Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Races à très petits effectifs
Dans l´estuaire de la Loire, la Nantaise travaille pour son avenir

Avec un effectif stabilisé autour de 400 mères, une quarantaine d´éleveurs professionnels, la Nantaise entre en phase de réflexion sur son orientation et sa valorisation.


La Nantaise est une vache de terres bocagères hétérogènes, élevée de part et d´autres de l´estuaire de la Loire. Au milieu des années 80, les animaux de la race ont été inventoriés par l´Institut de l´élevage et les collectivités ont commencé à parler d´elle, dans une logique patrimoniale et environnementale. Ceci a permis de faire progresser l´effectif et de créer des liens entre les détenteurs de Nantaises. La conservation génétique était d´ores et déjà engagée. Si, il y a encore dix ans, élever quelques Nantaises relevait de la démarche presque idéologique, aujourd´hui les éleveurs de l´Association de promotion de la race bovine Nantaise (APRBN) conduisent une réflexion sur la valorisation économique des produits en système herbager, avec des troupeaux de petite taille.
Christophe Caillon, président de l´APRBN, raconte : « Cette réflexion s´est concrétisée au moment de la première `fête de la vache Nantaise´ au Dresny en Loire-Atlantique, en 1997. Nous avons vu que la race suscitait de l´intérêt non seulement chez le grand public mais aussi chez des éleveurs. » La manifestation qui depuis s´est ouverte aux races locales de l´Ouest de toutes espèces, a pris de l´ampleur : elle a rassemblé 20 000 visiteurs pour la dernière édition en date, en 2004 !
Les deux tiers des troupeaux de race Nantaise sont conduits par des exploitants agricoles. ©S. Bourgeois

« Nous redécouvrons les aptitudes de la race »
La Nantaise fait partie de l´ancienne population dite « Vendéenne » et se distingue des souches qui ont donné aujourd´hui la Parthenaise et la Maraîchine par un fond de robe plus clair ainsi que des muqueuses aréolées(1), caractère associé à une absence de coloration noire du bord de l´oreille. C´est traditionnellement une race à triple aptitude pour le lait, la viande et le travail. « Les plus beaux animaux étaient autrefois castrés pour en faire des boeufs d´attelage », explique Laurent Chalet, éleveur d´une quarantaine de Nantaises. Jusqu´au début des années 60, la Nantaise tenait sa place. « Chez les éleveurs les plus techniques et intensifs, la Nantaise donnait alors 4000 à 5000 litres de lait. Elle n´était finalement pas très loin de la Hollandaise qui arrivait avec 6000 litres de lait. » Mais ensuite, elle n´est restée que chez les éleveurs en marge du développement. Tous les éleveurs actuels ont monté leur troupeau bien après cette période, il y a eu rupture dans la passation de la connaissance de la race. Et la Nantaise d´aujourd´hui est faite de nombreuses souches.
Depuis la mise en place des actions visant à la sauvegarde de la race, tous les animaux sont conservés et c´est seulement maintenant que certains pourraient commencer à être réformés en raison d´un problème d´élevage (et non seulement pour raison d´âge).
Avec environ 400 femelles à vêler en 2007, 17 taureaux d´IA et 30 à 35 de monte naturelle, l´Association des éleveurs a décidé de chercher à mieux connaître la race. « Un plan de relance sur cinq ans va voir le jour. Nous commençerons par essayer de mieux connaître les taureaux d´insémination que nous avons déjà en stock. » Ces derniers ont été choisis dans le cadre de la sauvegarde génétique de la race, uniquement pour la diversité de leurs origines (avec vigilance sur leurs aptitudes fonctionnelles). L´idée est de réaliser un genre de « testage » à l´échelle de la Nantaise, avec des inséminations à partir d´un plan d´accouplement pour les vaches ayant une originalité génétique. « Nous envisageons de peser mâles et femelles pour mieux connaitre leur courbe de croissance de 0 à 4 ans », explique Christophe Caillon.

Pas question de comparer la Nantaise aux autres races allaitantes. Pour l´instant, il ne s´agit pas encore de choisir un type morphologique, mais de pouvoir conseiller pour le choix des reproductrices en fonction du projet d´élevage.

Un rendez-vous en 2007
La prochaine « Fête de la vache Nantaise et des races locales » aura lieu au Dresny (44), le 2e week-end de septembre 2007



(1) muqueuses rose sur les parties périphériques et noires sur les parties centrales. Le bord des oreilles est dépigmenté.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Bovins Viande.

Vous aimerez aussi

Vignette
Les différentes formes de maïs fourrage testées sur jeunes bovins
Arvalis Institut du végétal a comparé à de l’ensilage standard le maïs plante entière récolté en coupe haute, l’ensilage de maïs…
11

C’est en euros par kg de carcasse le prix de la meilleure enchère à l’occasion du concours d’animaux…

Vignette
« L’asado, le barbecue sacré des Argentins »

Geo.fr du 25 octobre

« C’est la technique culinaire la plus ancienne. À peine avaient-ils…

Salon de l’élevage connecté

Le 22 janvier, au lycée agricole la Vinédie, à Figeac (Lot)

Pour partager ensemble la…

Vignette
Des rampes pour épandre sur prairie

Le constructeur belge complète sa gamme de rampes avec de nouveaux modèles à patins destinés à l’épandage sur prairie.…

Formation herby

En décembre et janvier en France

La Caveb organise des formations sur deux jours sur le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande