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Les techniques pour détecter les chaleurs

La bonne détection des chaleurs permet d’optimiser la fécondité du troupeau. Il n’est cependant pas toujours possible d’être là au bon moment. C’est pourquoi, des moyens existent pour faciliter ce travail.

Afin de respecter l’intervalle optimal entre vêlages et assurer la productivité numérique de l’élevage, il est nécessaire que la vache soit fécondée dans les trois mois qui suivent la mise bas pour ainsi obtenir un veau sevré, par vache et par an. « L’intégrité du tractus génital représente l’un des facteurs les plus importants en terme de réussite. Il faut vérifier qu’il n’y a pas d’infection postpartum. Second point primordial, le bilan énergétique. Les vaches trop maigres ou simplement qui maigrissent avant vêlage en hiver sont la première cause de difficulté rencontrée en bovins viande. Il faut être vigilant à la concentration énergétique et azotée de la ration, un mois avant et après vêlage, ni excès ni déficit. Une concentration en UF de 0,75 et une MAT à 12,5 semble un bon compromis », indique Pierre Emmanuel Radigue, vétérinaire. L’expression des chaleurs est très liée au statut nutritionnel de l’animal. Il est indispensable de pallier aux carences en oligo-éléments (cobalt, sélénium, zinc et iode), et en vitamines A et E, nécessaires aux fonctions utérine et ovarienne. Les apports en sodium et potassium sont importants à contrôler pour garantir un pH utérin de 7,0 indispensable à une bonne nidation de l’embryon. Si la ration est satisfaisante, l’observation des chaleurs en sera facilitée car l’expression sera intense. « Une ration idéale pour une bonne expression des chaleurs sera constituée de foin de qualité à volonté, de 2 kg de céréales, d’1 kg de correcteur azoté, de 150 g de minéral de type 7/21/6, de 30 g de sel et d’eau propre à volonté. L’état corporel des animaux doit se situer entre 2,7 et 3,3 durant cette période. Un mois et demi à deux mois avant le vêlage, une évaluation parasitaire et un bilan nutritionnel doivent être réalisés : coprologie, sérologie douve, dosage des oligoéléments… A la lueur des résultats, des corrections et traitements spécifiques, ciblés, peuvent être mis en oeuvre », ajoute ce dernier.

L’OBSERVATION, BASE DE LA DÉTECTION


Les experts interrogés sur le sujet s’accordent à dire que l’oeil de l’éleveur reste la base d’une bonne détection, efficace, fiable, simple, peu coûteuse. A condition d’y consacrer suffisamment de temps. Comme l’explique Jean- Christophe Mayar de la coopérative d’IA Coopelso à Soual dans le Tarn: « La surveillance visuelle doit s’effectuer à des moments- clés, lorsque le troupeau est au calme : en dehors des périodes de paillage et d’alimentation. Il faut profiter de chaque occasion pour observer les vaches. » Idéalement, trois séances d’observation sans se montrer de 15-20 minutes sont nécessaires : le matin, le midi et le soir en dehors des périodes de travail. Certaines vaches ne sont repérées qu’à une seule période d’observation. Le matin, avant les travaux, « des indicateurs, tels qu’une litière sale, des animaux agités, peuvent être des signes annonciateurs. Il convient alors d’observer plus attentivement ces vaches », ajoute Jean-Christophe Mayar. Le comportement le plus flagrant de chaleurs est l’acceptation du chevauchement avec un réflexe d’immobilisation mais d’autres modifications comportementales sont à noter (cf encadré). « C’est la constatation d’au moins quatre signes annonciateurs et leur répétition qui confirmeront le diagnostic de chaleurs en cas d’absence de chevauchement », précise t-il.
La surveillance consiste également à noter tous les événements (date et conditions de vêlage, date de venue en chaleur, date d’IA, retour éventuel) pour éviter les erreurs, anticiper et gagner du temps. Pour cela, la tenue d’un planning de fécondité peut s’avérer utile. En enregistrant toutes les chaleurs et notamment la première après vêlage, il est alors possible de repérer les vaches susceptibles d’être en chaleur (21 jours après la première, +/- 2 jours) et de concentrer son attention sur ces bêtes. « Le type de planning, linéaire, circulaire, informatisé est au choix de l’éleveur. L’important étant de l’utiliser correctement. » « Le temps passé à l’observation des chaleurs n’est pas une perte de temps car souvent, il permet de détecter d’autres problèmes dans l’élevage (un animal malade…) », complète Jean-Christophe Mayar.
A la question, que choisir parmi toutes les techniques de détection des chaleurs, Jacky Mandin, inséminateur à Apis Diffusion et Jean-Christophe Mayar répondent : « Cela dépend du problème de détection rencontré, mais aussi de l’environnement, du temps, des bâtiments (entravés ou stabulation- libre) et des objectifs de l’éleveur. Mais, avant d’orienter un exploitant vers telle ou telle méthode, il est important de s’assurer qu’il n’y a pas d’autres problèmes, alimentaires par exemple. » Les experts insistent par ailleurs sur le fait que ces techniques constituent des aides à la détection, « mais c’est à l’éleveur de rester maître, de ne pas subir et de décider du bon moment pour inséminer. » 

Rappel Les signes de détection des chaleurs

La durée des chaleurs est en moyenne de six à dix-huit heures, selon l’animal, son état de santé et son environnement. Certaines femelles sont plus discrètes que d’autres. Le cycle sexuel des femelles dure environ 21 jours. L’ovulation a lieu 10 à 12 heures après la fin des chaleurs.
Différentes manifestations permettent de détecter les chaleurs : les chevauchements, les mugissements, beuglements, l’augmentation de l’activité, le léchage et le reniflement, la vulve enfle et devient rouge, l’écoulement de glaires, la vache pose le mufle sur le dos.
Les points clés de la détection : repérage des animaux (n° d’identification, marquage…), observation facile et discrète de l’ensemble du troupeau, bonne connaissance des signes de chaleurs (manifestation spécifique, répétition des signes), en stabulation entravée sont observés plus particulièrement la nervosité de l’animal, l’écoulement de mucus vaginal.
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