Aller au contenu principal

Émilie Jeannin, éleveuse en Côte-d'Or à l'initiative du Bœuf éthique
"Quatre ans pour expérimenter l’abattoir mobile"

Le décret est paru fin avril. Il reste cependant plusieurs étapes à passer avant que le premier abattoir mobile de France pour bovins n’entre en activité. Le bilan de l’expérimentation devra être présenté avant mai 2022.

Emilie Jeannin, Confédération paysanne, Le Boeuf éthique
© Confédération paysanne

Le décret relatif à l’application de l’article 73 de la loi Égalim sur l’expérimentation des dispositifs d’abattoirs mobiles est paru le 16 avril 2019. Qu’est-il stipulé dans ce décret ?

Émilie Jeannin - "Ce décret établit que toute personne qui souhaite participer à l’expérimentation doit au préalable obtenir l’agrément sanitaire du ministère de l’Agriculture. Les outils d’abattage mobile pourront être agréés par les autorités sanitaires concernées dès lors qu’ils respectent toutes les règles sanitaires en vigueur. Il faut bien comprendre que l’agrément est indépendant de l’expérimentation. Les abattoirs mobiles ne cesseront pas d’être agréés à la fin de l’expérimentation de quatre ans. Ils conserveront, comme les abattoirs classiques, leur agrément tant qu’ils continueront à être conformes à la réglementation sanitaire, environnementale et de la protection animale.

L’expérimentation porte sur deux volets. Elle doit évaluer si le dispositif mobile améliore la protection animale au moment de l’abattage, et s’il présente une viabilité économique. Le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux du ministère assurera le suivi et l’évaluation. Un comité de pilotage de cette expérimentation est constitué. Nous espérons que le protocole expérimental soit fixé à l’automne 2019. Le bilan de l’expérimentation devra être présenté au ministère avant mai 2022."

Où en est votre projet d’abattoir mobile avec Le Bœuf éthique ? Y a-t-il d’autres projets en cours pour les gros bovins ?

E. J. - "Nous sommes en train de monter notre dossier de demande d’agrément sanitaire, avec l’accompagnement d’un cabinet spécialisé. Nous avons défini complètement notre modèle économique, en filière longue et sur un créneau haut de gamme. Mais la construction des camions n’est pas commencée. Il faut pouvoir verser 30 % du montant pour lancer les travaux et ce projet ne bénéficie d’aucune aide publique. On ne peut pas donner pour l’instant de date de livraison.

Aucun autre abattoir mobile n’est d’ailleurs prêt à démarrer en France pour l’instant. Il y a plusieurs groupes qui se préparent dans différentes régions, en élevage ovin, caprin et porcin."
 

Le dispositif mobile est pour vous le moyen pour les éleveurs de se réapproprier l’abattage de leurs animaux. Qu’est-ce que cela signifie ?

E. J. - "Dans un circuit classique, quand les éleveurs vendent un animal, ils le voient monter dans le camion et ensuite ils ne peuvent plus qu’espérer que tout se passe bien pour lui. Avec le dispositif mobile, les animaux ne sont pas transportés et l’abattage est fait dans les meilleures conditions possibles (1). L’animal est dans son environnement quotidien, avec son éleveur et ses congénères habituels, jusqu’à la fin de sa vie. Le modèle d'abattoir que nous allons utiliser fonctionne très bien en routine depuis plusieurs années en Suède.

Il existe aussi d’autres modèles. Il peut s’agir d’un camion réalisant toutes les étapes d’abattage sur un lieu de rassemblement, ou d’un caisson mobile pour la mise à mort des animaux en ferme, avec ensuite transport des carcasses en peau vers un abattoir.

Mais au-delà de cet aspect très important, la question qui se pose est celle de la relocalisation des abattoirs en France."
 

Qu’est-ce que permet la relocalisation des abattoirs ?

E. J. - "Quand les éleveurs ont accès à l’abattoir, ils ont accès aux marchés. Ils ont prise sur les prix de vente de leurs animaux. Si on veut sauver l’élevage, il faut sauver le maillage territorial des abattoirs. La vente directe représente désormais le débouché de 9 % des vaches allaitantes en France. Ce n’est donc plus une niche."
 
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Matthieu Fages achète une moyenne d’un taureau salers par an dont certain en copropriété en accordant une importance particulière au caractère à l’image de Milan, 6 ans, (Fervent/Odon/Onyx) indexé à 115 en Isevr. Il est né au Gaec de la colline d’Urfé dans la Loire et acheté à la station de Saint Bonnet de Salers. © F. d'Alteroche
[De conseiller à éleveur ] « J’applique chez moi mes conseils pratiques »
Aux confins du Cantal et de l’Aveyron, Matthieu Fages a repris l’exploitation familiale en 2011 après avoir été salarié à Bovins…
De nouveaux index de synthèse plus lisibles arrivent pour le troupeau allaitant
REPRO, VELAGE, FORMAT,...en tout six index "techniques", chacun correspondant à un grand thème d’aptitudes, seront livrés fin…
Germain Fréville. « J’étais vraiment convaincu par les conseils que je donne. Je mets maintenant à l’épreuve ce que je préconise. J’essaie de faire des émules par l’exemple. » © S. Bourgeois
[De conseiller à éleveur] « J’avais en tête l’exploitation idéale et je l’ai trouvée »
Germain Fréville est double actif. Il travaille à mi-temps pour une association d’aide aux agriculteurs en difficulté et élève…
La cage mesure 3 m sur 3 m et 2 m de haut. Elle pèse environ 600 kg et a coûté 2800 € HT pour 40 heures de fabrication. « Le montage de la cage a été pensé pour avoir un compromis entre solidité, sécurité et légèreté », explique Fabien Vialle. Elle rentre dans le cadre de la législation routière et peut être transportée sur route (moins de 3 m 50 de large).   © E. Durand
Une cage de contention pour bovins mobile et multifonctions
Gaël Magnaval, éleveur de limousines en Corrèze, à proximité de Chamberet, a imaginé une cage mobile pour pouvoir poser ses…
jeunes bovins Charolais
Marché fluide pour les jeunes bovins
Sur le mois de juin 21, le rythme de prélèvement des mâles en ferme a été plus dynamique que celui des quatre années antérieures…
Le début 2021 laisse présager une embellie côté prix pour la viande bovine au second semestre. © C. Delisle
Filière viande bovine européenne : de meilleures perspectives pour fin 2021
Covid-19, Brexit, forte baisse du prix des JB et broutards… 2020 fut une année compliquée au sein du marché communautaire.…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande