l’argent pour le faire avant. »
Personne ne veut retourner en arrière
Il a créé ces « assistants » et les a mis à disposition de son équipe, en expliquant pourquoi il s’y était intéressé et pourquoi il partageait ces outils. « Mes collaborateurs sont plus ou moins technophiles, mais tous trouvent que c’est génial, que cela permet un gain de temps considérable, témoigne-t-il. Personne ne veut retourner en arrière. »
Sa prochaine étape sera de se former aux assistants de type « make » ou « n8n » pour créer des automatismes e-mails que le collaborateur n’a qu’à relire avant envoi, ou la traduction automatique de « posts » sur les réseaux sociaux en plein de langues différentes, avec publication à l’horaire adapté pour chaque pays, dès la parution d’un « post » sur les réseaux français. Il ambitionne également d’automatiser sa veille d’actualité, avec envoi en vocal des informations clés publiées dans la presse dans la semaine, complété d’un résumé par mail avec liens. Autant de projets intéressants pour tout un chacun.
Son conseil : Se former en regardant des tutos sur YouTube.
Découvrez les autres articles de notre dossier : "Ils gagnent du temps grâce à l’IA", ici :
Filière vitivinicole : ils gagnent du temps grâce à l’intelligence artificielle
Filière vitivinicole : « L’IA se rapproche plus d’un exosquelette que d’un robot »
En Corse : « J'ai rentabilisé l'achat d'Aptimiz dans mon vignoble en un an »
Cave coopérative de vinification dans le Var : « L'IA me procure un gain de temps formidable »