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Au Gaec Gateau, prairies permanentes et haies confortent le bilan carbone

En plein fief charolais, le Gaec Gateau a obtenu un bilan carbone très favorable. Le maintien d’un maillage bocager conséquent et la forte proportion de prairies permanentes n’y sont pas étrangers.

D’après le diagnostic CAP’2Er réalisé sur l’exploitation de Dominique et Florent Gateau, les émissions de gaz à effet de serre générées par leur élevage bovin sont compensées à 63 % par le stockage de carbone réalisé sur le parcellaire de l’exploitation. Un bon résultat si on le compare à celui d’élevages ayant à quelque chose près les mêmes objectifs de production. Leur exploitation est située à Viry, à une demi-douzaine de kilomètres de Charolles. Comme la plupart des fermes du secteur, elle repose en grande partie sur un élevage charolais avec 135 vêlages par an. Il est complété par un atelier de 50 chèvres et quelques vaches laitières dont le lait est destiné à la transformation fermière.

Le diagnostic CAP’2Er a été réalisé d’après les données de l’année 2016 pour la seule activité « bovine » de l’exploitation, laquelle valorise actuellement 207 hectares presque exclusivement consacrés aux prairies naturelles, complétés par 4 hectares de maïs ensilage associés à quelques hectares de luzerne et céréales.

Prairies permanentes et vêlages de fin d’hiver

La récente augmentation de la SAU (+ 25 ha) et du nombre de vêlages (+ 22) ne va pas venir bouleverser les principales données du diagnostic Cap’2Er. Certes les dimensions de l’exploitation ont évolué depuis 2016, mais le mode de fonctionnement du troupeau et la conduite des surfaces demeurent en tout point similaire. De plus, les hectares repris sont comparables à ceux déjà exploités en 2016, à savoir des parcelles occupées presque exclusivement par des prairies permanentes à bon potentiel, toujours bordées de haies basses taillées au carré et incluant régulièrement quelques arbres de haut jet avec les essences classiquement rencontrées dans le bocage bourguignon (chênes, frênes…). « Notre exploitation repose sur la valorisation des prairies permanentes par des Charolaises en vêlages de fin d’hiver. L’essentiel de nos pâtures n’a jamais connu la charrue ! Ce sont pour la plupart des prairies incluses dans la zone de production de l’AOP Bœuf de Charolles », précise Dominique Gateau.

Quant aux vêlages, ils sont volontairement regroupés de fin février à début mai. Pas question de faire du broutard dessaisonné, ni même d’avancer les dates de vêlages en début d’hiver. « On engraisse une moyenne de 30 à 35 femelles par an, pour la plupart valorisées via l’AOP Bœuf de Charolles". Les mâles sont vendus sur l’Italie ou l’Algérie en cours d’hiver et de printemps après une phase d’alourdissement hivernale en bâtiment.

60 litres de gasoil/ha SAU viande

En procédant ainsi, la durée de l’hivernage est souvent courte. « Quand la météo nous donne la possibilité de les rentrer tard et de les lâcher tôt, cela nous va très bien ! » L’hivernage a lieu dans plusieurs stabulations dont un bâtiment caillebotis et logettes, peu courant dans cette région. Il héberge seulement une partie du cheptel, mais est analysé comme intéressant pour limiter la consommation de paille et de travail. Pas de renouvellement ni de curage mécanisé de la litière, c’est aussi moins de temps à y consacrer et moins de gasoil consommé.

Cette consommation de gasoil était de 60 litres/ha SAU viande en 2016. Ce chiffre situait l’exploitation dans l’échelle basse de la moyenne des références pour des systèmes naisseur + engraissement des femelles similaires, à savoir 83 litres/ha SAU viande. « Elle se situe à ce niveau car pour la récolte des fourrages (essentiellement du foin), nous avons opté pour du matériel de grande largeur. Cela favorise cette consommation modeste ramenée aux surfaces récoltées. » Et surtout, cette consommation de carburants est attentivement surveillée. La récente augmentation de surfaces s’est forcément traduite par une hausse globale de la consommation. Mais elle est mesurée et surtout, n’est pas proportionnelle à la hausse des surfaces exploitées.

Sur cette exploitation, arriver à compenser une grande partie des émissions de GES consécutives à l’activité d’élevage est d’abord lié à un niveau d’émission somme toute modeste si on le compare à des références pour des exploitations au profil similaire. Le choix du vêlage tardif qui autorise une alimentation hivernale des mères et génisses presque exclusivement basée sur le foin va dans ce sens et nécessite peu de concentrés.

« On essaye de produire tout ce que l’on consomme. La fertilisation est réduite. Elle repose essentiellement sur les fumiers associés à une petite fertilisation minérale : 16 kg N/ha de SAU viande. » Le niveau des émissions liées aux fermentations entériques se situe lui un peu au-dessus des références pour une exploitation de ce type.

 

 

Empreinte carbone limitée

Les caractéristiques du parcellaire sont ensuite un atout pour compenser 63 % des GES émis par l’élevage. Les deux volets clé permettant d’avoir une empreinte carbone limitée (5,7 kg éq CO2/kg PBVV) comparée à des systèmes de production similaires sont : la forte proportion de prairies permanentes, lesquelles composent plus de 80 % de la SAU et le très fort maillage bocager.

« En 2016 nous avions un total de 44 kilomètres linéaires de haies sur notre parcellaire, soit 240 mètres linéaires à l’hectare. » Associé aux prairies permanentes, il contribue au bon bilan carbone de l’exploitation. « Les haies c’est bon pour notre bilan carbone, mais c’est bon aussi pour le confort de nos animaux, de par leur effet coupe-vent en début de printemps et fin d’automne. Cela leur procure également de l’ombre. »

Des haies intégrées au paysage

Les kilomètres de haies de l’exploitation sont gourmands en temps de travail dans la mesure où la quasi-totalité est taillée chaque année. Cela représente une centaine d’heures de travail par an. Et pour Dominique Gateau, pas question de remettre en question cet entretien annuel. Les haies « au carré » font partie du paysage de cette région de Saône-et-Loire, pour laquelle une demande d’inscription au patrimoine de l’Unesco est d’ailleurs en cours. Seules quelques-unes ont le droit de « monter » mais uniquement dans l’objectif de constituer un meilleur abri (vent, pluie, ombrage) pour le bétail. Cet entretien se traduit par trois passages avec le broyeur le long de la haie si elle est mitoyenne et donc le double si elle est incluse en totalité dans le parcellaire de l’exploitation.

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