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Unions, fusions, accords,..
Les organisations de producteurs commerciales en mouvement

Les organisations de producteurs commerciales accélèrent leur évolution pour gagner en solidité et ouvrir davantage de perspectives à leurs adhérents.

© infographie Réussir

D’un point de vue comptable, nous sommes passés de 104 organisations de producteurs (OP) commerciales bovines en 1999 à 75 en 2009, selon Coop de France Bétail et Viande. Et parmi elles, un certain nombre, tout en conservant leur statut d’OP ont mis en commun des services. Sur cette période, on enregistre seulement 3 créations d’entreprises, ce qui s’explique aisément car le contexte de production de viande bovine en France s’affiche tendanciellement à la baisse. Ces réorganisations sont multiformes. Il peut s’agir soit de fusions-absorptions, soit de réorganisations partielles ou quasitotales d’un certain nombre de services comme une direction unique, une fonction commerciale ou un service technique unifié. A titre d’exemple, on peut citer la création en 1993 du GIE (groupement d’intérêt économique), Charolais Alliance, qui a permis à cinq organisations de producteurs (Covido-Boviccop, Charolais Horizon, Actis Bovins, Cebm, Dauphidrom) d’organiser l’approvisionnement de la filière d’abattage-transformation Sicarev. En s’appuyant sur la diversité des zones de production, il s’agit de valoriser la complémentarité et la saisonnalité des métiers pour assurer une meilleure adéquation entre la demande et l’offre, sur la plan aussi bien des qualités que des quantités.


ACCÉLÉRATION DES MOUVEMENTS


Le mouvement engagé depuis les années 80, se poursuit et ne semble pas être sur le point de s’arrêter. Cette année, Capel (Lot) et Bévicor (Corrèze) se sont regroupés, ainsi que Lur Berri et Génépy dans le Sud- Ouest. En Bretagne, Coopagri- Bretagne, Eolys et Cam56, se sont unis au sein de Triskalia. « Proximité, compétitivité, optimisation des moyens, sécurisation des débouchés et innovations » sont les maîtres mots de Triskalia. D’autres mouvements sont en cours. « Il n’y a pas d’explication liée à la réglementation. Le seuil de reconnaissance des organisations de producteurs bovines n’a pas changé, et il est à 5000 UGB », explique Denis Gilliot, de Coop de France Bétail et Viande. Cette accélération des mouvements trouve probablement son origine dans les difficultés économiques que connait la filière bovine française. Les organisations de producteurs et leurs coopératives ne sont pas par nature des entreprises capitalistiques et dans une filière fragilisée, les résultats de ces entreprises s’en ressentent. Le regroupement permet d’assurer la pérennité de l’entreprise et de rester acteur de son avenir. La concentration du secteur de l’abattage effective depuis un an y est aussi pour quelque chose. Les organisations de producteurs, si elles souhaitent être acteurs sur ces filières, que ce soit dans l’exportation d’animaux maigres ou l’abattage, doivent être capables d’afficher des volumes d’offre conséquents pour un segment donné, ce qui ne les empêche pas de poursuivre l’organisation de niches et des filières qualité.


PORTER ENSEMBLE UN PROJET D’AVENIR


« Il n’y a pas de solution unique, analyse Denis Gilliot. L’organisation de producteurs bovine peut se rapprocher d’autres coopératives d’élevage, ou rejoindre une coopérative polyvalente ou céréalière qui travaille sur le même périmètre qu’elle. » Par exemple le premier modèle est celui adopté par l’union de coopératives Global en Bourgogne, et le second celui choisi par Alotis (Meuse, et Haute-Marne) qui a rejoint EMC2, (voir pages suivantes). C’est aussi celui de Socaviac (Allier, Cher, Saône-et-Loire, Puy-de-Dôme, Nièvre, Cantal et Loire), qui a rejoint Axéréal, groupe coopératif d’abord céréalier, fondé par l’union d’Agralys et Epis-Centre en 2008. « L’évolution des structures ne peut se faire qu’en tâche d’huile du fait de la particularité du statut coopératif, pour conserver le lien au territoire géographique. » Dans tous les cas, la réussite du projet repose d’abord sur la bonne volonté des hommes et sur leur capacité à porter ensemble un projet d’avenir, et si le contexte économique est souvent un élément important du choix, attendre le dernier moment n’est jamais la bonne solution pour engager des négociations équilibrées.

Bruno Colin, président de Coop de France Bétail et viandes

« Un choix stratégique pour être encore là demain »


« Les causes profondes des mouvements des organisations de producteurs sont les lois de l’économie. Les organisations de producteurs font face à la concentration de la distribution et de l’abattage, et à la baisse du cheptel à l’échelle nationale. Elles doivent aussi s’adapter à l’augmentation des coûts, en particulier pour le transport (carburants, équipements, horaires des chauffeurs…). Quel que soit le modèle choisi pour faire évoluer les structures, les organisations de producteurs ont la volonté de rester au service des adhérents et ceci passe par le maintien du maillage du territoire. Dans ce milieu, la relation humaine est un élément déterminant. Ce qui n’empêche pas de proposer des compétences plus pointues par exemple sur les bâtiments, la nutrition… Elles ont surtout l’avantage, par la massification, de permettre de mieux répondre à la demande, de rendre plus facile la gestion de la segmentation du marché, et donc de rendre possible une meilleure rémunération. »


(1) Bruno Colin a été élu en janvier 2010 à la présidence de Coop de France bétail et viande. Il est président de CLOE (Coopérative Lorraine d’élevage), et de l’Union régionale groupement producteurs Alsace- Lorraine

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